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Pourquoi s'accouder le soir de Pessah

Étude de la mitsva de hasséva, de la règle du safek et de ce qu'elle signifie le soir du Seder.

48 min

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Ensuite : La émouna, conduit de la Gueoula dans notre monde, 1 h 08

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, les amis, bon quart d'heure. Si parmi vous il y a des gens qui m'ont entendu hier matin à ma synagogue en hébreu, ou hier après-midi en français à la synagogue d'émouna, allez vous faire un café, puisque je vais redire exactement la même chose. Et si vous n'étiez pas là, vous pouvez rester. Prévoyez la veilleuse pour allumer les bougies du chan. Je ne vais pas vous donner la liste des choses que vous devez acheter. Chacun y ajoute ce qu'il veut. Béguizor. Alors on y va.

Il y a une phrase centrale que l'on dit le soir du Seder, et j'aimerais qu'on commence avec elle, pour essayer de comprendre, à la fin de notre étude, ce qu'elle veut dire. La phrase se trouve dans le Talmud, dans le traité de Pessa'him, et elle nous dit:

Tout celui qui n'a pas dit ces trois choses pendant le soir de Pessah n'a pas fait, ne s'est pas acquitté de sa mitsva. Quelles sont ces trois choses ? Pessah, matsa et maror. Et la question que j'aimerais poser en introduction, c'est: est-ce qu'il suffit de le dire ? Ça y est ? Dans toutes les familles, quand on arrive à ce moment-là, on dit Pessah, matsa, maror, et les gens pensent: c'est bon, j'ai fait ce qu'il faut.

Qu'est-ce que ça veut dire, que si tu n'as pas dit Pessah, matsa ou maror, tu n'as pas fait Pessah ? De quoi parle-t-on ? Eh bien, on va laisser cela de côté et y revenir à la fin de notre étude. Je vais relancer notre réflexion par un sujet qui n'a rien à voir avec Pessah, mais qui est vrai aussi à Pessah: un sujet de halakha basique.

Lorsque nous avons une makhloket, c'est-à-dire deux avis contraires sur ce qu'il faut faire dans une halakha X ou Y, selon qui doit-on trancher ? Il y a un avis amené dans le Talmud, dans le traité de Avoda Zara, à la page 7, qui est le premier avis du Talmud et qui ne sera pas suivi par la halakha. Il nous dit qu'il faut suivre le plus grand rabbin, celui qui a la plus belle barbe.

Mais finalement, ce n'est pas cet avis-là qui est retenu dans la halakha. C'est le deuxième avis, celui d'un certain Rabbi Yehoshoua ben Korcha. Et Rabbi Yehoshoua ben Korcha nous dit la chose suivante: s'il s'agit d'une makhloket sur un sujet de la Torah, alors on suivra l'avis le plus mahmir, c'est-à-dire le plus exigeant. Mais s'il s'agit d'une makhloket sur un sujet rabbinique, alors on suivra l'avis le plus souple.

En hébreu, cela s'appelle: un safek de la Torah, c'est hamour, donc on est mahmir; et un safek de rabbanan, c'est koula, donc on fait la koula. OK ?

Un exemple. Dans le Talmud, dans le traité de Guittin, à la page 2, on a l'exemple d'un safek déoraïta. Imaginez que vous alliez chercher un shawarma, et que vous sachiez qu'au-dessus de la broche il y a du gras. Il y a des gens qui aiment beaucoup ça. Seulement, comme vous le savez, dans la Torah, on a le droit de manger le chouman, la graisse de l'animal, mais on n'a pas le droit de manger ce qu'on appelle le hélev. Le hélev, c'est la partie grasse qui se trouve dans la queue de l'animal, et on n'a pas le droit de la manger. C'est un interdit de la Torah.

Maintenant, si je suis en safek, si j'ai un doute: est-ce que la graisse qu'on me donne est une graisse abdominale, ou une graisse qui vient de la queue, le hélev ? Safek. Eh bien, dans ce cas-là, je ne mange pas. OK ?

Autre exemple, inverse. Les brakhot ont été instituées par les hakhamim, par les rabbins. Si jamais je ne me rappelle plus si j'ai fait chéakhal avant de manger mon bonbon, je suis en safek. À ce moment-là, safek derabbanan lékoula: comme c'est un safek sur un enseignement rabbinique, je prends l'avis le plus permissif et je ne refais pas la brakha.

À la différence de la birkat hamazon, qui est la seule brakha qui vient de la Torah. Donc, dans un cas où je ne me rappelle plus si j'ai fait la birkat hamazon ou pas, je referai la birkat hamazon. OK ? Top. Ça, c'est le principe. Il n'a rien à voir avec Pessah en particulier. Pourquoi je vous l'amène ici ? Vous allez voir, parce que maintenant on va rentrer dans notre sujet.

Mes amis, notre sujet porte sur la mitsva principale de Pessah, à moins qu'en fait on n'ait pas du tout besoin de la faire. Je parle de ce qu'on appelle la mitsva aséva, le fait de s'accouder. La Mishna, dans le traité de Pessa'him, chapitre 10, mishna 1, nous dit que le soir de Pessah, donc la veille de Pessah, on ne mangera pas à partir de Mincha jusqu'à la tombée de la nuit, afin d'avoir de l'appétit pour manger la matsa.

Et on dit: véafilou ani béIsraël, même les pauvres en Israël, lo yokhal hacheyasev: même le pauvre ne mangera pas avant de s'être accoudé. De là, il semblerait qu'on doive s'accouder. Hachéla, lama ? Pourquoi doit-on s'accouder le soir de Pessah ? Ne me donnez pas vos réponses comme ça, ne marmonnez pas dans votre barbe. Je sais que vous savez, mais ce qu'on va essayer de faire ensemble, c'est déconstruire. Il est possible qu'en fait, ce qu'on nous a toujours dit, ce ne soit pas vraiment ça.

Le Tanna débé Eliyahou, le Midrash Tanaïm, nous dit: lorsque le Saint, béni soit-Il, nous a sortis d'Égypte, Il a dit au peuple juif: chaque fois que vous prendrez les coupes de vin de Pessah et que vous mangerez la matsa, cela devra être fait béaséva, c'est-à-dire accoudé, pour que vous soyez dans une posture de liberté.

Eh bien, les amis, je tiens à le dire très clairement: être accoudé tel que tout le monde le fait, ce n'est absolument pas la liberté. C'est la souffrance et la détresse. Vous posez comme ça, vous prenez votre verre, et vous faites comme ça. Ce n'est pas être libre, c'est être malade, avec une scoliose avancée.

Donc, c'est quoi l'idée ? On m'a dit qu'il fallait être accoudé. Quand on regarde dans le Talmud, dans le traité d'Avoda Zara, on nous raconte autre chose. On est à la page 108.

Tout celui qui voit des gens accoudés le soir de Pessah, c'est comme s'il avait vu le Beit Hamikdash. OK. Mais attendez: ça n'a plus rien à voir avec une posture de liberté. Vous êtes en train de me dire qu'en fait, s'accouder, c'est se rappeler un événement passé.

Et on va encore plus loin. Dans le Midrash Chemot Rabba, chapitre 20, on nous dit que lorsque Dieu nous a fait sortir d'Égypte, Il nous a mis...

Pourquoi doit-on s'accouder ? Parce que c'est comme ça, nous dit le Midrash, que Dieu nous a fait sortir d'Égypte. Quand Il nous a fait sortir d'Égypte, Il nous a …

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