La émouna, conduit de la Gueoula dans notre monde
Le mot émouna vient de la racine amen : il s'agit d'un canal qui fait descendre la Gueoula, non d'une simple croyance.
Orot veKelim
Ensuite : Sortir d'Égypte au XXIe siècle, la liberté comme chemin de vérité, 1 h 01
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom outvracha, shavoua tov. Bé'ezrat Hachem, nous allons aujourd'hui traiter de cette notion de Pessa'h, de la sortie d'Égypte, cette fois avec un angle de vision que David a bien voulu me demander, c'est-à-dire la émouna. Nous avons une façon de traduire la notion de émouna qui est erronée, parce que nous parlons d'émouna ou de croyance, alors qu'en hébreu, nous allons le voir tout de suite, la notion de émouna prend une autre dimension totalement. Pour cela, je commence par un verset qui va lier directement la Gueoula à la émouna.
Je prends comme référence, et comme preuve, que les enfants d'Israël ne m'ont pas écouté, ne l'ont pas entendu. Et là, la question qui se pose, comme s'il y avait un lien direct: comment veux-tu, toi l'Éternel, que Paro m'écoute ? Les sages voient ici, bien entendu, ce qu'on appelle un kal vé'homer. Le kal vé'homer dit que si, en réalité, les enfants d'Israël ne sont pas capables de m'écouter ni de m'entendre, Paro ne va pas le faire. Conclusion: il n'y aura pas de Gueoula. Et la question qui se pose: quel est le lien entre le fait que le peuple d'Israël est capable d'avoir de la émouna et le fait que Paro, lui, dépend de ce degré de émouna ?
Dans le peuple d'Israël, à tel point que s'il n'y a pas de émouna, il n'y a pas de Gueoula. Vous voyez, deux notions que j'utilise ici. Je répète: s'il n'y a pas de émouna, il n'y a pas de Gueoula possible. Et donc, le kal vé'homer: du fait que, chez le peuple d'Israël, dans une situation où il n'y a pas de émouna, il est impossible de rêver ni de penser à une Gueoula. Donc la Gueoula dépend de la émouna. Pourquoi ? Tout simplement, voilà la conclusion: la émouna n'est pas la émouna, la émouna n'est pas la croyance, mais la émouna est le conduit, le conducteur, pour faire couler dans notre monde la Gueoula.
Autrement dit, si la Gueoula existe dans un domaine potentiel, dans le Très-Haut, cette Gueoula ne peut pas se révéler à nous dans ce monde s'il n'y a pas de émouna, s'il n'y a pas ce conduit, s'il n'y a pas cette ouverture, s'il n'y a pas ce déversement par ce canal qu'on appelle la émouna.
Donc, je vous donne la traduction de émouna. Et voici: Chorech Amoussag émouna. La notion, le concept de émouna, tire sa racine dans les trois lettres Amen. Vous savez qu'en hébreu, la plupart des racines sont de trois lettres. Émouna vient de la racine Amen. Que veut dire le mot Amen en hébreu ? Je certifie. Vous vous rappelez que le garçon se dit ben, et une fille se dit bat, parce que la lettre noun tombe au milieu d'un mot; au lieu de dire bent, comme en arabe, on dit bat. C'est la même chose pour le mot Amen. Au féminin, ça devient Amenet, et le noun va tomber, et il restera emet.
Donc la émouna se traduit par certification, vérité. Il s'agit donc d'une action de certification, les Amen en hébreu, ou bien d'entraîner, dans le véritable sens du mot entraîner, c'est-à-dire prendre d'un côté pour amener à un autre. Donc tirer, conduire, faire circuler. On appelle ça aussi Haggada. Vous voyez que la notion de Haggada de Pessa'h n'est pas seulement le nom du livre. Haggada veut dire certifier, veut dire conduire, veut dire acheminer, tirer du très-haut pour faire descendre au très-bas. Et donc il y a ici une réalisation. On appelle ça Imout Ha'ra'ayon, le sujet ou l'idée dans laquelle nous avons la émouna.
Il y a ici quelque chose de primordial à comprendre: toutes ces notions que nous utilisons à tort comme des éléments superficiels, notamment le mot Haggada, nous voyons ici qu'il s'agit de guider, d'acheminer, d'amener, de conduire. Et donc tu ne diras pas seulement à ton fils: tu conduiras, tu achemineras, tu mettras à l'intérieur de ton fils ces notions qui sont du Très-Haut.
Donc, d'après ce qu'on vient de dire, la valeur numérique d'une idée ou d'une idéologie qui se réalise, c'est Amen, à savoir 91. Qu'est-ce que ce nombre 91 ? C'est tout simplement le nombre de ce nom de Dieu, le tétragramme, qui est dans la pensée céleste, qui sort de son potentiel pour se réaliser dans l'autre nom, celui-ci, Adnaï. Donc, lorsque vous avez l'accouplement de ces deux noms de Dieu, vous avez en fait un cheminement qui vient du très-haut, du degré transcendant, vers un degré immanent.
Le tétragramme Yod Hé Vav Hé représente la transcendance, le Chem Adnaï représente l'immanence. Pour que la transcendance devienne immanente, on va accoupler ces deux noms: le 26 du tétragramme plus le 65 du Chem Adnaï, et la conclusion est qu'on arrive à Amen, c'est-à-dire 91. La valeur numérique 91, qui donne le mot Amen, n'est pas seulement le fait de dire merci ou « je certifie »; c'est réellement un acte qui fait venir du Très-Haut, du transcendant, une notion dans laquelle je vais avoir de la émouna pour conduire, par ce fameux conduit qu'on a appelé émouna, la réalisation de la chose en question.
Donc, pour que l'Infini béni soit-il se réalise lui-même dans ce monde, il utilise ces deux degrés, ces deux noms: le nom de l'immanence, Adnaï, et le nom de la transcendance, Yod Hé Vav Hé. Ensemble, on va avoir le Amen. Ce qui veut dire que lorsque nous répondons Amen à une bénédiction quelconque ou à un Kaddich, nous faisons descendre le flux de l'Infini vers ce monde. Il ne s'agit pas juste de dire « oui, je suis d'accord, Amen, j'accepte ». Non, c'est beaucoup plus que cela. Je fais un acte qui va, en réalité, acheminer.
Les Hakhamim nous disent que celui qui répond Amen est plus grand que celui qui fait la bénédiction lui-même. Parce que celui qui fait la bénédiction n'utilise qu'un seul nom, alors que celui qui répond Amen va justement faire l'union de ces deux noms, le tétragramme plus le nom de Adnaï. Et en cela il est beaucoup plus grand, parce qu'il certifie ce que celui qui a fait la bénédiction n'a fait qu'énoncer. C'est l'action, et c'est celui qui dit Amen qui fait descendre le flux dans notre essence, dans notre monde, ici.
La même chose, nous l'avons déjà vu avec la souca: la souca elle aussi, en valeur numérique, fait Amen. Pourquoi ? Parce que la fête de Souccot est la fête de la émouna, c'est-à-dire le fait de traduire les valeurs du Très-Haut dans le monde naturel, dans le monde de la nature ici-bas. Donc la fête de Souccot fait le trait d'union entre l'esprit et la matière, et c'est pourquoi l'élément essentiel de Souccot, la souca elle-même, a pour valeur numérique 26 plus 65. Regardez comment le mot souca est composé: le 65 est à l'extérieur, alors qu'à l'intérieur se cache le tétragramme, Kaf Vav, le 26.
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