Pourquoi la joie et le rire accompagnent le peuple juif
Rav Benharrouche relie la simcha, la Gueoula et le rire de Sarah dans la paracha Vayera.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La grandeur de Sarah!, 1 h 03
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À une choupa, l'une des bénédictions, c'est chez Hassim Kha, Bima Ono. Il y a donc un des mondes: il y a sept degrés de voile entre notre monde et, on ne va pas dire l'infini, mais une partie plus élevée que le nôtre. Ce sont des écrans, comme des rideaux, comme des voiles.
On les appelle les sept cieux, et l'un d'entre eux s'appelle Ma'on. Nous avons donc l'habitude de dire, et même dans le Zimoun, nous disons que la Simcha se trouve dans l'un de ces cieux. Or, pour que la Simcha descende dans notre monde, il faut lui donner une expression, comme un conduit. Et ce conduit-là, c'est le rire. C'est-à-dire que le rire va faire véhiculer cette notion de Simcha.
Et c'est tellement important que ceux qui n'ont pas la Simcha ne peuvent pas atteindre beaucoup de degrés de sainteté et de dévoilement, en fait, dans le judaïsme. Même la Gueoula, que nous attendons tous, nous disons: s'il n'y a pas de Simcha, il n'y a pas de sortie. Donc il n'y a pas d'expression. Impossible d'exprimer quelque chose de l'ordre du divin.
Or la Gueoula vient du dévoilement du monde le plus élevé, qu'on appelle le monde de Hatsilout, qui correspond dans les séfirot à la Hochma, à la sagesse, au cerveau droit. Le cerveau droit, le monde de Hatsilout, de l'émanation divine, ne peut pas se dévoiler; et en se dévoilant, c'est la Gueoula. S'il n'y a pas de Simcha, on ne peut donc pas sortir d'Égypte. On ne peut pas exprimer quelque chose qui est de l'ordre du divin, en l'occurrence la prophétie, sans Simcha. Un prophète qui n'est pas en joie ne peut pas prophétiser. C'est impossible.
Donc toute l'expression de notre monde vient par cet accompagnement obligatoire qui est la Simcha. La Simcha, ce sont les mêmes lettres que le mot Machiah. C'est-à-dire que la Simcha et le messianisme, c'est une seule et même chose.
Dans la paracha que nous venons de lire hier, Vayéra, nous faisons face à l'expression de cette Simcha par le rire. Le verset nous dit: Sarah a eu une expression de rire, elle a ri, mais à l'intérieur d'elle-même, en se disant, en disant: « Je suis déjà très vieille, et j'ai un retour de couche. »
D'ailleurs, Abraham ne peut même pas prendre le pain pour donner aux anges, parce que Sarah, au même moment, voit du sang. Elle est en niddah. Et pour ne pas rendre impur le pain, la hala, Abraham va donner autre chose aux anges: des matsot. Ce verset, donc.
Sarah revient vers sa jeunesse. D'une manière générale, revenir vers la jeunesse a une double possibilité. D'un côté, je peux donner des enfants; d'un autre côté, j'ai aussi du sang, lorsqu'un enfant n'apparaît pas. Selon la Kabbale, lorsqu'une femme arrête de voir du sang dans sa vie, elle se rapproche plus de la sainteté supérieure, mais c'est aussi qu'elle ne voit plus la mort, et elle ne peut plus donner la vie. Alors qu'une femme jeune est tout le temps en contact avec la mort, donc elle peut être en contact avec la vie. C'est un paradoxe.
Donc, chaque fois qu'elle ne donne pas la vie, c'est comme si c'était une vie manquée, donc une mort. Elle va compter sept jours, comme pour un endeuillé. Les sept jours que la femme va compter, ce sont les chiva; comme la chiva pour un mort.
Les couches de Sarah, nous disent les Hakhamim, ne sont pas du même degré. Ce n'est pas qu'elle est revenue vers la mort; bien au contraire, elle va vers un degré de vie ultime.
Alors pourquoi boit-elle du sang ? Nous dit le Zohar HaKadosh: le sang qu'elle vient de boire ne vient pas du sang des règles normales, mais vient de l'attribut de rigueur qui se trouve dans les mondes supérieurs. On appelle ça la Guévoura. C'est-à-dire que Sarah n'a pas le retour de couche normal, mais elle vient vers un monde qui est de l'ordre de la Guévoura.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire tout simplement qu'elle va maintenant engendrer quelque chose qui va contrarier le système qui a été dans le monde jusqu'à maintenant. Il y a ici un changement d'étape dans la conduite de Dieu de l'univers. Si jusqu'à maintenant la conduite était par la bonté de Dieu, à partir de maintenant il y a une nouvelle règle avec laquelle il faut composer. On ne peut plus s'en passer: ce sont les limites, c'est le din, c'est la guévoura.
Donc Sarah va être celle qui va être très, très dure avec l'identité d'Israël. Elle comprend tout de suite que l'enfant qui va naître, Yitz'hak, ne doit pas jouer avec Ismaël. Il y a un problème chez cet enfant, il faut l'écarter. Abraham, qui est dans la bonté, ne comprend pas.
La même chose au niveau de la terre d'Israël. Sarah est tellement liée à la terre d'Israël que c'est incroyable: Abraham n'a pas la même notion de la terre que sa femme Sarah. À tel point qu'il y a une intervention divine qui dit: tout ce que Sarah te dira, tu dois écouter sa voix, pas le son de sa parole. Le kol, nous avons déjà étudié, c'est l'intériorité; le dibour, c'est l'extérieur. Mais la Torah ne nous dit pas qu'Abraham doit écouter le dibour, les paroles; il doit écouter la voix de sa femme.
Autrement dit, sa femme voit clairement l'évolution du peuple d'Israël, et il faut faire très attention de ne pas contrarier ce degré que Sarah possède et qu'Abraham n'a pas encore saisi à ce niveau-là. Toujours est-il que, dans ce monde, elle a ses règles, donc elle peut donner la vie. Vous comprenez bien que c'est quelque chose d'incroyable: elle a 90 ans.
Quatre-vingt-dix ans. Même à cette époque-là, on n'est plus à l'époque des premières générations; on est maintenant descendu au niveau des années de vie possibles, et même à cet âge-là, c'est un miracle de pouvoir avoir un enfant.
Donc, Torah ha-Sod, la Torah des secrets: Sarah vient de monter, nous disent les Hakhamim, dans les secrets de la Torah, à ce moment-là, à ce qu'on appelle, nous, dans notre langage commun, le Olam Haba, tout en restant dans le Olam Azé. C'est-à-dire que le Olam Haba n'est pas atteignable seulement après la mort, mais il peut être vécu durant la vie.
Sarah a réussi à faire cet exercice: elle est montée dans son essence, à son essence, alors que son corps est encore là. Et lorsqu'on monte à cette essence, qu'est-ce qu'on voit là-bas ? On voit la vérité telle que je suis dans ma source. Ici, nous sommes dans le monde des résultats, donc il y a des décalages par rapport à notre source.
Mais quelqu'un qui arrive à vivre simultanément entre les deux mondes, et qui fait des voyages de va-et-vient entre l'intériorité et l'extériorité, on appelle ça le haut et le bas, eh bien il est tout le temps dans cette fameuse échelle de Yaakov, qui montre des anges …
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