La vérité, fondement de la techouva selon le Rav Kook
Pourquoi l'amour de la vérité, puis l'examen de soi, conduisent à revenir vers Hachem.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Trois niveaux de techouva selon le Rav Kook, 47 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Ouverture du cours et du chapitre
Ah d'accord, donc le foie de téma pour Myriam Badjanid, voilà. Puisque c'est comme ça que le cours a commencé, nous allons passer à Orot HaTechouva. Alors bonjour à tout le monde, nous sommes au chapitre Tetvav dans Orot HaTechouva. C'est un nouveau chapitre dont le titre est Yesodot HaTechouva, Prat ve-Klal, les fondements de la techouva pour l'individu et pour la collectivité.
D'accord, j'ai dû connecter le téléphone. Bon, alors nous avons ici une série de principes. Ce sont des principes qui sont dans le fondement de la techouva. Évidemment, jusqu'à présent, nous avons parlé également de principes au niveau cosmique, etc. Là, nous allons parler des principes de la techouva dans l'être humain.
## La vérité, fondement de la techouva
C'est-à-dire: quand moi je fais techouva, quel est le fondement de ma motivation ? D'où est-ce que ça me vient ? La première idée que le Rav va nous exposer, c'est l'importance attribuée à la vérité. Je fais techouva parce que je suis porté à la vérité.
Je reprends ici le fondement de la techouva: la conscience que le monde entier et tous ces phénomènes ne sont qu'une illumination, pourrait-on dire, une projection du revêtement du revêtement du vêtement de la lumière de la vérité absolue et divine. C'est quoi, cette expression de revêtement du vêtement, etc. ? Ce dont parle ici le Rav, c'est une allusion à un texte un peu sibyllin, un peu mystique, du Pirkei de Rabbi Eliézer. Dans le Pirkei de Rabbi Eliézer, un ancien midrash dont la date n'est pas très claire, en tout cas c'est un texte ancien, il est dit que le ciel a été créé à partir du revêtement de lumière du Créateur du monde.
Alors, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y aurait comme une lumière qui émanerait de la vérité absolue. La vérité absolue, c'est Dieu lui-même, comme dit le Rambam: il est le seul à être la vérité. Et le monde entier serait donc une émanation, on peut traduire par émanation, d'un revêtement. Et ce revêtement est le reflet d'une vérité absolue. Alors, ça veut donc dire que notre monde à nous n'est pas une vérité absolue, il n'en est que le reflet. Nous vivons dans un monde de relativité, de subjectivité, c'est vrai. Mais cette subjectivité, cette relativité sont quand même l'expression d'une vérité absolue.
Alors, cette conscience-là, nous dit le Rav, enracine dans le cœur un amour clair de la vérité. Quelle est la conclusion ? Quelle est la conséquence de cela ? C'est très simple: toute expression qui s'oppose au fondement de la vérité, que ce soit une expression par la parole, par un mouvement ou par une action, est une action ou une parole qui est évacuée du monde, effacée de l'existence, évacuée de la vie.
C'est-à-dire que toute chose qui n'est pas vraie, c'est comme si cette chose n'existait pas. Elle a une existence, si vous voulez, un peu illusoire, mais en vérité, il n'y a que la vérité qui est vraie. Vous allez me dire, c'est une tautologie. C'est vrai, il n'y a que la vérité qui est vraie. Et pourtant, on ne s'en rappelle pas toujours, mais quand on est lié au sentiment de l'importance de l'aspect fondamental de la vérité, on ne peut plus supporter ce qui est mensonge.
Et quel est le rapport qu'il y a entre ça et la techouva ? C'est très simple. Lorsque l'examen de soi-même pénètre comme il se doit dans l'intériorité de l'être, et véri'ot, c'est-à-dire trie comme il se doit tout ce qui est fait et tout ce qui est pensé. C'est-à-dire que quand j'examine mes actions et mes pensées, cela approfondit le regret que l'on ressent pour tout ce qui est éloigné de la lumière de la vérité dans les phénomènes de vie de l'homme, c'est-à-dire tout ce que j'ai pu faire qui est contraire à la vérité. C'est alors que l'on ressent la dégradation et sa nullité. C'est alors que l'homme revient d'une techouva par amour vers la lumière de la vérité.
Donc, on peut dire que c'est une idée que beaucoup de baalé techouva expriment souvent: ils étaient à la recherche de la vérité, et quand ils ont trouvé la vérité, alors tout ce qui n'est pas conforme à cette vérité, aussi bien au niveau des pensées qu'au niveau des actes, est rejeté.
Et à ce propos, il y a une phrase du Talmud qui nous parle de l'importance de la vérité chez les sages: même un sage doit dire au moins un verset de prière lorsqu'il monte sur son lit pour livrer son esprit à la racine de la vérité, pour renouveler ses forces pour le service de la vérité par la Torah, dans laquelle il dit qu'elle est vérité. C'est un texte de la Guémara. Je vous rappelle que c'est la Guémara qui nous dit que les sages, en principe, sont
dispensés de faire le Chema sur leur lit avant d'aller dormir, parce qu'eux n'ont pas besoin des protections que donne la lecture du Chema le soir, puisqu'ils sont protégés dans leur être. Mais pourtant, ils doivent quand même dire un verset. Le verset que la Guémara propose, par exemple, c'est « Kégon tel que Béatrav Kidrouchi Paditaoti Hachem Elemet », « Je livre mon esprit en ta main, tu m'as racheté, toi qui es un Dieu de vérité ».
Ce qui veut donc dire que le talmid hakham doit éviter le danger qui guette le talmid hakham, c'est ce qu'on appelle le plaisir intellectuel. C'est-à-dire, on pourrait dire: la Torah, c'est tellement beau, c'est tellement joli, peu importe si ce que je dis est vrai ou pas vrai. Alors, ce n'est pas vrai. La Torah que j'étudie a un sens dans la mesure où elle est liée à la vérité, or cette vérité absolue se trouve chez le Créateur. Et donc même le talmid hakham, quand il va se coucher, doit au moins réciter un verset qui lui rappelle son engagement envers la vérité.
Donc, nous avons cette idée de la techouva par amour de la vérité. Oui, cher Yaakov, qu'est-ce qui se passe ? Vous avez dit justement que la vérité absolue se trouve chez le Créateur, dans la Torah, etc. Vous avez parlé du baal techouva qui est arrivé à la vérité. Est-ce qu'on peut véritablement arriver à cette vérité ?
Évidemment pas. Il est absolument impossible d'arriver à la vérité. Nous ne sommes pas dans un monde d'absolu. Nous avons des approximations de la vérité. C'est quoi, une approximation de la vérité ? C'est très simple: il y a ce qu'on appelle la émouna. La émouna est une approximation maximale de la vérité, c'est la manière qu'ont les hommes de vivre.
Voilà, je pense que c'est très clair. D'ailleurs, petite remarque grammaticale. Vous savez que le mot émet, vérité, est un mot féminin en hébreu, et c'est un mot féminin qui s'achève par la lettre tav. En général, un mot féminin en hébreu s'achève par la lettre hé, mais le mot émet s'achève par la lettre tav. Or, le problème …
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