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Orot HaTechouva, partie 32

Pourquoi la techouva peut exiger de sauter des degrés, et comment remonter à la source de nos faiblesses.

47 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Orot HaTechouva, partie 33, 43 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Ouverture et annonce du texte

Shalom, bonjour à tout le monde. Quel plaisir. Shalom Yaakov. Shalom à tous. Shalom David Altar, s'il est là ou pas. En tout cas, nous allons continuer. Je pense qu'aucune raison de nous arrêter ne se présente. Nous allons donc foncer sur le Orot HaTechouva. Nous sommes au chapitre Yud Dalet, et nous en sommes au paragraphe Yud Zayin, 1.

Je ne sais pas s'il est imprimé dans votre version. Non, il n'est pas imprimé dans votre version, mais ce n'est pas grave, à moins qu'on ait déjà été plus loin. Non, je pense que ça va. Techouva... Hein ? Ce n'est pas techouva, c'est... Vous racontez n'importe quoi. On a déjà fait techouva, on a déjà fait... Et même Yud Zayin, je pense. Non, non, bien sûr. Simplement, dans mon édition, celle-là, il y a deux lignes et demie qui n'apparaissent pas dans votre édition, c'est tout.

Donc c'est Yud Zayin 1. Ce sont des ajouts tirés des manuscrits du Rav qui ont été publiés dans les éditions postérieures. Il est donc tout à fait normal que dans votre édition, qui doit venir de l'Internet, il n'y ait pas ces deux lignes et demie. Mais je vais le lire quand même. À mon avis, c'est important, ce texte du Rav. Vous vous rappelez que tout ce chapitre donne des conseils pratiques à des personnes qui rencontrent des difficultés pendant le processus de la techouva.

Lorsqu'on nous dit ici que le Rav Kook... d'habitude, pour améliorer son comportement, son caractère, ses midot, comme on dit, il faut aller selon un certain ordre. On ne peut pas sauter d'un degré à l'autre, ça peut être dangereux. Mais quand il s'agit de faire techouva, le Rav nous dit que ce n'est pas la peine de faire attention au degré. C'est ce qu'il nous dit ici: il n'est pas nécessaire d'être pointilleux dans la techouva pour la gradation, comme on est d'habitude pointilleux pour l'amélioration des actions. Parce que très souvent, il est nécessaire de faire un saut sur différents degrés afin de retrouver l'endroit où on était avant la chute.

Disons que cette idée du Rav, c'est que la techouva est un processus qui ne cesse jamais. Si on commence à un point qu'on peut appeler le point zéro, et qu'à cause de ses péchés on se retrouve par exemple au degré moins 15, alors il faut très rapidement revenir au degré zéro, et après continuer la techouva graduellement. Mais on ne peut pas exiger d'aller selon un certain ordre, parce que parfois il faut se sauver du mal.

Une fois que je vous ai lu ce texte, nous allons passer au texte qui est imprimé devant vous, le paragraphe Yud Dalet. Là, le Rav dit exactement le contraire de ce que je vous ai dit: il parle des dangers qu'il y a à aller très vite.

Dans tout niveau et dans toute appréhension du monde, il y a un trésor de sainteté. Ça veut dire quoi ? Prenons un exemple facile: la compréhension qu'un enfant a de la Torah. Évidemment, sa compréhension de la Torah est au niveau de son enfance, de sa puérilité. Mais en vérité, il se trompe pas mal. Est-ce que ce qu'il comprend, bien qu'étant infantile, n'a aucun sens ? Évidemment que si, ça a un sens. Il est évident que toute appréhension que nous avons du monde porte en elle un potentiel de sainteté, un contenu de sainteté qu'il ne faut pas mépriser. Donc, si vous voyez quelqu'un qui a une compréhension simple des choses, ne le méprisez pas. Il y a là quelque chose de sain qui se cache.

De même, dans les degrés les plus élevés sur le plan intellectuel, la pensée la plus abstraite, la plus noble, c'est en vérité une pensée exactement puérile de la même manière. Par rapport à l'entendement qu'ont les anges, par exemple, ou disons par rapport à la vérité absolue, même nos entendements les plus développés, ce sont des blagues.

Prenez un exemple au niveau de la science. Un des plus grands scientifiques de l'histoire, c'était le philosophe Aristote. Or toutes les théories physiques qu'il a développées ont été abolies par la suite. Est-ce que ça veut dire qu'Aristote était un imbécile ? Non, pas du tout. Aristote était un très grand penseur. Un très grand penseur, mais par rapport à la vérité, ce qu'il dit est très bête. C'est la même chose: toutes nos compréhensions actuelles, aussi bien sur le plan scientifique que philosophique ou moral, de la réalité, par rapport à la vérité, sont également très basses. Et pourtant, il ne faut pas mépriser nos entendements. Nous devons comprendre que dans notre entendement, il y a un contenu de sainteté.

Je reprends ici ce que dit le Rav, une fois qu'il nous a consolés: dans tout entendement, dans tout niveau, dans toute appréhension du monde, il y a un trésor de sainteté. Et lorsqu'un homme s'élance trop vite et s'envole rapidement, plus que son niveau, c'est alors qu'il se vide du contenu de sainteté des niveaux inférieurs. Il ne peut pas arriver au niveau supérieur, qui est trop spirituel pour lui.

Vous vous rendrez compte que c'est un peu quelqu'un qui aurait sauté d'une falaise pour arriver à l'autre falaise. Pour l'instant, il est dans l'air. Et donc c'est dangereux. C'est-à-dire qu'on a quitté un certain niveau que l'on considère comme trop bas et qui pourtant est fait pour nous à ce moment-là, et on n'est pas encore arrivé au niveau supérieur. Dans ce cas-là, on se vide.

C'est pour ça qu'il faut faire techouva, ici dans le sens de retour: il faut revenir aux niveaux inférieurs qu'on a abandonnés. Par exemple, je fais techouva, et avant de la faire, j'étais un peu superstitieux. J'embrassais la mezouza avant de sortir de la maison, et je disais que la mezouza me protège. Évidemment, c'est un peu bête, mais ce n'est pas totalement dénué de sens. Étant donné que je suis devenu un grand intellectuel, je n'embrasse plus la mezouza. Mais je ne suis quand même pas arrivé au niveau supérieur. Je suis en route, et j'ai abandonné le niveau inférieur. Alors je me vide. Je suis vide du premier niveau et je ne suis pas arrivé au niveau supérieur. C'est pour ça qu'il faut faire techouva: il faut revenir au baiser de la mezouza d'avant, avant de faire l'ascension spirituelle supérieure.

Est-ce que ça veut dire que l'impression qu'on a reçue des niveaux supérieurs n'a aucun sens ? Ça non plus. Il ne faut quand même pas abandonner l'impression qu'on a reçue des niveaux supérieurs, car à partir du moment où on monte, on ne redescend pas, et tout se transformera en bien.

Il y a donc ici toute une stratégie, un processus pour le Rav: il ne faut pas abandonner le niveau inférieur quand on veut arriver au niveau supérieur. On risque, en route vers le niveau supérieur, de ne pas y arriver et d'avoir abandonné l'inférieur, et on est alors complètement vidé. Il faut donc revenir au niveau inférieur, mais ne pas oublier l'empreinte qu'on a reçue des niveaux supérieurs. Et …

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