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Pourquoi Moché est absent de la paracha Tetsavé

Trois explications classiques de l'absence de Moché dans Tetsavé, et ce que dit le Talmud de Roch Hachana sur sa présence voilée.

1 h 11

Rav Élie Kling

Ensuite : Tetsavé : kohen et navi, deux directions d'Israël, 6 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On va commencer tout de suite ce cours. Erev tov à tous, erev tov à tous. On se retrouve ce soir avec et avec un cours du Rav Élie Kling intitulé « Mais où est donc passé Moshé ? ». Profitez bien, on lance tout de suite le cours. Et « Où est donc passé Moshé ? » tombe bien avec la paracha de Tetsavé, qu'on a vue hier. Comme vous le savez, Tetsavé est la paracha où Moshé ne se trouve pas. C'est la seule paracha où Moshé n'apparaît pas.

Enfin, je veux dire, depuis sa naissance, évidemment. Depuis la paracha de Chemot jusqu'à la dernière paracha de la Torah, Moshé est présent dans chaque paracha, sauf dans celle-ci, dans Tetsavé. Les raisons pour lesquelles il n'apparaît pas dans Tetsavé sont nombreuses. Moi, j'en connais trois. La première, je crois que c'est celle du Gaon de Vilna, qui dit que, en général, Tetsavé se trouve dans la semaine du 7 Adar, et le 7 Adar est le jour de la disparition de Moshé Rabbeinu. Ce serait donc une sorte d'allusion: puisque, dans cette semaine, il s'en va, il disparaît, il disparaît également de la paracha. Ça, c'est une explication.

Une deuxième explication, classique également, consiste à dire que, dans la paracha du Buisson ardent, Moshé a osé dire: « Envoie donc quelqu'un d'autre, fais-moi plaisir. » Même si, finalement, Dieu l'a choisi lui et pas quelqu'un d'autre, comme il l'a dit, et que la parole d'un prophète de la stature de Moshé Rabbeinu laisse toujours une trace, il a été choisi pour être le sauveur d'Israël, comme Dieu l'avait prévu, mais sans doute aurait-il dû être également le Cohen, d'après le plan divin initial. Comme il a dit « prends quelqu'un d'autre », eh bien, on va prendre quelqu'un d'autre. Et comme la paracha de Tetsavé est justement celle où les Cohanim sont nommés, c'est dans cette paracha que, symboliquement, il ne se trouve pas, puisque Dieu prend quelqu'un d'autre.

La troisième explication, c'est de dire qu'à la faute du Veau d'or, Moshé a dit: « Non, non, non, mais si tu veux, efface-moi… » Vous savez que Dieu lui a proposé un plan B, puisque ça ne marche apparemment pas avec ce peuple, qui est capable de tout. On va tout recommencer, on va tout effacer, on détruit le peuple juif une fois pour toutes et on repart de toi. Là-dessus, Moshé répond: il n'en est pas question, je ne marche pas dans ton histoire; si c'est comme ça, je préfère être effacé de ton livre. Évidemment, c'était conditionnel: au cas où tu détruis le peuple, efface-moi.

Mais, de nouveau, comme c'est quelqu'un de la stature de Moshé qui parle, même lorsque son langage est conditionnel, puisqu'il a dit « efface-moi de ton livre », il en reste quelque chose, une trace. Du livre, il n'a bien sûr pas été effacé, mais il a été effacé d'une paracha: la paracha juste avant celle du Veau d'or, c'est la paracha de Tetsavé. Voilà ce qu'on dit d'habitude. Peut-être connaissez-vous d'autres réponses, mais c'est ce qu'on dit d'habitude pour expliquer pourquoi Moshé ne se trouve pas dans la paracha.

Il ne se trouve pas dans la paracha, mais il se trouve quand même dans la Torah, on est bien d'accord. On ne parle pratiquement que de lui, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, on sait tout de lui. Et même dans la paracha de Tetsavé, son nom ne se trouve pas. Mais son esprit plane au-dessus de la paracha, puisque le premier mot de la paracha, c'est Vehata, « et toi, tu ordonneras ». Qui est ce « toi » ? C'est Moshé, évidemment. Donc c'est une erreur de penser qu'il n'existe pas dans la paracha. Il existe !

Il n'est pas appelé par son nom, comme on le fait d'habitude, mais il existe quand même. La question que le Talmud pose dans le traité Houlin et qui va apparaître tout de suite sur vos écrans, j'espère, est une question pour le moins incongrue. Attendez, on voit quelque chose là ? Oui, évidemment on voit quelque chose. Le Talmud nous a habitués aux questions un peu spéciales, un peu bizarres, pas très claires.

Mais là, pour le coup, c'est une question très curieuse, puisque ce que dit le texte, regardez avec moi: Moché min haTorah minayin. Cette question prend quatre mots, ce qui signifie: « Où donc ai-je une allusion à Moshé dans la Torah ? » Il faut le faire, pour poser une question comme ça. « Où donc ai-je une allusion à Moshé dans la Torah ? »

Une question qui appelle évidemment une réponse évidente. Je ne sais pas, et Moshé, par exemple. On raconte une histoire dans le monde des yeshivot. Les élèves des yeshivot aiment, à leur tour, proposer des hidouchim, des choses nouvelles que personne n'a découvertes avant eux. On appelle déjà mahalakh, dans la Guemara, une bonne question suivie d'une bonne réponse.

On raconte qu'un jour un élève est allé voir son maître, son rosh yeshiva, et lui a dit: « Écoute, j'ai un mahalakh nouveau dans la Guemara. » Évidemment, le maître lui a dit: « Vas-y, c'est quoi la question ? » L'élève explique la question au rav, qui l'entend et lui dit: « Bon, et c'est quoi la réponse ? » L'élève donne la réponse. Une fois la réponse donnée, le rosh yeshiva lui dit: « Très bien, alors, quelle est la question ? »

L'élève lui dit: « Mais enfin, Khoda Rav, il y a à peine deux minutes, je vous ai donné la question. » « Ce n'est pas grave, donne-la encore une fois. » Il donne encore une fois la question. Le rav le regarde et dit: « Bon, alors, quelle est la réponse ? » L'élève: « Khoda Rav, je vous ai donné la réponse il y a moins de deux minutes. » « Ce n'est pas grave, donne-la encore une fois. » Il la donne. Là, le rav lui demande: « Mais quelle est la question ? » Et l'élève, excédé: « Khoda Rav, ne vous moquez pas de moi, je vous ai donné la question, je vous ai donné la réponse, pourquoi me posez-vous dix fois la question, quelle est la question, quelle est la réponse ? »

Le rav lui répond: dans un mahalakh, où il y a normalement une question et une réponse, quelquefois la question n'est pas terrible, vous voyez ? Mais le mahalakh vaut quand même la peine d'être dit, parce que la réponse est formidable. Pour cette réponse-là, ça valait la peine d'écouter une question, même si elle était un petit peu bancale. Et puis quelquefois, c'est le contraire: la question est très, très bonne, mais la réponse pas terrible. Ce n'est pas grave, parce que la question est tellement belle que le mahalakh entier vaut la peine, rien que pour la question, même si la réponse n'est pas terrible.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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