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N'oubliez jamais que vous êtes les enfants d'Aaron

Pourquoi la Torah répète « tu leur diras » : le rappel fait aux Kohanim, fils d'Aaron, et ce qu'il implique.

59 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : 22.04.18 Quelle est la signification du compte du Omer?, 58 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Aujourd'hui, nous allons expliquer certaines positions, certaines lois et certaines approches concernant les Kohanim. La paracha de Emor nous parle de ce que représente le Kohen, et nous allons immédiatement voir que Hakadosh Baruch Hou semble dire quelque chose, et on attend qu'il nous explique ce qu'il veut dire.

Apparemment, la chose ne se dit pas, en tout cas à première vue. Je lis tout de suite. Et qu'est-ce qu'il leur dit ? Et là, la difficulté, c'est… « Et tu leur diras. » Ça y est, on a déjà dit.

« Que tu diras aux fils d'Aharon », et pourquoi il répète « et tu leur diras » ? On a compris qu'il doit leur dire quelque chose. Il y a donc une difficulté dans le premier verset de cette paracha que nous avons lue ce Chabbat. Après avoir dit « Tu diras aux Kohanim, fils d'Aharon », on s'attendrait à ce que Moshé dise quelque chose, puisque Hakadosh Baruch Hou dit de leur dire. Et pourtant il ne dit rien. On dirait que le texte se répète: « Et encore une fois, et tu leur diras. »

Comme s'il fallait dire deux fois quelque chose. Pour l'instant, on attend. En réalité, quand on fait attention à la lecture du texte, on s'aperçoit qu'effectivement, il y a ici deux formules que Hakadosh Baruch Hou veut faire passer aux Kohanim. La première: voilà ce qu'il leur a dit. En réalité, il leur a dit…

Si je lis le verset d'une autre manière, vous allez comprendre. Regardez le verset au début: tu leur diras quoi ? Qu'ils sont les fils d'Aharon. Donc il leur a dit quelque chose: il a rappelé aux Kohanim qu'ils sont les fils d'Aharon. D'accord ? Non ? Non ? Non ?

Tous les Kohanim ont une référence, et cette référence, c'est ni plus ni moins que le premier Kohen de l'histoire, qui s'appelle Aharon. Les Kohanim doivent se rappeler tout le temps qu'ils sont les fils du premier Kohen. Donc la première chose que Dieu demande de faire passer aux Kohanim, à toutes les générations, c'est quelque chose qui oblige, en fait. Ce n'est pas seulement: « Je vous rappelle que vous êtes les fils d'Aharon. » On sait très bien qu'ils sont les fils d'Aharon.

Il y a ici une demande beaucoup plus profonde à Hakadosh Baruch Hou, une sorte d'avertissement: n'oubliez jamais que vous êtes Bnei Aharon, les enfants d'Aharon. Notre modèle de base, en étant Kohen, c'est toujours les enfants d'Aharon. C'est-à-dire que tu ne dois jamais oublier que ton père premier, ton maître à penser, c'est Aharon le Kohen.

Pourquoi ? Tout simplement parce que cet homme-là a apparemment quelque chose de très important qui n'a jamais encore existé dans le monde. Les Kohanim doivent donc se rappeler en permanence, comme référence de base, que leur père, c'est Aharon. Et qu'est-ce que la fonction d'Aharon ?

C'est le premier homme choisi pour faire le lien entre l'infini et ce monde, pour traduire, par le travail d'un homme dans ce monde, les valeurs de l'infini. En l'occurrence, il le fait au Beth Amikdash, et dans tout ce qu'il fait en tant que Kohen. Il y a donc une référence, et cette référence, c'est Aharon. De la même manière que le peuple d'Israël tout entier s'appelle « Mamlekhet Kohanim », nous sommes regardés par les autres, même s'ils ne sont pas au courant. Il y a intuitivement un regard porté sur Israël, parce que nous représentons un modèle. Aharon représente un modèle, pour ses enfants et pour tous les Kohanim de toutes les générations.

La Torah nous mentionne cela, et il faut lire le verset de la façon suivante. Je reviens en haut. On va voir ce qu'il leur dit après. Donc la première lecture est déjà un rappel.

Si ce n'est que… du rapprochement qu'ils ont avec cet homme qui s'appelle Aharon HaKohen. Aharon, je vous le rappelle, a été choisi par Hakadosh Baruch Hou. Ce n'est pas un homme qui s'est mis en place de lui-même, auquel cas ça aurait été une religion. Un homme ne peut pas prendre une fonction dans le judaïsme que Dieu n'a pas demandée. D'ailleurs, ceux qui ont essayé de jouer ce rôle sont morts. Ils ont eu des problèmes, quelques problèmes. On ne peut donc pas jouer avec le judaïsme.

Le judaïsme n'est pas une religion dont le travail serait d'abord celui de l'homme. Notre travail, à nous, en premier, c'est d'accepter et de recevoir quelque chose qui vient d'en haut. Tous les Kohanim sont obligés d'être issus d'Aharon HaKohen. Donc la première information que nous avons ici, c'est que tous les Kohanim de toutes les générations doivent être référencés par rapport à un seul homme, qui s'appelle Aharon.

Et quelle est sa fonction, à Aharon ? Il est Kohen. Que veut dire le mot Kohen ? C'est une fonction, ce n'est pas un prêtre. Kohen n'existe pas en tant que nom de famille, ni, je ne sais pas ce que vous vous êtes mis dans la tête. Kohen veut dire certificateur. En araméen, le mot « oui » c'est hen, et Kohen, c'est « faire comme oui ». C'est-à-dire que je dois amener dans le monde d'en bas les valeurs du monde du très haut.

Regardez le mot Kohen: vous avez ici, en réalité, le Noun, qui représente les cinquante portes du discernement, qui se trouvent dans le cerveau gauche de l'homme, et qui sont encore dans un monde de l'au-delà, au-delà du temps, au-delà de l'espace, au-delà des chiffres. Car le chiffre 50, rappelez-vous, c'est comme le 8, par rapport au 7. La nature est dans le 7; le 50 est dans un autre degré. La Torah, qui nous a été donnée le cinquantième jour, veut dire que cette Torah ne vient pas d'un cerveau humain.

Cela nous enlève immédiatement l'erreur qui, Hasvei Shalom, peut consister à dire que la Torah a été écrite par un homme. Tout homme, même Moshé Rabbeinou, est encore dans le chiffre 7. Alors que le Olam Haba, ce qu'on appelle la Nechama de ce monde, n'est pas le monde qui va venir, au futur. C'est le présent: Olam Sheba, ce n'est pas Olam Sheyavo.

Je vous ai déjà expliqué que la notion de Olam Haba est très mal traduite. La plupart d'entre nous traduisons Olam Haba par « le monde futur ». Ça n'a jamais existé en hébreu, c'est très clair: on ne dit pas Olam Sheyavo, on dit Olam Haba, au présent. Pourquoi est-il difficile à atteindre ? Parce qu'il est dans une porte secrète de cet univers, et il n'est donné qu'à ceux qui sont capables de traverser cette porte. Ceux qui ne le peuvent pas ne peuvent pas appréhender ce chiffre 50. Ils ne le touchent pas.

Les seuls qui sont armés pour recevoir la véritable Torah, ce sont ceux qui ont traversé le 7, ou le 7x7, et qui arrivent au 8, ou bien au 50. C'est pour cela que le mot Hamishim en hébreu se dit aussi Hamushim. La sortie d'Égypte doit obligatoirement toucher ce chiffre 50, pour se séparer …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».

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