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La sortie d'Égypte, libération de la parole

Pourquoi l'Égypte est la matrice des exils, et comment la parole divine se libère par le da'at.

43 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La sortie d'Égypte, la parole libérée et le peuple, 44 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Merci à tous d'être présents. Aujourd'hui, nous allons continuer notre développement concernant la notion d'Égypte et, d'une manière générale, la notion d'exil que l'Égypte représente, puisque l'Égypte, nous le rappelons, est la matrice de tous les exils.

Étant donné qu'elle est la matrice de tous les exils, elle est aussi, bien entendu, la matrice de toutes les délivrances. En étudiant donc la notion d'Égypte, avec tout ce qu'elle comporte, nous étudions en fait à la fois la Galout et la Gueoula d'une manière générale, et c'est très important, puisque ce sont des notions principales dans toute la création, dans tout l'aspect de la création du monde, étant donné que le but même est de dévoiler les valeurs de l'infini.

Et lorsque ces valeurs ne sont pas dévoilées dans ce monde, il s'agit donc d'un exil. On peut parler aussi d'un exil des valeurs du divin, c'est-à-dire de la volonté divine. Car si l'Éternel ne se manifeste pas dans notre monde, ne se dévoile pas dans notre monde, c'est comme s'il avait raté sa création. Car le but même, c'était de se dévoiler. Étant donné que c'est le peuple d'Israël qui est le porte-parole,

le but même de toute la création est donc de faire en sorte que les créatures arrivent à une connaissance et à une reconnaissance générale de toutes les connaissances possibles. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire une connaissance qui monte jusqu'à Anokhi. Anokhi, qui se dévoile au moment du don de la Torah, et dont les Hakhamim nous disent que ce sont quatre lettres: Aleph, Noun, Ḥaf et Yod, qui représentent en fait Ana, Nafshi, Ktavit, Yehavit: moi, mon âme, je l'ai écrite et je l'ai donnée. Voilà les initiales de la terminologie Anokhi. L'être qui veut, on appelle cela en hébreu le nefesh. Le nefesh est équivalent au ratson, si tu veux, en hébreu.

Dans la Torah, il n'est pas écrit que ça n'existe pas. On dit plutôt: si ton âme, si ton nefesh est là, est présente. Automatiquement, on comprend qu'il s'agit d'une volonté, car le nefesh représente la volonté. Moi, mon être, mon âme, Kadosh Baroukh Hou dit que ta vie, je l'ai écrite dans la Torah, que je vous donne. Je voulais apporter… C'est en araméen. Ce sont donc les initiales des quatre lettres du fameux Anokhi. D'une manière intéressante, le mot Anokhi en hébreu, avec les mêmes lettres, veut dire aussi « vertical ». La descente de l'infini vers nous se fait à la verticale,

alors que nous, dans notre histoire humaine, nous sommes à l'horizontale. Donc il y a un point de contact entre le vertical divin qui descend dans notre monde et l'horizontale dans laquelle nous sommes. Cette connaissance est donc très importante, et elle unifie toutes les connaissances possibles et imaginables jusqu'à ce Anokhi, créateur du monde et donneur de la Torah.

C'est en arrivant à cette connaissance-là qu'on peut sortir d'Égypte. Il y a ici trois termes que je viens d'expliquer, qui descendent verticalement, du haut vers le bas, du profond vers l'extérieur, et qui juxtaposent deux noms: le tétragramme et le nom d'Elohim, avec une appartenance: Elohékha, Shelkha. En réalité, le tétragramme Yod Hé Vav Hé devient « ton », devient « le tien, je te le donne ». Cette combinaison, Anokhi Adonaï Elohékha, c'est celle qui permet la sortie d'Égypte. Sans ces trois termes, il n'y a pas de sortie d'Égypte.

C'est lorsque le tétragramme devient ton Dieu. C'est ça, la sortie d'Égypte. Et la connaissance que Dieu demande n'est pas seulement pour Israël, mais pour toutes les nations du monde. Il faut arriver à une situation où les nations, et les plus lointaines de ces nations, à commencer par l'Égypte, qui est la plus lointaine de toutes les nations du monde au niveau conceptuel, comprennent qu'il s'agit là d'un degré très lointain, le plus éloigné des valeurs de l'infini. Tant que cette Égypte-là, ce concept, n'a pas connaissance du Nom de Hachem, il n'y a pas véritablement de Gueoula Chléma. La Gueoula ne peut pas être complète.

Donc Kadosh Baroukh Hou ne se contente pas de passer par Israël comme intermédiaire. C'est très important: il faut qu'Israël joue son rôle dans l'histoire. Mais ça ne s'arrête pas à Israël. Israël n'est qu'un vecteur qui fait en sorte de porter la parole divine et de la faire cheminer vers l'humanité tout entière, et donc, jusqu'au plus lointain de ces degrés que j'ai nommé l'Égypte. Le verset dans la Torah est donc clair: je veux que l'Égypte, tout ce concept, sache que je suis le tétragramme.

Tant que l'Égypte ne connaît pas mon être, ma volonté, mon désir, j'ai « pas encore réussi mon projet ». Quand cela se révèle-t-il ? C'est là justement qu'intervient la sortie d'Égypte, au moment de la sortie d'Égypte. C'est là qu'intervient cette possibilité que l'Éternel se dévoile dans le monde.

L'Éternel a choisi comme intermédiaire le peuple d'Israël. Nous avons expliqué que tant que le peuple d'Israël est en exil, ce dévoilement n'est pas possible. Il faut donc attendre la sortie d'Égypte pour que le dévoilement puisse commencer son cheminement. Les choses sont très claires, elles sont ficelées, elles sont cousues avec un fil d'or. C'est très juste, très précis. Il n'y a rien qui dépasse.

La Torah est simple dans sa logique. D'ailleurs, rien ne peut exister s'il n'y a pas cette sortie d'Égypte. Je vous rappelle que même le don de la Torah dépend de la sortie d'Égypte. Ceux qui ne sont pas sortis d'Égypte ne reçoivent pas la Torah, de facto. Mais ça, c'est au niveau premier, le premier degré. C'est beaucoup plus haut, beaucoup plus profond. Si tu n'es pas sorti dans ta vie de tes propres formes d'Égypte, ce seront des lacunes

au niveau de ta réception de la Torah. C'est clair. Il n'y a que ceux qui sortent d'Égypte qui reçoivent la Torah. Et la mesure de ta Torah aura, en réalité, la mesure de ta sortie d'Égypte. Plus tu es sorti d'Égypte, plus ta Torah sera grande. Il y a donc différents degrés de Torah: pas de don, mais de réception. Le donneur, lui, donne. C'est toujours le même donneur,

avec la même Torah. La différence est chez les récipiendaires, chez nous. Chacun de nous, selon sa qualité de sortie d'Égypte, j'allais dire, aura sa qualité de Torah. Il est très important donc de comprendre que si je considère que la sortie d'Égypte est une sortie d'un genre national, puisqu'il s'agit là de sauver la nation, il n'est

aucunement rappelé nulle part un côté spirituel quelconque dans la sortie d'Égypte. Dans notre paracha, il y a cinq degrés d'évocation de cette sortie: « Je vous sortirai. Je vous sauverai. Je vous libérerai. Je vous délivrerai. Je vous prendrai pour peuple. »

On n'entend rien du tout de spirituel. Cela veut dire que toute la sortie d'Égypte a un caractère national. C'est pour former la nation, pour dévoiler la nation. Or, si le caractère national que représente la sortie d'Égypte est la condition de la réception de la Torah cinquante jours plus tard, vous comprenez qu'on ne peut pas recevoir la Torah …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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