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Yitzhak, la passivité active et la défense d'Israël

Le Talmud (Chabbat 89) met Israël au centre : la faute ne touche que la surface, l'essence reste intacte.

31 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La guerre, élagage des mauvaises herbes avant la Gueoula, 21 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom. Nous allons aujourd'hui, avec votre permission, parler de la paracha de Chayé Sarah. Nous allons voir que cette paracha est très complexe. Nous allons essayer d'entrer dans un niveau beaucoup plus large, beaucoup plus intérieur, que celui qui nous est offert dans son premier degré. Pour commencer, nous allons citer une Guemara qui se trouve dans le Talmud.

Dans le traité de Chabbat, à la page 89, la Guemara nous dessine une situation où il y a un degré critique de la fin des temps, quelque chose d'incroyable qui se passe à la fin des temps. C'est-à-dire une situation où le peuple d'Israël fauté à un degré incroyablement négatif. Et ce degré de faute va automatiquement retarder l'avènement de Machiah, donc le Tikkoun, la réparation normale du monde.

Dans ce cas-là, à cause des fautes que le peuple d'Israël commettra apparemment à la fin des temps, en tout cas c'est ce que la Guemara nous décrit, il est nécessaire de se renforcer ou d'aller chercher du réconfort auprès des pères. Autrement dit, Abraham, Yitzhak et Yaakov. C'est ce que HaKadosh Baroukh Hou fait. HaKadosh Baroukh Hou, l'Éternel, va se concerter avec nos pères, Abraham, Yitzhak et Yaakov, en leur disant une phrase. La phrase que cite la Guemara: « Tes fils ont fauté. »

Autrement dit, HaKadosh Baroukh Hou va d'abord chez Avraham et lui dit: Avraham, tes fils ont fauté. Et, d'une manière incroyable, la réponse d'Abraham va être la suivante: « Tu sais quoi, HaKadosh Baroukh Hou ? Si mes enfants ont fauté, eh bien, qu'ils soient effacés par la sanctification de ton Nom. » C'est-à-dire: moi, je ne te renforce pas, je n'essaie pas de prendre les points positifs de ce peuple. Si toi, HaKadosh Baroukh Hou, tu juges que ce peuple a fauté, tu sais mieux que moi, donc punis-les.

HaKadosh Baroukh Hou passe ensuite au deuxième fils, qui est Israël, et le maintient pour le troisième. Il passe donc directement à Yaakov. La même supposition divine vient se placer sur Yaakov, en croyant que Yaakov va prendre la défense du peuple d'Israël. HaKadosh Baroukh Hou lui dit: Banekha Khatou, tes enfants ont fauté. La même chose, la même référence. Et la même réponse, qui laisse apparemment une certaine crainte quant à ce que nos pères ont à dire pour défendre leurs propres fils. Yaakov répond: « Tu sais quoi, HaKadosh Baroukh Hou ? Si mes enfants ont fauté, tu n'as qu'à les effacer par la sanctification de ton Nom. »

HaKadosh Baroukh Hou s'exprime alors d'une certaine manière. Il voit que le premier et le dernier, Abraham et Yaakov, ont volontairement passé par-dessus Israël, et nous allons y revenir. Mais HaKadosh Baroukh Hou exprime une certaine colère en voyant la réponse de ces deux pères. Il réagit de la manière suivante, et je vous cite les mots tels que la Guemara les rapporte, en araméen: je n'ai trouvé ni un goût chez les vieux, c'est-à-dire chez les grands-parents, chez Abraham; je n'ai pas trouvé un conseil chez le petit, c'est-à-dire chez le dernier, Yaakov.

HaKadosh Baroukh Hou reste donc dans une situation qui nous fait comprendre qu'il est venu avec cette direction pour dire à Abraham, à Yitzhak, à Yaakov: regardez, vos enfants ont fauté, faites quelque chose. Et HaKadosh Baroukh Hou, d'après le texte de la Guemara, attendait une défense de ses pères concernant leurs enfants. Une prise de position qui dirait: « HaKadosh Baroukh Hou, tout de même, ce sont mes enfants, mais ce sont aussi tes enfants. On va s'arranger, ils vont faire techouva, ils vont faire quelque chose, tout va changer. » Or la réponse qu'HaKadosh Baroukh Hou trouve en face de lui, de la part d'Abraham et de Yaakov, est: « Toi, HaKadosh Baroukh Hou, tu sais, c'est toi le Maître de l'univers. S'ils ont fauté, qu'ils soient punis. » Point à la ligne.

Donc, dit HaKadosh Baroukh Hou, je n'ai pas reçu de réponse satisfaisante, ni du grand-père Abraham, ni du petit-fils Yaakov. Il n'y a pas de nouveauté. Je suis venu vers vous pour trouver quelque chose, un point de lumière qui me dise que, malgré tout, je dois les laisser en vie. C'est un peuple à la nuque raide, certes, mais qui a quand même de bons points en lui, de bonnes références. Et je n'ai rien trouvé, parce que vous ne m'avez pas donné de réponse. Il n'y a pas d'éclairage. La situation est assez pessimiste.

Sans aucun autre moyen d'avancer, HaKadosh Baroukh Hou, toujours d'après cette Guemara, s'adresse à Israël, le fils du milieu. Et là, nous allons tous être étonnés. HaKadosh Baroukh Hou dit à Israël exactement la même chose: Banekha Khatou, tes enfants ont fauté. Et là, HaKadosh Baroukh Hou, et par là même nous-mêmes, nous allons trouver une réponse qui apporte de la lumière pour l'ensemble du peuple d'Israël. C'est ce que Yitzhak va répondre à HaKadosh Baroukh Hou. Il lui dit: d'abord, ce ne sont pas seulement mes enfants, ce sont aussi les tiens.

Pourquoi dis-tu qu'Israël n'est que mon enfant ? Ce ne sont pas tes enfants à toi ? « Tu sais quoi, HaKadosh Baroukh Hou ? dit Yitzhak. Nous allons faire un calcul assez simple, et ce calcul est de l'ordre du temps. Tu vas voir, HaKadosh Baroukh Hou, que ce n'est pas tellement grave. La faute d'Israël n'est pas si grave que ça. HaKadosh Baroukh Hou, dis-moi la vérité: combien dure la vie d'un homme ? Combien un homme peut-il fauter en vingt-quatre heures, en une journée de vingt-quatre heures ? Il y a déjà la moitié du temps qui est pour le sommeil. Il y a une autre partie du temps pour la nourriture. Une autre partie pour le travail. Une autre partie consacrée à la famille. L'homme ne peut pas fauter vingt-quatre heures sur vingt-quatre. »

« D'après ce que je viens de te calculer, HaKadosh Baroukh Hou, Maître de l'univers, il ne reste pas grand-chose à l'homme comme temps pour réaliser ses fautes, pour fauter. Et tu sais quoi, HaKadosh Baroukh Hou ? C'est véritablement tuer leurs dieux. Et moi, je suis leur père. Alors faisons moitié-moitié. Moi, je prends une moitié de leurs fautes sur moi, et il ne te reste qu'une petite moitié de rien du tout. J'ai enlevé douze heures de sommeil, j'ai encore enlevé quelques heures de nourriture, j'ai enlevé encore quelques heures de travail, pour le peu de temps qui reste, dans lequel l'homme ne fauté pas pendant tout le temps. Le peu de fautes qui reste à l'homme chaque jour, HaKadosh Baroukh Hou, tu peux faire cet effort-là. Moi, je suis prêt à prendre la moitié de la faute, et je te demande de prendre l'autre moitié. »

« Et tu sais quoi, HaKadosh Baroukh Hou ? Si tu refuses de prendre la moitié de la faute, je la prends sur moi, tout entière. »

Face à cette réponse de Yitzhak, HaKadosh Baroukh Hou reste avec un certain étonnement. Et cet étonnement d'HaKadosh Baroukh Hou est aussi le nôtre. Yitzhak lui dit d'ailleurs: « Tu sais, j'ai déjà subi le sacrifice, …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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