La Gueoula de l'Egypte, modèle de toute rédemption
Pourquoi la Torah ne retient que ce qui fait avancer le projet divin, et ce que la sortie d'Egypte enseigne sur la Gueoula.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Chemot Le sens de l'exil, 1 h 05
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous continuons dans notre progression concernant la Gueoula de l'Egypte, qui a laissé en fait une trace pour toutes les Gueoulot possibles et imaginables dans notre histoire.
Il y a ici donc quelque chose qui a trait à toutes les Gueoulot et à cette Gueoula d'Egypte. Nous devons apprendre concernant toutes les rédemptions, toutes les Gueoulot dans notre histoire. Beaucoup d'ignorance est encore propagée dans beaucoup de cercles d'études concernant la Gueoula. C'est un sujet qui est très mal connu. Malheureusement, cette mauvaise définition de la Gueoula arrive aussi au sein des étudiants de la Torah, ce qui est plus grave que chez les gens de la rue.
C'est pour cela que nous devons redéfinir les données de base. Et, contrairement à toute l'imagination qui tourne autour de ce sujet, la paracha en question, que l'on vient de lire ce Chabbat, vient en fait corriger cette mauvaise compréhension, et elle nous offre une véritable compréhension, un sens et un ordre bien précis concernant cette Gueoula.
Nous répétons ce que nous avons dit, très important: la Torah est une prophétie. Étant donné que la Torah tout entière est une prophétie, c'est la parole divine, objective. Cette parole divine nous descend de l'Absolu, béni soit-Il, pour arriver dans notre monde. Cette parole est enseignante. Elle transforme la vie et elle transforme le lecteur. Contrairement à toute autre science, où, si quelqu'un étudie n'importe quelle science, il ne devient pas la science qu'il étudie, la Torah, elle, transforme son propriétaire.
Étant donné que c'est une prophétie, et qu'il y a une règle dans la prophétie, seule une prophétie qui nous donne un enseignement pour toutes les générations est restée, a été choisie pour être dite dans la Torah. Autrement dit, la Torah ne raconte pas tout, elle raconte ce qu'elle veut bien raconter. Beaucoup de détails n'ont pas été retenus.
De toute la vie de Moshé Rabbeinu, de 120 ans, vous ne connaissez que 2 ans, 3 ans. C'est rien. Ça veut dire que pendant 117 ans, vous ne savez même pas ce que Moshé a fait. Pourquoi la Torah n'a-t-elle pas choisi de relater tous ses faits et gestes ? Tout simplement parce que ça n'avait pas de sens concernant l'histoire du peuple d'Israël et l'enseignement que nous devons tirer pour l'avenir.
Ce qui veut dire qu'en réalité, nous ne retenons de nos vies que ce qui a fait avancer le processus divin. Dans le moins bon des cas, des gens gaspillent leur vie, et rien n'est retenu, s'ils n'ont rien fait pour cette Inyana Elohi, pour cette chose-là. Tout ce que nous faisons uniquement pour notre propre personne, il faut savoir si c'est inclus à l'intérieur d'un processus, ou bien si c'est juste quelque chose de l'ordre de l'égoïsme, qui commence et qui s'arrête chez l'homme ou la femme en question.
Donc, si cette paracha et si tout ce cheminement qui a abouti à la sortie d'Egypte a été retenu par la Torah, et que nous le lisons chaque année et que nous l'étudions, c'est qu'en réalité c'est un enseignement pour nous, pour toutes les générations. Et nous n'avons pas d'autre moyen de savoir de quelle couleur sera la Gueoula prochaine, si nous ne savons pas étudier la Gueoula du passé: d'une personne, de la vie, par exemple de Moshé, d'Abraham, etc.
À cause de ça, c'est un témoignage jusqu'à la fin des temps ? Non. Si la Torah a choisi de parler de trois ans de Moshé, c'est que ces trois ans en question ont fait avancer le Ligne d'Hakadoch Baroukh Hou. C'est tout. Le fait que ce soit écrit dans la Torah, c'est ça la névoua, c'est-à-dire une névoua retenue parce qu'elle a quelque chose à nous raconter. Donc si je parle de Paro pendant toutes ces parachiot, c'est que Paro est quelqu'un d'important, et que l'Egypte est quelque chose d'important. Il faut y être.
Il faut savoir s'en sortir. Et tout cela, c'est la même chose. Les 40 ans dans le désert ne sont même pas racontés. On ne nous raconte même pas une année: la première année, ce qui s'est passé pendant quelques mois, et la 40e année, c'est fini. Tout ce qu'il y a au milieu, on s'en fiche. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il n'y a rien à apporter aux générations futures. Vous comprenez comment ça marche ?
Même les prophètes ont prophétisé certaines prophéties qui n'ont pas été retenues. Pourquoi ? Parce qu'elles ne font pas partie de ce processus. Par contre, si un prophète ne révèle pas une prophétie qui a trait aussi aux générations futures, il est coupable de mort. On le traîne. Donc il faut comprendre quel est le point essentiel, le début, la source de la libération de l'esclavage à la liberté.
Est-ce que c'est seulement pour libérer quelques personnes qui étaient là-bas ? Non. C'est pour libérer, en fait, le porte-parole de Dieu. On est d'accord sur ce point. Donc Hakadoch Baroukh Hou, par cette action de faire sortir le peuple d'Israël d'Egypte, marque aussi, dans l'histoire de l'humanité, qu'Il vient de choisir son porte-parole, puisque c'est lui qu'Il va libérer. Et en le libérant, Il se libère Lui-même.
Car ce porte-parole va révéler ce que l'Infini, béni soit-Il, ne révèle pas seul. Il a créé le monde pour que quelqu'un soit son vecteur, son médiateur. Et ce quelqu'un, c'est une néchama qui s'appelle Israël, qui va un jour descendre dans des corps, qui vont être porteurs de ce programme divin du devenir de l'humanité tout entière.
Et donc, à partir de cette libération d'Egypte, on voit que non seulement on est libéré de l'esclavage, de la soumission au Pharaon, mais que cela ne suffit pas, car vous pouvez être libéré d'un patron sans pour autant avoir trouvé ce que vous êtes vous-même. On est d'accord ? Vous êtes libre de lui, mais vous ne vous connaissez pas encore.
Donc, en réalité, il y a deux actions dans cette libération. La première: ne plus être soumis à quelqu'un. La deuxième: retrouver qui je suis. Donc la atsmaout, l'indépendance, devient une atsmiout. Je dois savoir qui je suis. Et c'est ça le sens profond de la atsmiout et de la atsmaout, de l'indépendance.
Mais quel est l'essentiel de cette indépendance au niveau du peuple d'Israël ? Eh bien, c'est une atsmaout politique. Oui, il n'y a pas un gramme de religiosité dans cette libération d'Egypte. Ce n'est qu'une indépendance politique. Et je vais vous le prouver. Donc, ça ne suffit pas d'être libéré de quelqu'un qui m'assujettit. Il faut aussi que j'arrive à la fidélité à qui je suis dans mon essence. Là, je peux dire que j'ai été libéré. Car être libéré de quelqu'un, mais rester esclave d'autre chose, ce n'est pas une libération totale.
Alors nous allons voir. C'est la Torah, donc la prophétie divine: c'est Dieu qui parle. De quel point, il y en a cinq, se trouve le programme de l'Infini, béni soit-Il ? Imaginez-vous maintenant qu'on doit élire Dieu, et qu'Il nous donne le programme de son élection. Voilà le programme de l'histoire. Car maintenant Il est face au porteur du message, donc Il doit lui faire part de …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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