La morale naturelle et la pesanteur du péché
Pourquoi la morale naturelle s'épuise sans la Torah, et comment la faute du public alourdit l'élan des justes.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le passage Vav 1 et la morale universelle, 45 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors, comme je le disais tout à l'heure à David, je suis actuellement à Netanya. J'étais ce matin à Sdérot, dans une circoncision, et j'ai posé comme condition à ma participation que je puisse diffuser. Je suis là, dans l'appartement des heureux parents, à quelques minutes de la synagogue où s'est faite la circoncision.
Vous avez donc tous les secrets ouverts, et merci de nous retrouver. Merci beaucoup. Que le peuple d'Israël se retrouve également dans un bon mazal. Je ne sais pas.
En tout cas, Chavouot tov à tous, merci beaucoup. Bon, nous allons donc revenir à notre sujet central, qui est Orot HaTechouva. Nous sommes en plein chapitre 23 et nous sommes arrivés au paragraphe, au passage « guillemets ». Il s'agit ici de l'influence de la techouva sur l'état des esprits. Là, vous avez quelque chose de relativement évident, mais ça demande quand même une certaine analyse.
Comme la techouva est nécessaire et digne, elle illumine l'horizon de la vie tout entière. C'est-à-dire que la vie peut être vécue de manière étroite, étriquée, ou de manière large. Plus on fait techouva, plus on élargit l'horizon de la vie.
Les tuyaux, pourrait-on dire, les conduites spirituelles, sont obscurcis, sont obturés à cause des péchés de l'homme. D'abord, traduisons: la soif de divinité et tous ses ustensiles, qui sont les lumières de la morale pratique, et... est, comment dirais-je, caractériel de l'essence de l'être, est en déperdition. Elle essaye de s'agiter, d'avoir un mouvement de vie, et retombe.
Alors, de quoi s'agit-il ? Les sources de la morale sont nombreuses. Il y a ce qu'on appelle, entre autres chez les philosophes, la morale naturelle. Il y a une morale qui est illuminée par la Torah, mais il y a également ce qu'on appelle la morale naturelle. Souvent, les religieux ont un certain mépris pour la morale naturelle, ce qui est une erreur. Les Hakhamim nous ont enseigné que la morale naturelle, c'est-à-dire ce qu'on appelle Adam, est antérieure à l'apparition de la Torah. Historiquement, c'est la préhistoire, c'est-à-dire avant que la Torah soit donnée.
Le monde était conduit, dirigé par ce qu'on appelle la morale naturelle. Et sans cette morale naturelle, la Torah n'aurait pas pu être donnée. C'est le grand principe: pour que la Torah soit bénéfique, il faut d'abord qu'il y ait un certain préalable de moralité. S'il n'y a pas de préalable de moralité à la réception de la Torah, non seulement la Torah n'est pas efficace, mais elle fait du mal. C'est ce que dit la Guemara:
si l'on a mérité, la Torah devient un baume de vie, tandis que si on n'a pas mérité, la Torah devient un poison. Donc, il faut avoir mérité avant de recevoir la Torah. Comment a-t-on mérité ? On a mérité d'abord par la morale naturelle. La morale naturelle est donc évidemment un préalable nécessaire à la réception de la Torah. C'est vrai.
Cependant, nous dit le Rav Kook, il y a un moment où la morale naturelle se fatigue. Elle a besoin d'être relayée également par la Torah. Il faut toujours compter avec la morale naturelle, mais il faut également un surplus d'énergie, et ce surplus d'énergie nous est souvent donné par la Torah. C'est ce que dit ici le Rav Kook quand il dit que la morale naturelle, caractérielle, fait un élan de vie et retombe: c'est la suite du péché.
Je prends ici le texte d'Orot HaTechouva, que j'aurais bien aimé avoir sur l'écran, mais que je n'ai pas. Ah, voilà, ça y est, c'est arrivé. Je reviens à la deuxième ligne: la soif de divinité, ainsi que tous ses ustensiles. C'est quoi, les ustensiles ? C'est quoi, les outils de la soif de Dieu ?
Ce sont les lumières de la morale pratique, qui touche au caractère, à l'essence de l'être. Ça veut dire « est en affaiblissement ». Elle entreprend un mouvement de vie, mais cette morale retombe.
Alors, qu'est-ce qui fait que la morale naturelle n'a pas la force, qu'elle s'épuise, qu'elle tombe ? C'est très simple: parce que la boue, c'est-à-dire la boue épaisse de la souillure des péchés, s'appesantit sur elle, sur la morale naturelle.
C'est-à-dire que la morale naturelle, c'est bien tant qu'on n'a pas péché. Mais une fois qu'on a péché, il y a une sorte de pesanteur qui fait qu'on n'arrive pas à prendre son vol. Ce ne sont pas seulement les péchés de l'homme individuel, mais encore plus le péché de la société. Parfois, je peux, moi qui suis un sadique, essayer de prendre mon vol, de prendre mon élan, mais il y a une sorte de pesanteur qui vient du péché du public, qui m'empêche de prendre mon envol. Les quelques élus qui espèrent la lumière de Dieu souffrent à cause du péché de l'ensemble du public.
Il y a chez les êtres d'exception une sensation intuitive de l'état du monde. Et quand le monde est en état de bassesse, ceux qui ont la soif de la divinité, qui ont une soif d'idéal, ressentent la lourdeur, la pesanteur des péchés du public. Leur amour de la collectivité est puissant à l'infini. Qu'est-ce que vous en direz, ?
Parfois, il y a des hommes d'exception qui ont des aspirations spirituelles, et quand ils voient l'état de la société en décadence, ils prennent la fuite, ils fuient la société et se retournent uniquement vers leur monde intérieur. Ce ne sont pas de vrais tsadikim. Les vrais tsadikim sont ceux qui non seulement souffrent de l'état du monde, mais sont pleins, remplis d'amour pour le monde.
L'essence du bien qui est dans leur âme aspire précisément au bien du clal, au bien collectif, et pas seulement à leur bien personnel. Or, le clal, quand ils sont attirés par lui, risque de les souiller à cause des péchés qui y sont attachés.
Vous savez, le prophète Jérémie aimait son peuple, il n'y a aucun doute là-dessus. On n'a qu'à voir, dans le livre de Jérémie, les expressions d'élan, d'amour très fort du prophète pour son peuple. D'un autre côté, il dit: « Puissé-je être dans le désert, dans un caravansérail, et que je quitte mon peuple, que je m'en aille de chez eux, parce qu'ils sont tous dans la débauche, une assemblée de traîtres. » Maïmonide explique que ce que disait le prophète, ce n'était pas qu'il avait l'amour de la solitude, mais qu'il avait peur d'être souillé par la multitude. C'est-à-dire qu'il arrive parfois que même le grand sadik sent que s'il est en contact avec une société corrompue, cela peut le corrompre lui aussi.
Mais les vrais tsadikim sont prêts à souffrir volontiers toutes les obscurités, toutes les souffrances matérielles et spirituelles, si ce n'est que pour arriver à leur but:
comprendre et faire du bien, rendre abondant le bien et la lumière de la sainteté, ouvrir une voie bien pavée pour la lumière de Dieu et Sa grâce, qui puisse s'introduire directement en tout cœur et tout esprit,
afin que tous puissent jouir de la bonté divine et que tous se réjouissent de ces créatures. Autrement dit, les tsadikim peuvent parfois souffrir du fait qu'ils sont …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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