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L'homme, une question et un angle de 45 degrés chez le Rav Kook

Le Aleph, lettre de l'équilibre entre verticale divine et horizontale du monde, et la Gueoula comme réponse.

57 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La sagesse divine qui transforme l'être, selon Orot HaKodesh, 55 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tov. Be'ezrat Hachem. Nous allons donc continuer Orot HaKodesh, le livre-clé du Rav Kook zatsal sur toute la Torah d'Erets Israël, que l'on appelle aussi la Torah de la Kabbale. La traduction n'est pas « les Lumières saintes », mais « les Lumières du Saint béni soit-Il »: Orot Chel HaKodesh Baroukh Hou. Il s'agit d'une expression kabbalistique de toute la pensée du Rav, mise en forme par son élève, le Rav David HaCohen, le Nazir zatsal. Tout a été écrit de la main du Rav Kook, sans imprimerie ni ordinateur, tout à la main, et le Rav a ensuite récupéré l'ensemble de ses écrits. C'est l'un des livres les plus profonds et les plus complexes de tout ce qu'il a écrit.

Nous avons déjà commencé. Je vais rappeler assez rapidement le début: Alef. Chokhmah HaKodesh, Hi Na'ala Mikol Chokhmah, c'est-à-dire la sagesse du Saint béni soit-Il, qui consiste à faire venir les valeurs de l'infini dans ce monde. Hi Na'ala Mikol Chokhmah: elle est plus haute, bien entendu, que n'importe quelle sagesse. C'est le même texte que celui que vous avez, que j'ai développé ensuite. Là, j'ai pris juste le texte du Rav.

Dans le mot Chokhmah, il y a le mot Koah Ma, c'est-à-dire la force de l'essence humaine. Ma, c'est le « quoi ». Et en valeur numérique, Ma correspond à Adam, l'homme. L'homme est donc un « quoi », autrement dit l'homme est une question. Lorsque l'homme s'arrête d'être une question, il y a un problème chez lui. Non, je n'ai pas dit qu'il arrête de poser des questions: j'ai dit qu'il arrête d'être.

Ce n'est pas la même chose. Il y a quelqu'un qui est une question, et il y a quelqu'un qui pose des questions. Poser des questions ne signifie pas forcément que l'on ait soi-même une question, car il y a des gens qui posent des questions sans être eux-mêmes la question qu'ils posent. La véritable question que l'on doit poser doit venir d'un manque que l'on ressent dans son être, parce que toi-même tu as été créé comme une question. Tu as donc un manque de repos.

Un homme qui a ce manque de repos, dans ce sens-là, est un homme sain, parce qu'il est sans arrêt en perfectibilité, en évolution, puisqu'il est lui-même question. Attention, je ne dis pas poseur de questions: le fait qu'il pose des questions le reflète, mais ce n'est pas forcément le cas. L'homme est donc une question par nature, par naissance, par essence.

Or, dans la question se cache la réponse, puisque nous avons dit que la réponse précède la question: Techouva kadmah la-olam (Pessa'him, 54). Cela veut dire que dans la question que tu poses, il y a déjà une réponse. S'il n'y avait pas de réponse, il n'y aurait jamais eu de question, c'est impossible. La réponse se trouve donc dans la question. Cette réponse peut se dire Techouva en hébreu, mais elle peut se dire aussi Gueoula. La Gueoula, ce n'est pas seulement la rédemption: c'est la réponse à toutes les questions.

Donc Gueoula kadmah la-olam revient au même: la Gueoula a précédé le monde. Qu'est-ce que cela veut dire, « précédé » ? C'est le but même de la création. Le but de la création, c'est la Gueoula, c'est-à-dire une réponse à toutes les questions. Ce n'est pas par hasard que le mot Gueoula a pour valeur numérique Ma, 45, donc Adam. L'homme, par essence, est Gueoula, et donc il est réponse; et donc il devient poseur de questions. Ma. Tout va ensemble, et Ma vaut 45.

Cela veut dire que nous sommes à un angle de 45 degrés. L'homme est un angle à 45 degrés par rapport à la verticalité du divin et à l'horizontalité de ce monde. Le monde dans lequel nous sommes est un monde horizontal, le temps qui passe. La verticalité, c'est le Saint béni soit-Il, qui descend vers nous dans la verticale: selon le temps qui passe, selon les générations qui passent, il y a toujours la même verticalité qui nous rencontre.

D'accord ? C'est une structure. Il y a un degré à 90, et l'homme se trouve à 45 degrés, en diagonale, entre la verticale divine et l'horizontale de ce monde. Si l'homme était horizontal, il serait mort; s'il était vertical, il serait Dieu, ce qui ne peut pas être. Il est donc obligé d'être entre les deux, à 45 degrés. Sa valeur numérique est 45, et il est en fait dans une évolution permanente pour rechercher l'unité qu'il a perdue.

Quelle est la première lettre de l'hébreu qui est à la fois à l'horizontale et à la verticale, c'est-à-dire à un angle de 45 degrés ? Le Alef. Le Alef est à 45 degrés, avec une force du Yod qui va vers l'infini et une force du second Yod qui va vers le fini: une lettre Yod qui le tire vers la verticale et une autre lettre Yod qui le tire vers l'horizontale. Le Alef tient donc en équilibre dans une oblique à 45 degrés.

Qu'est-ce que l'homme, alors ? C'est un Alef mélangé à du sang: un Alef dans du Dam, donc Adam, tout simplement. Le mot Adam est constitué d'un Alef qui intègre le sang de l'homme. Et pourquoi se trouve-t-il dans cette position oblique, à 45 degrés ? Parce qu'il est constamment en train d'avancer. Un angle à 45 degrés est susceptible de tomber, on est d'accord: on chute en permanence. L'homme a donc constamment besoin d'une assise.

À chaque fois qu'il avance, il s'appuie sur une assise. Sur combien de points ? Sur un seul point: il se pose sur un pied, et il a toujours un pied en l'air, donc il reste toujours en oblique, et il ne repose jamais vraiment. L'évolution permanente de l'homme suppose donc qu'il soit toujours sur un pied, donc en déséquilibre permanent, dans un mouvement de perfectibilité constante. Vers où ? Vers l'infini.

C'est cela, Chokhmah. Le mot Chokhmah se divise en Koah, la force, et Ma, l'homme. La sagesse divine pénètre donc l'homme, qui est capable de la recevoir, et c'est cette Chokhmah qu'Israël reçoit, celle que l'on appelle Chokhmah HaKodesh. Nous avons été créés avec la capacité de recevoir cette sagesse divine sans qu'elle nous brûle. Il y a en effet un danger: cette sagesse est tellement grande qu'elle aurait pu brûler si nous n'avions pas les ustensiles, les kelim, nécessaires et suffisants pour recevoir cette lumière.

Mais le peuple d'Israël a été créé de telle façon qu'il peut supporter cette lumière. Non seulement il peut la supporter, mais il peut l'intégrer, et en plus il peut la traduire pour les nations du monde selon leur niveau.

Justement, c'est un mouvement permanent. Vers quel côté le Alef est-il penché: vers la droite ou vers la gauche ? Vers la gauche. Sous-entendu: qu'a-t-il reçu de sa droite ? Qu'est-ce qui précède le Alef dans le livre ? Non, « précède », pas « succède ». Rien ? Non, je ne dirais pas rien: je dirais le blanc. Le Alef est précédé par du blanc, …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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