Les trois phases de la délivrance selon le Rav Kook
Atchalta de Gueoula, Gueoula et Gueoula chéléma : pourquoi les crises annoncent la délivrance.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : L'attente active de la Gueoula, selon le Rav Harlap, 21 min
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Shalom à tout le monde. Aujourd'hui, b'ezrat Hachem, nous allons continuer notre programme qui traite de la délivrance d'Israël, la Gueoula d'Israël. D'une manière générale, la Gueoula est le sujet principal de la yéhadout, du judaïsme, puisque dès la création du monde, l'Éternel n'a pour but que de dévoiler son nom sur terre, avec la participation de l'homme. Il crée le peuple d'Israël, qui est capable de faire ce travail, de dévoiler le divin sur terre. Il le crée donc avec une certaine qualité d'âme nécessaire pour ce travail-là.
Et le processus est un processus, c'est-à-dire qu'il respecte le temps. Nous sommes ici dans un contexte très important à comprendre: le temps est nécessaire pour le dévoilement messianique. Autrement dit, il ne s'agit pas d'une date, mais d'un processus. Il ne s'agit pas de fixer des dates, mais de savoir que chaque étape du processus de la délivrance d'Israël a son importance, a sa qualité. Il faut savoir respecter le temps qui passe et savoir décoder, dans tout ce temps qui passe, les éléments de la Gueoula qui appartiennent à chaque jour. L'ensemble de tous les jours qui nous rapprochent de cette délivrance finale font partie de cette délivrance.
Avec des mots simples, nous avons trois parties dans la délivrance d'Israël. La première partie, c'est le début de la délivrance, Atchalta de Gueoula. La deuxième partie, c'est la délivrance elle-même, la Gueoula. Et la troisième partie, c'est la Gueoula Chelema, la Gueoula définitive.
Et nous sommes aujourd'hui, d'après nos sages, dans une deuxième phase: Atchalta de Gueoula a déjà commencé, le début de la Gueoula a déjà commencé. Nous sommes en plein dans la Gueoula d'Israël, et nous attendons, avec l'aide de HaKadosh Baroukh Hou, la dernière étape, qui s'appelle la Gueoula Chelema, la Gueoula définitive.
Malgré cette Gueoula, il y a un paradoxe qui pose un problème à ceux qui ont une étude superficielle de la Torah. Ceux qui ont une étude approfondie acceptent ce système. Ce paradoxe nous place dans une situation désagréable: au fur et à mesure que la Gueoula, que le processus avance, il y a des difficultés, il y a des crises. Et ceux qui ne comprennent pas que le processus est construit et fabriqué de ces crises aussi laissent tomber en chemin, se désespèrent, et ne comprennent pas que le processus de délivrance est accompagné de tous ces phénomènes.
Cela ressemble à quoi ? Tout simplement à une femme qui est enceinte et qui doit accoucher dans quelques mois. Pendant tout le temps de la grossesse, on lui pose la question: mais qu'est-ce qui se passe ? Elle répond: j'ai un bébé dans le ventre, et ce bébé doit sortir dans quelques mois. On lui dit: ah, c'est très bien, donc tu vas donner la vie ? Oui, je vais donner la vie, je deviens associée de Dieu dans ce monde, moi aussi je procrée, je vais donner la vie.
Et voici que les mois avancent, et au fur et à mesure que les mois avancent, nous voyons la femme s'affaiblir un tout petit peu. Puis le jour de l'accouchement, on téléphone à tout le monde et on dit: c'est aujourd'hui. Ceux à qui on avait dit que le processus de l'accouchement était en marche viennent, effectivement, voir comment ça se passe. Et ce n'est pas très beau à voir. La femme est dans une position terrible, dans tous les sens du terme, et la difficulté est terrible, dans tous les sens du terme: au niveau psychologique, au niveau de la peur, et au niveau physique. La douleur, le sang, la perte des forces.
Celui qui est à côté se pose la question et dit: mais vous m'avez dit que nous étions dans un processus de donner la vie ? Oui, oui, oui, on lui répond effectivement. Le problème, c'est que ça passe par certaines difficultés, mais qui n'enlèvent en rien la qualité du bébé qui va sortir dans pas longtemps. Et la personne qui ne comprend pas ce qui est en train de se passer, voyant la mère dans cette souffrance, ne comprend pas du tout qu'il s'agit d'une femme qui est en train de donner la vie.
La même chose se passe au niveau de la délivrance du peuple d'Israël. Il y a un bébé qui est en train de naître. Ce bébé qui est en train de naître, c'est la délivrance d'Israël, le messianisme d'Israël. Le problème, c'est que dans le passage qui amène à cette délivrance, et surtout dans le passage final, qui est très proche de l'accouchement, les douleurs se rapprochent. Les douleurs sont en train de se manifester d'une manière beaucoup plus violente qu'avant. Il y a des contractions. La Gueoula d'Israël est remplie de contractions, parce que nous sommes sur le point d'arriver, d'aboutir à l'accouchement final de cette délivrance.
C'est pourquoi il faut étudier la Torah qui correspond à la période dans laquelle nous sommes, pour comprendre que ce processus est tout à fait normal. C'est-à-dire qu'il y a une crise, il y a une crise énorme, et la femme est assise sur sa propre crise pour enfanter. En hébreu, ça se comprend: on dit que la femme est assise sur le Mashber. Le Mashber, qui se traduit littéralement par la crise, c'est la table sur laquelle la femme est posée, spécialement conçue pour l'accouchement, et elle est appelée Mashber, la crise. C'est très bizarre. Pourquoi ? Parce qu'en hébreu, on considère qu'effectivement le bébé est bientôt là, mais qu'il s'agit d'une crise, d'une douleur, et que cet enfantement ne passe pas par une facilité: au contraire, il passe par une difficulté de donner la vie.
La Guemara, dans le traité de Chabbat, à la page 67, parmi toutes les prières pour différentes maladies, nous donne une prière spéciale, une action spéciale, une action un petit peu spirituelle, qui correspond à une maladie qui s'appelle la simta. Qu'est-ce que la simta ? La simta est un furoncle, une grande fatigue dans le corps de l'homme, qui apparaît dans son corps comme un grand bouton. Et ce grand bouton est en réalité la concentration de toute l'impureté qui se trouve dans le corps, de tous les microbes, qui vont se former, se réunir, se rassembler dans un seul point du corps pour former ce grand bouton vilain, infect, rempli de pus.
La Guemara va expliquer, d'une manière vraiment détaillée, cette manifestation qui n'est pas du tout agréable ni à entendre ni à voir. Cette maladie va causer, par sa fatigue, par cette souffrance et par ce gros bouton, une grande souffrance à l'homme. Mais à la fin du processus de cette maladie, lorsque l'homme est proche de sa guérison, il y a une peau qui va se former à la surface, une peau supplémentaire, épaisse.
Si on s'arrête à cette Guemara au premier degré, on peut effectivement se dire: il s'agit d'une maladie, et il y a un certain processus qui va nous amener à la délivrance de cette maladie, à la guérison de cette maladie.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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