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Le seder de Bnei Brak dans la Haggadah

Cinq grands Sages réunis pour le seder, et ce que ce récit enseigne sur la Haggadah.

1 h 16

Rav Élie Kling

Ensuite : Les quatre fils de la Haggada et l'éducation, 1 h 25

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Khola Mabel et sa père a résumé Shouma, c'est-à-dire que le texte de la Haggada que nous avons sous les yeux n'est pas le texte exhaustif. C'est une indication, un squelette si vous voulez, autour duquel on peut construire ce que l'on veut. On peut ajouter des passages que l'on a soi-même réfléchis, ou des commentaires qu'on aurait glanés à droite et à gauche.

Et jusqu'à quand ? Il n'y a pas de limite. *Quand, plus on en dit, et mieux ça vaut.

Voilà donc ce qu'on nous apprend dans ce petit passage: trois halakhot. Mais évidemment, ces halakhot doivent avoir un makor, il faut bien que ce soit écrit quelque part. Et on vient de le dire: dans la Torah, ce n'est pas écrit. Il y est écrit qu'il faut enseigner à son enfant. Alors, d'où sait-on tout cela ? Eh bien, on ne sait pas. La seule chose qui prouve que c'est en effet le cas, c'est le maasé qu'on vient maintenant nous apporter.

Donc, la raison d'être de ce maasé n'est pas uniquement d'illustrer ce qui vient d'être dit. Il sert également au niveau halakhique: il y a tellement de tanaïm, tellement de talmidei chakhamim, de guedolei hador, en fait. C'est vrai, hein. La liste est impressionnante.

Donc, si tous ces gens-là étaient entre eux, et qu'ils se racontaient les uns aux autres la sortie d'Égypte, et que cela a duré toute la nuit, c'est bien la preuve que c'est comme ça qu'il faut faire. Ce serait donc la source, si vous voulez, puisqu'il n'y a pas de source réelle dans le texte, pas de verset, pour ce qui vient d'être annoncé.

Le maasé peut en effet servir, car c'est un principe de halakha connu: si tu vois des talmidei chakhamim, des guedolei hador se conduire d'une certaine manière, tu peux penser que c'est en effet ainsi que la halakha est, même s'il n'y a pas de verset.

Alors, ce maasé, voilà ce qu'il nous raconte. On va le lire ensemble, vous le connaissez par cœur, bien sûr: Maasé be-Rabbi Eliezer, Rabbi Yehoshoua, Rabbi Elazar ben Azaria, Rabbi Akiva, Rabbi Tarfon. Ils sont donc cinq personnalités très connues, qui vivaient évidemment en même temps, quoiqu'il s'agisse ici de trois générations différentes.

Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshoua sont les maîtres de la génération précédente. Ils sont encore en vie. D'après mes calculs, ils doivent avoir pas loin de 80 ans. Je vais tout de suite vous expliquer pourquoi, mais ce sont vraiment les représentants des générations passées.

Et puis vous avez Rabbi Elazar ben Azaria. Celui-là n'appartient pas seulement à la génération suivante, c'est même celle d'après: c'est le plus jeune des cinq.

Et puis vous avez Rabbi Akiva et Rabbi Tarfon, qui sont des élèves de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehoshoua. Rabbi Akiva a même un élève de son ami Rabbi Tarfon, puisqu'au début, quand il a commencé à faire techouva et à aller étudier, sur le tard, l'un de ses premiers maîtres était Rabbi Tarfon. Donc Rabbi Akiva et Rabbi Tarfon sont, si vous voulez, les maîtres actuels de la génération dont il s'agit. Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshoua sont ceux de la génération précédente, et Rabbi Elazar ben Azaria est le jeune de la génération suivante.

Ils étaient donc tous réunis ensemble à Bné Brak. Et là, déjà, on se dit: depuis quand, le soir du Seder, les plus grands de la génération se réunissent-ils pour faire un Seder ensemble ? C'est du gâchis. On ne fait pas ça. D'abord, Pessa'h est une fête familiale. On s'attend à ce que Rabbi Akiva soit avec sa femme et ses enfants, et les autres pareil, chacun chez soi, à la rigueur, comme cela se passe couramment.

Aujourd'hui également, on peut imaginer que les rabbanim fassent des zedarim avec leurs élèves, qu'on passe Pessa'h à la yeshiva, et que les femmes des rabbanim soient présentes aussi. C'est surtout pour les élèves, à ce moment-là, et ça, oui, cela peut se faire. Mais que cinq rabbanim parmi les plus grands d'Israël se réunissent pour faire un seder collectif, tous les cinq ensemble, cela on ne l'a jamais vu. On se demande où sont passées les familles. Est-ce que les familles étaient là ? Apparemment pas. Ou alors, vous vous rendez compte de la table ? Je ne sais pas.

Cela semble donc très curieux. Ce n'est pas ce qu'on a l'habitude de voir, ni maintenant, ni à l'époque. C'est très bizarre. En tout cas, ils étaient réunis à Bné Brak. Hayoum ve-Saprim bi-tsiat Mitsrayim kol ha-lilah: ils ont raconté la sortie d'Égypte, toute la nuit. Vraiment toute la nuit, ve-hayu mesaperim... jusqu'à ce que leurs élèves arrivent et leur disent: « Maîtres, rabotéinou, il est temps, yigia zman kriat chema shel chaharit ». Il fait déjà jour, c'est le moment de réciter le Chema du matin. Il faut arrêter un moment, il faut arrêter le scénario. Et ils se sont arrêtés à ce moment-là.

Au niveau du pchat, de ce que l'histoire vient nous raconter, elle nous montre que ce qu'on a dit précédemment est vrai. Ce sont des gens qui sont certainement des chakhamim, des leviim, des pekhim et des yodéi Torah, les sommités de la génération, et pourtant ils se racontent quand même la sortie d'Égypte entre eux. Et on voit bien que Kol hamarbeh lessaper...: cela dure, cela dure, jusqu'au petit matin.

Voilà à peu près ce que l'histoire nous dit. Mais une fois qu'elle nous a raconté cela, surtout qu'après, on passe à autre chose dans le texte de la Haggada, la question est de savoir: comment se fait-il que ce Seder se soit déroulé de cette manière-là ?

Et il y a des questions encore plus gênantes, à part ce mystérieux Seder qui réunirait tous les rabbanim de la génération. Il existe une autre problématique: parmi les cinq sages, il y en a un, Rabbi Eliezer, un des plus âgés, qui n'a pas l'habitude de sortir de chez lui pour les fêtes, comme le montre la petite histoire que vous avez sous les yeux.

Je ne sais pas si la vérité... c'est un petit peu petit, peut-être. Il y a une possibilité d'agrandir, tu crois, Léna ? Je ne sais pas. Bon, on va essayer d'agrandir. Mais sinon, regardez au numéro 3... non, au numéro 2. On va regarder le numéro 2: Tanu rabbanan maasé be-Rabbi Elaï.

Vous suivez avec moi ? Tanu rabbanan, maasé be-Rabbi Elaï. Un jour, Rabbi Elaï, qui était un élève de Rabbi Eliezer, chalah lekabel panim de son maître, Rabbi Eliezer, rabo be-Lod be-regel. C'est-à-dire qu'il voulait lui faire une surprise. Rabbi Elaï est allé rendre visite à son maître, Rabbi Eliezer, pendant Yom Tov. Ce n'est pas précisé quel Yom Tov c'était: Pessa'h, Souccot, Chavouot, je ne sais pas. En tout cas, il est allé le voir pendant Yom Tov.

Et il pensait réellement que son maître l'accueillerait à bras ouverts en lui disant: « Kol hakavod, franchement, c'est sympa de ta part d'avoir fait tout ce voyage pour venir me voir pendant la fête. » Et …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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