La Gueoula, un processus qui monte du bas vers le haut
Pourquoi la délivrance d'Israël commence par la matière, et comment le nommage des choses prépare la sortie d'Égypte.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Adam, le Chabbat et la délivrance d'Israël, 28 min
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Tov, bonjour à tous. Nous allons aujourd'hui, avec l'aide de Hachem, développer un sujet dont nous parlons très souvent dans notre filière, qui est en réalité le sujet de la Gueoula de Am Israël, la délivrance du peuple d'Israël. Nous allons voir que cette délivrance se développe d'une certaine manière, qu'elle a un sens. On peut lui donner un sens presque palpable, presque physique.
Autrement dit, la Gueoula d'Israël est un processus qui vient du bas vers le haut. De la même manière que le monde fut créé à partir de la partie la plus éloignée du divin pour revenir vers le divin, nous pouvons parler de Gueoula comme d'un processus de techouva, de retour et de réponse, qui fait en sorte que l'humanité toute entière, le monde tout entier, l'univers tout entier tend à revenir vers sa source. Le monde entier est donc dans un processus de techouva qui, dans son aboutissement, va arriver à ce degré que nous appelons la Gueoula de Am Israël.
La Gueoula de Am Israël est donc le sujet le plus important que nous ayons dans le judaïsme, c'est-à-dire que le monde fut créé pour cette Gueoula. Malheureusement, nous ne comprenons pas souvent ce que représente ce terme de Gueoula, et nous avons l'impression que la Gueoula est une délivrance qui, parachutée du ciel, nous arrive sans aucune donnée. Il n'en est pas ainsi. Le sujet de la Gueoula est primordial dans le peuple d'Israël, et les textes nous disent clairement que le souffle de Melech HaMachiah planait sur les eaux dès la création du monde.
Je vous propose aujourd'hui de commencer par la Guemara de Sanhedrin, à la page 38. Cette Guemara nous donne une expression, Zrikat Neshama. Zrikat Neshama ne veut pas dire « lancer une âme », comme on pourrait le croire en hébreu, mais « injecter ». L'injection d'âme, une zrika d'âme, va permettre de comprendre ce qui se passe pour la simple et bonne raison qu'Israël est appelé Adam, et que ce qu'Adam va vivre de manière privée et individuelle, c'est ce qui va faire résonance sur tout le peuple d'Israël lors de sa délivrance.
Nous allons donc regarder ce qui s'est passé avec le premier homme. Et de la leçon qui s'est passée chez le premier homme, nous allons développer tout le sujet. Il y aura des hachlachot, des répercussions, sur la Gueoula de Am Israël, dont nous allons développer le sujet maintenant.
Ce que nous venons de dire, c'est que le processus de la création du monde présente des points communs avec la délivrance d'Israël, et la délivrance du monde entier, spécifiquement dans le plan divin, qui est posé dans son fondement même.
Et là nous avons tout de suite la clé: c'est l'apparition de la matière, l'apparition du monde matériel, qui précède l'apparition du monde spirituel, donc de la forme. Ce que les Hachamim appellent Tsoura, la forme, veut dire qu'en réalité chaque chose a une matière. C'est la clé de base, le point de départ sur lequel nous devons nous développer. Donner une forme à cette matière équivaut à dire vivre ce degré-là comme il se doit. Donc, à chaque fois que je donne une forme à mon âme, c'est que je la vis, je la véhicule dans ma vie, et ça, c'est sa forme. Sa forme, c'est-à-dire lui donner le but pour lequel elle est venue sur terre.
La clé de la Gueoula, c'est que la matière apparaît avant l'esprit. Toujours. Il n'est pas concevable de limiter un enfant de deux ou trois ans dans son jeu. Il est obligé de jouer, il est obligé de s'occuper de choses matérielles qui construisent son environnement, sa qualité de construction et d'imaginaire, la partie imaginative, savoir combiner des choses. On ne peut pas annuler ça chez l'enfant
sous prétexte qu'il faut lui enseigner dès cet âge-là des informations, une Torah très profonde ou des informations spirituelles très profondes qui, en réalité, n'ont pas de rapport avec sa vie. Il faut donc développer volontairement son côté matériel, c'est-à-dire lui donner la capacité de développer spécifiquement cette partie-là, la partie très matérielle, pour permettre ensuite que la partie esprit vienne.
Nous allons donc donner un sens à ce développement. Il s'appelle, dans le langage de nos sages, un développement de la Gueoula, de la délivrance d'Israël, qui vient du bas vers le haut: de la matière, qui accède tout doucement à l'esprit. On peut dire autrement que la délivrance d'Israël, c'est en réalité l'extériorité du départ, qui prend forme dans son retour vers l'intériorité, vers l'essence.
Oui. La question est bonne: pourquoi c'est du bas vers le haut et pas du haut vers le bas ? Parce que l'injection est effectivement du haut vers le bas, mais le dévoilement se fait toujours du bas vers le haut. Un exemple très simple: si je remplis ce verre d'eau, je verse l'eau du haut vers le bas, mais le verre se remplit, lui, du bas vers le haut. Autrement dit, l'action divine est effectivement du haut vers le bas. Bien entendu, toutes ces formes haut-bas ne sont pas réelles, ce sont des images. Mais Dieu intervient depuis son degré vers le monde, c'est au niveau de la création du monde. Le dévoilement même des choses est obligé de passer par le choix de l'homme.
Par l'association de l'homme, et donc ça s'appelle un trajet qui va du bas vers le haut. C'est l'homme qui s'investit, c'est l'homme qui choisit, c'est l'homme qui, par son libre arbitre, commence à faire son travail, et son travail sera de dévoiler ce qui est en lui. C'est un travail qui vient du bas vers le haut. Nous allons d'ailleurs voir tout de suite un exemple. Lorsque Dieu a créé le monde, il a créé d'abord la matière: la terre, Haaretz. Ensuite vient l'apparition de l'eau, Mayim. Puis vient le Tsomeah, le végétal. Vous voyez l'évolution ? Cela vient de la matière et monte au fur et à mesure. Après le végétal, nous arrivons au 'Haya, c'est-à-dire les animaux. Et en fin de compte, en fin de parcours, apparaît l'homme. Ce cheminement, déjà là,
Mais attention: la découverte de
Au contraire, je touche ce sens profond, mais je le dévoile extérieurement. C'est-à-dire que plus j'avance dans mon processus de délivrance, qu'il soit privé et individuel, ou qu'il concerne le peuple tout entier, plus je fais sortir de moi une partie de plus en plus cachée, de plus en plus intérieure, de plus en plus camouflée, peut-être oubliée. Par mon travail, je tente de la découvrir, de la redécouvrir, en allant au plus profond de moi. Mais c'est toujours pour la ressortir vers l'extérieur. Car le but n'est pas de revenir à l'intérieur de mon sens profond et d'y rester, fermé. C'est de dévoiler, d'extérioriser, d'exprimer, de sortir de plus en plus de parties intérieures, cachées, secrètes, profondes, intimes, d'essence et d'identité la plus profonde.
Lorsqu'on parle, par exemple, de la sortie d'Égypte, qui est un processus de délivrance, on retrouve ce même trajet. La trajectoire va toujours du monde extérieur vers le monde intérieur, jusqu'à ce que la sortie d'Égypte soit en réalité l'aboutissement, …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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Cycle numéroté d'études sur la Gueoula donné au Mahon Meir.
- 1
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