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La sortie d'Égypte, la parole libérée et le peuple

Mitzrayim, le nom Yud Ke Vav Ke et la naissance d'un peuple comme interlocuteur de Hachem.

44 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La sortie d’Égypte 4, 46 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Erev Tov à tous, très heureux de vous revoir. Aujourd'hui nous allons continuer le développement que nous avons déjà entamé concernant la notion de sortie d'Égypte. Nous avons expliqué qu'en réalité, au-delà des hommes qui sont sortis d'Égypte, l'essentiel de ce qui est libéré d'Égypte, c'est la parole.

Cette parole divine est tombée dans les oubliettes à partir du moment où il n'y avait personne pour la porter au monde. Les oubliettes de l'histoire s'appellent, par un nom extrapolé, l'Égypte. L'Égypte n'est donc pas seulement un pays, c'est une notion, un concept qui étouffe la notion d'identité qu'on appelle en hébreu mi.

Mi a pour valeur numérique 50. C'est en réalité le degré qui dépasse la nature, qui, elle, est basée sur le chiffre 7. Or la nature multipliée par elle-même, la nature au carré, reste toujours au niveau naturel: 7 x 7 = 49. Le chiffre 50 est donc un degré qui est au-delà, qui est transcendant, à la différence des 49 degrés qui sont dans l'immanence.

Or le nom de l'Éternel, qui représente cette transcendance, c'est le tétragramme, le Yud Hé Vav Hé, qui était bien entendu inconnu en Égypte, car impossible à intégrer par la notion égyptienne, qui est une notion complètement naturelle dont le plafond reste toujours un plafond naturel. Donc inconcevable, le nom de Yud Hé Vav Hé. Je ne connais pas ce nom, je ne peux pas. Tout simplement, je n'ai pas les ustensiles nécessaires et adéquats pour aborder ce nom. Et donc je ne peux pas libérer Israël: tu viens au nom d'un dieu que je ne connais pas.

Entre parenthèses, nous voyons ici l'intelligence de Yossef HaTsadik, qui, lui, volontairement, n'a pas mentionné ce nom. Lorsqu'il est venu chez Pharaon, il lui a parlé du nom d'Elohim. Pourquoi ? Tout simplement parce que Yossef savait que Pharaon ne connaissait pas l'autre. Et pour préparer sa place en tant qu'homme d'Israël, prêt à recevoir ses frères et toute la famille après, il fallait rassurer Pharaon dans un premier degré, pour justement l'habituer à un degré qui lui est familier.

Le nom d'Elohim a pour valeur numérique HaTeva, la nature. Donc tout ce qui est attrait à la nature est connu de Pharaon. Par « O », c'est Otiot, Afar et Hafra'a. C'est un dérangement.

On ne peut pas, en réalité, supposer que Pharaon puisse reconnaître un degré qui le dépasse complètement. Et donc sortir ce nom, le dévoiler, c'est tout simplement une des parties les plus essentielles de la sortie d'Égypte. Un peu de ce processus a déjà été entamé par Avraham Avinou.

Au moment où Avraham lui-même subit sa propre sortie d'Égypte, même si ce n'est pas l'Égypte, vous avez compris qu'il ne s'agit pas seulement d'un pays mais d'un concept. Donc lorsque Avraham sort d'Our Kasdim, pour lui c'est une forme de sortie d'Égypte. Mais étant donné qu'il est individuel, qu'il n'est pas encore un peuple, il n'est qu'un peuple en potentiel, pas encore au niveau révélé.

Eh bien, ça ne suffit pas encore pour révéler cette libération des noms. Cela a tout de même cassé un tout petit peu de l'épaisseur de l'écorce qu'on appelle la Klipa, mais ce n'était pas encore suffisant pour révéler la parole divine, la pensée divine, la volonté divine dans ce monde. Celle-ci ne peut se diffuser qu'à travers le peuple d'Israël.

Aucune personne, aussi grande soit-elle, ne peut être au niveau de l'Assemblée d'Israël et du peuple d'Israël. Personne n'arrive à l'ombre de la cheville du peuple d'Israël, même pas Moshé Rabbénou. Et d'ailleurs, Dieu fait passer un test à Moshé Rabbénou en lui disant: je vais effacer le peuple d'Israël et je recommencerai une histoire avec toi.

Et Moshé Rabbénou de lui répondre, dans un sourire narquois: mais si tu effaces le peuple, moi je n'existe pas. Le peuple d'Israël, c'est l'essentiel. Moi, je ne suis qu'un rayon de ce peuple. Éteins ce peuple, tout s'éteint. Pas seulement moi, Moshé Rabbénou, mais le monde entier va s'éteindre, puisqu'il n'y a plus de porte-parole de la pensée divine.

Et donc, il faut comprendre que la parole a été libérée à la sortie d'Égypte. Lorsque je parle de la parole libérée, je ne parle pas seulement de la parole divine qui est libérée, mais aussi de celui qui est capable de l'entendre. Il y a donc deux libérations simultanées: la parole divine, et le peuple, l'oreille qui est capable de capter les missions divines. Ces deux degrés sont dévoilés en même temps.

Bien entendu, il y a encore d'autres degrés qui sont dévoilés, notamment les hommes, les femmes, les enfants. Il y a encore d'autres degrés qui sont libérés: la pensée qu'on peut dépasser le degré de la nature. Ça aussi, c'est une libération.

Donc vous voyez qu'en même temps que la libération d'un peuple, de la parole, il y a la libération de la pensée divine, qui était enfermée dans une prison, ne lui permettant pas de se dévoiler. C'est en fait un exil de Dieu, quelque part, dans son ciel immense, mais dont le ciel ne descend pas sur terre.

Et donc il y a ici une forme d'expression que nous devons traduire, au niveau psychologique, dans nos vies. En effet, quiconque a une pensée et qui n'arrive pas à la réaliser se trouve lui-même dans cet état d'exil. Donc chaque pensée non réalisée est une forme d'exil.

À chaque fois qu'une pensée accouche, qu'elle va vers la manifestation de cette pensée, vers l'application de cette pensée, elle est rejetée dans la pensée. Vous savez comment on dit ça en hébreu ? Ce n'est pas seulement qu'on jetait les enfants dans le Nil, ça, c'est dans le Pshat. Ça veut dire qu'à chaque fois que tu as une pensée qui s'apparente à un enfant, qui va sortir de ta pensée, qui va naître de ta pensée, eh bien, tu le rejettes.

Tu le noies avant même qu'il ne se réalise. C'est donc un potentiel qui est étouffé dans sa potentialité, sans aboutir, sans arriver à une réalisation. Réaliser, en hébreu, ça se dit le'ha'amin. Le he'emin, ce n'est pas la traduction que vous connaissez, croire. Ça n'a aucun rapport avec la notion d'émouna.

Et Émouna, en hébreu, c'est Amen. Amen, c'est une certitude. C'est au masculin Amen. Au féminin, c'est Amenet. Vous savez qu'en hébreu, la lettre Noun, au milieu d'un mot, tombe. Donc, au lieu de dire Amenet au féminin, vous dites Emet. Le Amen masculin devient Emet féminin.

« Ani ma'amin » ne veut pas dire « je crois », mais « je réalise ». Et donc, si je certifie la chose en laquelle j'ai la émouna, je vis la chose. Oubliez donc cette traduction de « je crois en ». Ça ne veut rien dire. Quand on dit « ani ma'amin b'émouna chléma », c'est que j'active la chose par mon être.

Je réalise la chose par mes actions, par mes pensées, par mes paroles. Et donc, en réalité, le but même de cette sortie d'Égypte, c'est de libérer ce verbe qui va par la suite devenir un acte. Vous savez qu'il y a trois degrés à dépasser pour qu'une évolution de quoi …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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