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Pourim, Amalek et l'art de comprendre son ennemi

Pourim comme fête de réception de la lumière, Amalek comme sa klipa, et la mémoire active qui relie les moments de la vie.

1 h 02

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Pourim, le nez et la bouche : lire la Meguila au présent, 1 h 14

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Aujourd'hui, nous allons parler de Pourim, mais en fait c'est relié à la paracha de Tetzaveh que nous venons de lire, puisque la paracha de Tetzaveh traite des instruments, j'appelle ça d'une manière générale des instruments, y compris le Mishkan.

Pour la résidence divine sur terre, c'est-à-dire pour que les valeurs de l'infini viennent se révéler dans notre monde, il faut construire des ustensiles. Les ustensiles ne sont pas seulement extérieurs à nous, ils sont aussi nous-mêmes. C'est-à-dire que nous devenons nous-mêmes le Mishkan avec tous les kélim. Bien entendu, il y a des parallèles entre les deux degrés, et il faut les comprendre, il faut les déceler.

La fête de Pourim fait partie de cette capacité de réception. Vous le savez, dans la Méguila d'Esther, il est écrit: « Hadour qui bloie Bimei Achashverosh », ils ont été capables de la recevoir, en parlant de la Torah, les enfants d'Israël au moment d'Achashverosh. Ça veut dire que la fête de Pourim, cette période-là, le mois d'Adar, est dotée d'une capacité intrinsèque de réception. Donc pendant ce mois, nous pouvons être des capteurs. Attention, des capteurs de lumière ou bien d'angoisse. C'est pour ça qu'il faut faire très attention. C'est un mois qui est « Vennaha For », c'est-à-dire très lunatique.

Si on ne sait pas prendre les choses du côté de la simcha, et si on n'augmente pas le volume de la simcha, ça peut apparaître différemment. Et donc, Baroukh HaChem, nous essayons, il faut faire un effort pour augmenter la simcha dans ce mois plus que le reste de l'année. Comme la Michna nous le dit, c'est un conseil. La simcha ne vient pas d'elle-même parce qu'on est arrivé au mois d'Adar. Non. Tu as le devoir de faire un effort pour augmenter la simcha ce mois-ci. Sous-entendu: il y a dans ce mois un danger que si tu n'augmentes pas la simcha que tu as d'habitude, ça ne suffira pas. Il faut donc faire un effort supplémentaire pour la simcha.

Pourquoi je parle de cela ? Tout simplement parce que chaque fois qu'un élément de l'infini se dévoile à nous, il apparaît dans ce monde. Il ne vient pas seul. Il vient toujours avec une force qui lui est contradictoire. Autrement dit, à chaque fois qu'il y a un élément de lumière, il y a un élément de contre-lumière qui est du même poids, du même niveau, de la même force, et qui va empêcher cette lumière de se dévoiler. On appelle ça, dans le langage de la Kabbale, la klipa, une écorce qui vient avec chaque élément. Chaque fête, chaque événement a sa klipa. La klipa de Pourim, c'est Amalek.

Si on ne comprend pas le secret d'Amalek, on ne peut pas réellement vivre les journées de Pourim, il y en a deux, à leur véritable niveau. Ça veut dire que je dois étudier mon ennemi. C'est l'une des règles d'un soldat, d'un guerrier: savoir la tactique avec laquelle son ennemi se sert pour le battre.

Certains de nos soldats, il y a toujours des slogans derrière leur t-shirt, ce sont tous des slogans de la Torah. L'un d'entre eux, par exemple pour ceux qui entrent dans des endroits dangereux pour ramener des terroristes, il y a marqué: tu dois être très vicieux quand tu fais la guerre, c'est-à-dire étudier ton ennemi pour savoir le battre.

Et donc, la paracha que nous lisons le Chabbat d'avant Pourim, c'est toujours la paracha de Zakhor. Dans cette paracha, en réalité, nous avons la clé. Quand je dis paracha, je dis extrait. Une paracha ne veut pas dire une paracha comme vous avez l'habitude de le croire. Chaque paracha dans la Torah, ça ne peut être que quelques versets: une paracha, c'est-à-dire un paragraphe, une force à part entière. Nous avons donc sorti deux rouleaux de Torah ce Chabbat: la paracha de Tetzaveh, et dans le deuxième rouleau, on n'a lu qu'un seul passage, qui est justement ce Zakhor: « Etacher Asa Lecha Amalek, Baderekh, Betetrem, Yimitraim », et ainsi de suite. Quarante-sept mots, qui sont le code de tout ce que représente l'anti-Pourim. Et si je ne sais pas décoder l'anti-Pourim, comment vais-je faire pour vivre Pourim ?

Nous avons une règle que le Zohar nous donne: il n'y a pas de lumière, si ce n'est une lumière que tu viens voir par rapport au noir qui est à côté. Parce que dans ce monde, nous ne sommes pas capables de voir la lumière dans la lumière. Ce monde-là nous permet de voir des lumières, mais à travers du noir. C'est-à-dire que lorsque mon fond est noir ou foncé, chaque pointe de lumière se verra beaucoup plus dans ce monde. Les artistes, avant de commencer l'étoile, peignent un

fond foncé pour commencer à atteindre. C'est un secret: pour que chaque degré de lumière se voie beaucoup plus avec son intensité. Si tu fais de la lumière sur de la lumière, dans notre monde, ça ne marche pas. Dans les mondes supérieurs, on n'a pas besoin de noir pour voir la lumière, on n'a pas besoin d'inverse. Mais étant donné que ce monde est formé en couples, et qu'à chaque degré vient un couple, pas seulement mâle et femelle, mais aussi lumière et anti-lumière, c'est-à-dire thèse et antithèse, il

faut toujours trouver les synthèses.

Il faut donc connaître d'abord quel est le but d'Amalek. Il faut comprendre que Pourim, c'est la révélation de la vérité absolue dans ce monde. C'est-à-dire que ce jour-là, si on sait bien le vivre, on est censé recevoir l'identité d'Israël au plus haut niveau. C'est pour ça que nous devons être à même de devenir un kli, un ustensile qui est capable de recevoir ce degré de lumière. Malheureusement, notre cerveau, notre tête, nous bloque durant l'année, parce qu'on croit être intelligent, et on a l'impression que notre intelligence c'est tout notre être, alors qu'on néglige d'autres parties de notre vie, de notre être.

Ça, c'est ce que je viens de dire: croire que ta tête, c'est seulement elle. C'est-à-dire que c'est ton frère jumeau. Sans elle, tu ne peux rien faire. C'est le frère de la tête: Ahashverosh. Donc Ahashverosh, en réalité, c'est une grosse tête. Et si tu vis à ce niveau-là, tu ne peux rien faire ce jour de Pourim.

On te dit donc, ce jour de Pourim, première règle: lâche prise. Tu ne sais pas le faire ? Bois un tout petit peu, demain, pour lâcher prise. Parce que si tu restes au niveau de la tête, du cérébral, du concret, comme on va dire, que toi tu crois être concret, du cartésien, eh bien c'est foutu, ce n'est pas pourri.

Je vous rappelle juste une petite parenthèse: Moshé Rabbénou est arrivé à son plus haut niveau de kedoucha lorsqu'il ne savait pas. Je vous cite un verset: c'est quand il descend du mont Sinaï et que son visage éclaire tellement que lui ne le sait pas. La Torah dit qu'il était dans un état de Pourim. Au moment où tu es dans un état de Pourim, c'est-à-dire que tu fais en sorte …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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