Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le retour de la prophétie selon le Rav Benharrouche

Pourquoi la prophétie est objective, comment elle passe par le Daat, et ce qu'elle apporte au monde.

1 h 01

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La prophétie et la sortie d'Égypte selon le Kouzari, 59 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

La prophétie appartient, et est liée de par sa nature profonde, à la conscience hébraïque.

La prophétie, en réalité, c'est par elle que coule et circule l'idéal céleste et la morale céleste, celle qui va en réalité compléter le monde et qui va arranger, qui va faire le tikkoun de l'humanité tout entière. Il s'agit en réalité du futur du monde entier. Sans prophétie, il n'y a pas de futur.

Parce qu'en réalité, c'est comme si le Créateur avait créé un monde qu'il ignore lui-même. Et ça, c'est impossible. Donc le Créateur crée un monde, et il se soucie de ce monde. Il va donc « descendre », se révéler à travers un canal qui s'appelle Israël, qui lui est doté, comme les êtres humains d'une manière générale, de la prophétie. À la différence près qu'Israël a déjà développé ce système, et que l'humanité, au niveau global, pas encore. Donc Israël maintient le futur, le lendemain de ce monde et de l'humanité tout entière.

Et donc nous sommes obligés de conclure, une fois de plus, mais il faut que ça rentre bien dans notre tête: la prophétie n'est pas subjective. Subjective, ça veut dire qu'elle est limitée à une personne. Ça ne peut pas être subjectif. C'est obligé de venir de l'Absolu, béni soit-Il, qui lui est objectif. Donc on ne peut pas croire que la prophétie est l'invention de quelqu'un. C'est Hakadosh Baruch Hou qui passe, et on appelle ça, en réalité, celui qui ouvre les lèvres du prophète.

Ça vient du mot nivé sfatayim. C'est-à-dire que Hakadosh Baruch Hou fait bouger les lèvres de l'homme, comme si l'homme devenait un médium au moment même où il prophétise. C'est la voie céleste qui passe à travers l'homme. C'est le moyen qu'Hakadosh Baruch Hou a décidé pour être accessible au monde qu'Il a lui-même créé. Donc il est impensable, immoral même, de créer un monde dans lequel le Créateur lui-même n'est pas présent. Ce n'est pas possible. On ne peut pas traiter Hakadosh Baruch Hou de ce genre de choses, comme si Il se fichait en réalité du monde, de sa propre création. Impossible. Et si moi j'ai envie de suivre des valeurs divines, je suis obligé de comprendre qu'il s'agit ici d'une valeur éthique au plus haut niveau.

De la même manière que si moi j'amène des enfants au monde, je m'en occupe. Je ne peux pas supposer que quelqu'un, ou alors il est malade, ait des enfants et qu'il les laisse à l'abandon. Ça existe, mais c'est une maladie, et on ne peut pas le traiter autrement que comme une maladie. Donc ça ne peut pas venir de la subjectivité humaine, de l'individu.

Il est donc obligatoire que la prophétie commence au degré de l'Absolu, béni soit-Il. Et ceci, avant de passer par la sphère du Da'at, qui correspond au passage obligatoire, en fait, de cette prophétie chez l'homme. Une fois que la prophétie s'habille dans l'homme, elle va passer ensuite par le Da'at.

C'est-à-dire que le prophète va devoir faire un certain travail pour décoder sa propre prophétie. Le Da'at, c'est une sphère, la sphère qui fait le lien entre le ciel et la terre. Donc c'est comme Moshé Rabbénou: Moshé Rabbénou, au niveau des hommes, correspond à la sphère du Da'at au niveau des sphères. Et donc Moshé Rabbénou, étant le lien entre le haut et le bas, c'est pour ça que la Torah passe par lui.

On ne peut pas donner la Torah s'il n'y a pas une force capable d'être un petit peu en haut, un petit peu en bas. Et le Da'at, c'est exactement sa spécificité au niveau des séfirot. Dans les séfirot, le Da'at est en haut et en bas. Et c'est pour ça que ce verbe, la-da'at, ce n'est pas savoir, c'est connaître, dans le sens le plus profond du terme, c'est-à-dire faire l'union entre deux degrés.

L'homme et la femme, par exemple: le rapport entre eux se dit yada. Donc il a connu son épouse, bien entendu dans le sens de profondeur. Et Etz Hada'at, c'est la même chose: il a fait le lien, malheureusement, entre le bien et le mal. Il est important, cet arbre de la connaissance. Il faut l'avoir, il faut même le manger. Mais après avoir consommé l'arbre de la vie. C'était ça la condition: je dois consommer de l'arbre. Puisqu'on me dit: tu devras manger de tous les arbres. Donc on ne peut pas en soustraire un d'entre eux.

Parmi tout ce que tu dois manger, y compris l'arbre de la connaissance, mais de celui-là, tu ne mangeras pas, si ce n'est que pour rester vivant. C'est-à-dire que si tu en manges et que tu meurs, tu n'as pas le droit d'en manger. Donc, en réalité, quelle est la combine ? Manger d'abord de l'arbre de la vie. Mais après, la mitsva, ce n'est pas que tu peux, c'est que tu dois. C'est obligatoire, ça fait partie de la mitsva première: tu mangeras de tous les arbres.

Alors quelle était l'erreur, en fait ? C'est d'avoir mangé d'abord de cet arbre-là, donc sans prendre la condition de ne pas mourir. Et d'où est-ce que je tire cette conclusion ? Tout simplement parce que le texte, au moment où il me donne une mitsva, me donne la raison: le jour où tu en mangeras, tu mourras.

Si Dieu me donne cette raison, ça veut dire que si je trouve une combine pour manger et ne pas mourir, j'ai le droit et j'ai le devoir de manger. Donc quelle est la solution ? Encore une fois, manger de l'arbre de la vie. On n'a pas fait ça. Adam Harichon a mangé d'abord de l'arbre de la connaissance, donc maintenant on doit corriger tout ça. Qu'est-ce qu'il a perdu, en réalité ? Il a perdu le contact avec le haut. Il est donc resté dans sa subjectivité.

Et c'est d'ailleurs ce que le serpent lui a dit: à partir du moment où tu mangeras, tu seras toi-même Dieu, donc tu pourras savoir où est le bien et où est le mal. C'est ça, la tromperie du serpent. Moralité: qu'est-ce que c'est que le serpent, chez nous ? C'est lorsque cette force négative donne à l'homme la pensée qu'il est capable, selon ses critères à lui, de décider où est le bien et où est le mal dans sa vie.

Et si tu laisses les hommes décider où est le bien et où est le mal dans ce monde, c'est fini, on est parti en cacahuète. Donc la seule possibilité de savoir où est le bien et où est son inverse, c'est seulement par rapport à quelque chose qui vient de l'Absolu, béni soit-Il. Par exemple le mal, lo tov: la première fois qu'il est mentionné dans la Torah, c'est Heyot ha'adam levado.

Il faut donc développer maintenant. C'est comme ça qu'on étudie à Botaï: je vais chercher la première fois, dans la Torah, où la chose en question est mentionnée. Et à partir de ce moment-là, je peux savoir que le plus grand lo tov, qui contient tous les lo tov, c'est *heyot …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

Dans la même série

Cours sur la prophétie, le retour de la prophétie et la terre d'Israël.

  1. 1
    Le retour de la prophétie selon le Rav Benharrouche
    Pourquoi la prophétie est objective, comment elle passe par le Daat, et ce qu'elle apporte au monde.
    En cours de lecture
  2. 2
    La prophétie et la sortie d'Égypte selon le Kouzari
    Pourquoi la prophétie est liée à la terre d'Israël, et ce que signifie la libération de la parole.
    59 min
  3. 3
    La prophétie, fondement du lien entre Hachem et le monde
    Pourquoi la prophétie est une capacité humaine donnée d'en haut, et pourquoi elle distingue Israël.
    1 h 02
  4. 4
    La prophétie, la Torah et la terre d'Israël
    Pourquoi la prophétie ne s'exerce qu'en Erets Israël, et comment le message divin s'habille du langage du prophète.
    55 min
  5. 5
    La prophétie et la terre d'Israël selon le Rav Kook
    Pourquoi la prophétie suppose de descendre en Erets Israël, et comment s'y entraîner par l'imagination.
    55 min
  6. 6
    La Gueoula et la prophétie en Erets Israël
    Pourquoi la terre d'Israël éveille la prophétie, et comment l'image et la parabole mènent à la compréhension.
    55 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav