Sagesse et crainte de Dieu chez le Rav Kook
Pourquoi la crainte de Dieu et la sagesse sont liées, et ce que signifie être Tzadik Gamour ou Baal Techouva.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La vérité, fondement de la techouva selon le Rav Kook, 46 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Donc, comme on l'a dit lors de la répétition, on vous invite tous à ouvrir la caméra. Bonsoir à tous. On va bientôt recevoir le rapporteur pour le cours; il nous reste encore une minute. Et donc, comme on l'a dit, pour le bien du cours, ceux qui veulent poser des questions ont intérêt à ouvrir leur micro au moment de la question et à le refermer tout de suite après, pour éviter les malentendus et les dérangements pendant le cours. Parce que malgré tout, c'est quand même Zoom, et on ne fait pas toujours attention aux petits bruits de fond: tout le monde les entend sur Zoom, beaucoup plus amplifiés que dans un midrash physique, on va dire.
Et sinon, Bokar tov. Shalom. Chavoua tov. Chavoua tov. Je suis très content que Jacob ait compris que je n'ouvre pas avant 10h15 pile. C'est un plaisir de vous retrouver. Bonjour à tout le monde. Chavoua tov.
Nous allons commencer notre étude hebdomadaire d'Orot HaTechouva. Pour tout vous dire, nous sommes dans le chapitre yud-dalet, c'est-à-dire le chapitre 14, et nous sommes au paragraphe lamed-dalet. Le fait que le paragraphe se termine par dalet est tout à fait fortuit. Nous en sommes donc toujours dans le chapitre yud-dalet, qui nous donne des instructions différentes pour différents cheminements de techouva.
Là, nous avons un rapport important, quelque chose qui est souvent oublié: le rapport entre la sagesse et la piété. J'ai employé le mot « piété » à dessein: il traduit ici le mot yirah. Yirah se traduit d'habitude par « crainte », mais il s'agit en fait d'une sorte de forme de piété, de relation, de dvekout, d'attachement à Dieu.
Et souvent, surtout sous l'influence du christianisme, il y a en général un conflit entre la émouna et la raison. C'est ce qu'on appelle « émouna et raison ». Certains penseurs chrétiens ont même été jusqu'à dire que la raison était l'opposé de la émouna, contrairement aux enseignements du judaïsme. Dans le judaïsme, nous disons toujours, par exemple selon la Mishna dans Avot: s'il n'y a pas de sagesse, il n'y a pas de crainte; s'il n'y a pas de crainte, il n'y a pas de sagesse. La crainte de Dieu ne vient pas éliminer la sagesse, bien au contraire. Pour qu'il y ait une véritable crainte de Dieu, il faut une vraie sagesse, et pour qu'il y ait une vraie sagesse, il faut une vraie crainte de Dieu.
Et donc la conclusion est très claire, c'est ce que nous dit le Rav Kook: il ne faut surtout pas, le mot « interdit » ne veut pas dire ici une interdiction halakhique, mais cela veut dire qu'il faut veiller à ce que la crainte de Dieu ne soit pas séparée de la sagesse. Parce que sinon, on tombe dans une sorte de piétisme ennemi de la sagesse. Or il y a un très gros problème à être ennemi de la sagesse, parce que la sagesse, l'intelligence, c'est la partie la plus noble de l'homme, le plus grand cadeau que Dieu ait pu donner à l'homme.
Imaginez-vous que la sagesse et l'intelligence viennent en opposition avec la émouna. Cela voudrait dire que Dieu nous a fait un cadeau empoisonné, que si vous voulez vraiment craindre Dieu, vous devez devenir bête. C'est absolument profanatoire. Comment peut-on imaginer une chose pareille ?
Ce que nous dit ici le Rav Kook est donc un enseignement direct de la tradition d'Israël: il est interdit que la piété soit en opposition avec la sagesse. Elle doit toujours lui être liée et s'en alimenter. Et il y a une influence à double sens.
Horma, est-ce la sagesse ? Non: horma veut dire la ruse, tandis que hokhma veut dire la sagesse. Ne pas confondre les deux: ça se ressemble, mais ce n'est pas du tout la même chose. Il faut donc que la crainte de Dieu, la piété ici, soit liée à la sagesse, et qu'elle en soit également alimentée.
Je vais essayer de traduire: cela vaut aussi bien pour l'illumination générale que l'on ressent dans la lumière, dans l'éclair de la piété et de la sagesse dans le psychisme, que pour les détails qui en découlent. On pourrait dire: d'accord, de manière générale, j'admets qu'il faut être sage, et de manière générale, j'admets qu'il faut avoir la crainte de Dieu. Mais est-ce que cela rentre dans les détails ? Par exemple, quand je fais attention à l'emplacement de mes téphilines: c'est un acte de piété. Je fais attention que les téphilines soient vraiment à leur place. Est-ce que je suis censé trouver un contenu de sagesse à cette précision ?
La réponse est positive. Je dois trouver un contenu de sagesse également dans les détails qui expriment la émouna, qui expriment la piété. Je ne dois pas me contenter d'une idée générale: « Oui, la Torah est quelque chose de très important, de très intelligent, de très sage, mais dans le détail, je n'y comprends rien. » Non, il faut aussi faire le travail, un travail d'étude, pour comprendre en quoi le détail des mitsvot est lui aussi significatif.
Et c'est là que le Rav Kook dit: « Chel kol prat shel prat haYira... » — pour tout détail de la crainte, la sagesse doit donner sa lumière: tsricha chokhmah lehayira Torah. Et de même dans le sens inverse: pour tous les détails de la sagesse, il faut la crainte de Dieu dans toutes ses valeurs, aussi bien pratiques que virtuelles.
Le rikshi, c'est-à-dire le sentimental, et également l'imaginal, doit s'alimenter. De même que l'on doit trouver un sens, un sens de sagesse, à chacun des détails de la halakha, de même chacun des détails de la halakha doit s'alimenter à la sagesse. Et c'est lorsqu'il y a ce lien d'adaptation entre ces deux luminaires, nishmata adam, que l'âme de l'homme peut illuminer. C'est alors que la manifestation de la techouva, qui abreuve de la douceur, du plaisir, de la joie, de la vie, vient au monde.
C'est-à-dire qu'une techouva authentique est une techouva qui n'exclut aucune des forces de l'être. Or nous sommes à la fois un être intelligent et un être de sentiments: nous avons à la fois un cerveau et un cœur. Pour que la techouva soit authentique, il ne faut pas qu'elle soit frustrante. On peut en effet sentir une frustration dans la techouva: « Pour faire techouva, j'ai dû renoncer à mon intelligence; pour être intelligent, j'ai dû renoncer à ma piété. » Or toutes ces frustrations sont inutiles, étant donné que le judaïsme est monothéiste, donc qu'il croit en la présence de Dieu dans tout. C'est là que la techouva devient possible, quand il y a à la fois sagesse et piété.
Et c'est quelque chose qui est souvent oublié. Quand on entend ce genre de discours, il y a chez l'homme de piété simple, comme on peut dire, une hésitation par rapport à ces choses-là. C'est là qu'on a besoin de l'enseignement du Rav pour remettre les choses en place. Nous allons passer au lamed-dalet.
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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