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Haine gratuite, montée au mont du Temple et deuil de Ticha BeAv

Comment vivre la haine gratuite aujourd'hui, la montée au mont du Temple et la place de la guerre.

45 min

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Ensuite : Temoignage du Père de Eliav Abitbol , monsieur Marc Abitbol, 23 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Marc, c'est très difficile. Ce qu'il a dit est ce qu'il faut dire, mais moi, je ne peux pas le dire, parce que je ne suis pas à ce niveau-là. Puisque Marc a dit quelques mots, j'aimerais rappeler ses parents. J'ai connu ses parents lorsque j'étais jeune, dans une colonie ou une organisation qu'ils avaient organisée. C'est déjà là-bas qu'on a pu voir cette grandeur, cette capacité de penser pour autrui. Et c'est véritablement ce qu'on voit chez des jeunes comme son petit-fils.

Nous savons que notre génération, c'est vraiment le tikoun de Sinat Hinam. Alors, pour votre question, je vais dire à nos élèves, si ce n'est de les bénir, d'être conscients que lorsqu'on va à l'armée, on est à chaque instant en train de servir Hachem. Parce qu'on sert Hachem lorsqu'on étudie la Torah dans la yeshiva, mais on sert aussi Hachem lorsqu'on va travailler et que l'on développe l'économie de notre pays. C'est en hérétisme, bien entendu. Et on sert Hachem lorsqu'on sert dans l'armée et qu'on défend le pays.

Je suis allé voir un de nos élèves il y a quelques jours, qui a été blessé. Baroukh Hachem, il va mieux. Ce jeune homme est un Guer Tsedek, c'est-à-dire quelqu'un qui était entièrement non juif. Dans sa famille, il s'est converti. Il est monté en Israël, il a étudié à la yeshiva et il est allé à l'armée. Alors je lui dis: tu sais, je dois te dire une seule chose, merci. Parce que c'est grâce à toi.

Et grâce à Eliab et grâce à tous ces jeunes extraordinaires, nous pouvons rigoler, nous pouvons étudier, nous pouvons vivre. C'est quelque chose de très important à comprendre. Souvent, on pose la question: quelle est la récompense de ces jeunes qui sont partis si jeunes ? Bien entendu, le Olam Aba qu'ils ont est incomparable, mais cela, nous ne pouvons pas le comprendre. Il y a qu'un homme qui vit pour quelque chose. Et quelqu'un qui a vécu pour quelque chose, et que cette chose continue, c'est ce qu'a dit Marc tout à l'heure: c'est grâce à ce qu'ils ont fait que nous existons.

Grâce à ce qu'ils ont fait, l'État d'Israël existe, continue et perdure. Quelque part, c'est la continuation de leur être.

Merci, Raph. On va tout de suite passer aux questions qu'on a reçues. David, tu peux y aller.

Sinat Hinam, la haine gratuite, a causé la destruction du Temple. Que nous dit cette idée sur notre responsabilité collective dans le destin du peuple juif aujourd'hui, en 2025 ? Sommes-nous capables d'identifier les formes contemporaines de cette haine, parfois déguisées en idéologie, en orgueil ou en exclusion religieuse ou politique ? Quel travail accomplir dans notre société ?

Oui, question bien compliquée. Eh bien, on va essayer d'y répondre. On a déjà dit... Et Yav et tous ses soldats sont un signe de ce qu'est Ahavat Hinam. C'est quelque chose d'exceptionnel, et nous avons la chance d'être dans la génération de Ahavat Hinam.

Je sais qu'on a beaucoup, beaucoup de machloukot. On a beaucoup de discorde. On a une discorde avec le monde orthodoxe qui ne participe pas à l'armée. On a un discours avec le monde plutôt de gauche, qui a une idéologie très, très loin de la nôtre, qui ne respecte pas le Chabbat, des choses tout à fait essentielles de notre être juif. Notre travail, dans ce moment-là, c'est de ne pas avoir de colère et de haine envers ceux qui sont si différents de nous.

Ça ne veut pas dire que nous allons changer notre idéologie, bien entendu. Nous allons continuer à être respectueux de la Torah et des mitsvot, et être respectueux, parmi les mitsvot, de celles qui défendent notre pays, mais en comprenant qu'il y a des gens qui sont différents. Il faut essayer de les comprendre. Je pense maintenant à un jeune orthodoxe qui va peut-être être appelé à l'armée alors qu'il ne le voulait pas, peut-être être appelé par la police. Qu'est-ce qu'il va ressentir ? Il n'a pas été éduqué comme nous avons été éduqués. Alors, est-ce qu'on a empathia ? Comment dit-on en français ? Empathie. Ils ne l'ont pas bien mérité, on ne peut pas dire ça.

Nous devons tout faire pour expliquer notre position, mais ne pas tomber dans la haine de celui qui est différent. Et de l'autre côté, le côté de gauche, qui n'a pas toujours compris que l'État d'Israël n'est pas une création de soixante-dix et quelques années, mais que l'État d'Israël, c'est la suite de ce que le Saint béni soit-Il a promis à Abraham, Isaac et Jacob. C'est la suite de l'accomplissement du Sinaï.

Maintenant, on ne peut pas amener les hommes à comprendre cela par la force. La force, les lois de contrainte religieuse ne peuvent pas aider. La seule chose qui peut marcher, c'est de croire d'abord. Combien ces gens sont des gens bien, à leur manière ! Ils veulent sauver le peuple juif. Ils ont une idée de comment il faut le faire, tout comme les Haïtiens ont une idée de comment il faut le faire. Ils pensent que cela passerait en étudiant uniquement la Torah. Ils pensent qu'en faisant une démocratie, en respectant le droit des minorités, je ne sais quoi, on y arrive. Eh bien, nous devons comprendre que ce n'est pas de la haine. C'est une autre conception. Elle n'est pas juste, mais nous devons comprendre que ce ne sont pas des gens mauvais. C'est très important de comprendre cela.

Parce que si dans notre cœur on aime, on aura peut-être la possibilité de faire des changements. D'abord, il y a des changements. Celui qui ne voit pas, c'est très difficile de ne pas le voir. Cet État qui a été créé à 17 ans, il y a eu de grands changements. Il est beaucoup plus proche de la Torah et des mitsvot qu'il ne l'était. Et lorsque l'État d'Israël a été créé, comme bien dit Shiva Otesder, il y avait zéro. Cette compréhension que quelqu'un qui étudie la Torah doit aussi servir le pays était une compréhension qui n'existait pas. Elle existe aujourd'hui.

Mon grand-père, Zechad Sadik Libraha, mon grand-père Emmanuel Goni, a été éduqué dans une yeshiva en Lituanie, où la Torah était très importante, mais la montée en Israël, pas du tout. Il a fait ce changement, et d'autres feront le changement aussi. D'autres ont déjà fait le changement, et d'autres le feront. Mais nous devons comprendre que ces gens, de l'un ou de l'autre côté, sont des gens de bonne volonté.

C'est très, très important de sentir cela, parce qu'on ne pourra créer de changement que s'ils ne sentent pas de haine de notre côté. Voilà pour répondre à votre question.

Merci Rav. On continue avec une seconde question qui nous a été posée.

Le Temple est-il un bâtiment ou une conscience ? Le Migdache n'est-il qu'un vieux physique, ou avant tout le reflet d'une conscience spirituelle et collective ? Que signifie vivre sans le Beth Hamikdach aujourd'hui ?

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