Le premier congrès sioniste de Bâle et la naissance du sionisme
Herzl, Pinsker et Rav Kook : comment l'idée d'un foyer juif est devenue un projet à la fois politique, porteur de sens et concret.
Orot veKelim
Ensuite : Eloul, chercher son véritable rôle dans le monde - Rav Yoel Benharrouche, 58 min
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David, merci de nous avoir rejoints sur la chaîne d'Orot veKelim. Merci d'avoir pris le temps en plein mois d'août, qui est un mois très chargé pour vous, mais on va en reparler tout de suite. Cette semaine, on va fêter quelque chose qui n'est pas commun quand même: un événement qui a été le big bang des Juifs dans cette partie de l'histoire. C'est le premier congrès sioniste mondial. Mais avant de rentrer dans le texte, David, j'aimerais vous présenter un petit peu, parce que certains de nos auditeurs, très peu, j'en suis sûr, ne vous connaissent pas encore.
Notre invité est né en 1965 dans la région parisienne, a grandi dans un cadre éducatif engagé, notamment chez les Éclaireurs israélites de France, les EIF. À 18 ans, après son baccalauréat, David a fait son alyah et a rejoint Israël, où il a fait son service militaire. Vous me confirmez, si je me trompe, vous me coupez, puisque là, tout va bien. Il a étudié six années à la yeshiva, en obtenant parallèlement un diplôme d'enseignement en Bible et en Talmud. Ensuite, il s'est énormément investi dans l'enseignement aux nouveaux immigrants d'ex-URSS, avant de participer à la création de la yeshiva d'Har Bracha. J'ai été très, très surpris de ça, parce que la yeshiva d'Har Bracha, aujourd'hui, c'est une institution: la yeshiva Tesder, la yeshiva militaire, avec le Rav Melamed, Eliezer.
Exactement. Ensuite, votre parcours vous mène au journalisme radiophonique, à la recherche universitaire, jusqu'à une mission de deux ans pour le KKL. Ce sera l'occasion pour nous de parler du KKL dans cette vidéo. Après des études de droit à l'université hébraïque de Jérusalem, vous avez finalement choisi de suivre votre véritable vocation, j'allais dire celle de guider. Vous êtes diplômé du ministère du tourisme. C'est un métier qui vous permet de transmettre l'histoire. En fait, c'est un peu tout le résumé de votre vie: c'est de l'histoire, de la Torah, de l'information. Enfin bref, extraordinaire. Moi, j'adore les parcours comme les vôtres, parce que vous êtes des gens passionnants. C'est sur le terrain, c'est ça qui est bien. Exactement. Ce n'est pas que de la parole, et ça, moi, j'aime bien.
Vous êtes aussi auteur de très nombreux ouvrages, et je pense qu'il va falloir qu'on en parle un petit peu, parce qu'on y retrouve en quelque sorte ce que vous avez vécu, votre vie, vos réflexions, etc. J'ai ici trois livres que vous avez écrits, je vais vous les montrer tout de suite. Voilà, ce sont trois livres que vous avez écrits. Je préviens nos téléspectateurs et téléspectatrices que vous retrouverez, en attachant le lien, de quoi acheter les livres de M. Shapira, en description: Bedrat Hachem. Mais avant de commencer, j'aimerais vous laisser la parole, David, pour vous présenter vous-même. Moi, je présente, j'ai des informations que je prends et que je mets dans un texte. Mais en général, quand les gens se présentent eux-mêmes, ils amènent des choses que moi, je n'aurais jamais pu trouver sur Internet ou dans ce que je sais de vous.
David Shapira: C'est très délicat, parce que vous savez que le Talmud dit qu'un boulanger ne peut pas apporter un témoignage sur sa pâte, la pâte qu'il fait. C'est très difficile de se juger objectivement. J'ai toujours essayé d'être un Juif honnête. J'aime bien toujours raconter que j'adore pouvoir me regarder dans une glace le matin, dans un miroir, en train de me laver les dents, et ne pas avoir honte. Alors, on a un petit problème de réseau. J'espère que ce n'est pas de ma part. Est-ce que vous m'entendez, les amis ? Vous êtes en direct. Est-ce que vous m'entendez ? C'est les aléas du direct.
Oui, je disais que j'étais un Juif qui essayait de pouvoir se regarder le matin, quand je me brosse les dents devant un miroir, sans avoir honte du bilan de ce qu'on a fait. Encore une fois, je disais aussi que c'est très difficile de se juger soi-même. J'ai essayé de suivre un parcours honnête. Ce qui m'a amené surtout en Israël, puisqu'on va parler ce soir du sionisme, c'est le fait que toute ma famille d'origine ashkénaze, qui avait été décimée pendant la guerre, l'avait été en grande partie
grâce au concours de policiers français. Je me disais que ce n'est pas normal qu'après 19 siècles, 20 siècles, nous ayons réussi à construire un pays. Et pourquoi les Juifs restent-ils encore en diaspora ? Et qui nous assure, encore une fois, que la France, un jour, pour dire ici dans un sens historique, ne se retournera pas contre nous, les Juifs, parce qu'il y aura une défaite, une crise économique ou autre chose ? Donc, je n'avais plus confiance, en fait.
Alors, justement, parlons de la France. On va parler d'un événement qui a tout changé, j'allais dire presque: l'affaire Dreyfus. Je remonte au sionisme à travers la personne qui a incarné ce sionisme dans ses débuts et qui continue encore aujourd'hui de l'influencer, c'est bien sûr, vous l'aurez reconnu tous, j'imagine, Théodore Herzl, ici au premier congrès sioniste mondial. Théodore Herzl, je vous fais un petit résumé, vous me direz si je me trompe. Théodore Herzl voit l'affaire Dreyfus, comprend que les Juifs n'ont pas d'avenir en Europe, qu'il leur
faut une terre d'accueil pour survivre, parce qu'ils sentent que les choses peuvent tourner très, très mal. Et lui tout seul va décider, il y a 128 ans maintenant, d'envoyer des lettres à des dizaines de représentants de communautés, de rabbins, de formations juives, d'intellectuels juifs, et de les inviter à ce premier congrès sioniste mondial. Moi, j'ai déjà une question qui me saute à la tête: comment une personne individuelle peut-elle imaginer changer autant le monde ?
Bon, David, vous êtes le produit ou le fruit de choses qu'on vous a racontées, qui ne sont pas tout à fait inexactes, mais qui ne sont pas tout à fait précises. On est là pour ça. D'abord, il faut reprendre très rapidement, je ne vais pas faire un cours d'histoire, on n'est pas là pour ça, mais il faut reprendre les événements un petit peu avant. Quand je dis un petit peu avant, je parle de l'année 1881, donc 14 ans, même 16 ans avant le premier congrès sioniste, avec l'assassinat du tsar Alexandre II, qui a eu pour conséquence un déferlement de pogroms dans le sud de la Russie, des pogroms très célèbres en 1981 et 1982, qu'on a appelés les « tempêtes du désert ».
Dans le judaïsme russe, il y avait une petite partie, ce n'était pas la majorité, loin de là, de Juifs qui désiraient être émancipés, donc russophones évidemment, qui désiraient être émancipés comme l'avaient été les Juifs de France en 1791, et qui espéraient que les Juifs pourraient s'intégrer dans la société russe. Mais à la place de cela, ils sont témoins de pogroms terrifiants, qui sont aussi cautionnés et aussi incités par le ministère de l'Intérieur, et par la police du tsar qui participe, qui encourage les habitants à se ruer dans les quartiers juifs.
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