La faute des explorateurs et le lien à la terre d'Israël
Pourquoi la Torah consacre une paracha entière aux explorateurs, et ce que cette faute dit de nos générations.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : L'art et la Torah : création humaine et intelligence divine, 38 min
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Aujourd'hui, nous allons essayer de comprendre un peu plus en profondeur la faute des explorateurs, en voyant si cette faute nous incombe aujourd'hui aussi, et comment on peut traiter ce sujet.
Il s'agit d'un sujet très spécial, dirais-je, qui sort de notre prière. Nous faisons une bénédiction où l'on dit que Kadosh Baruch Hou façonne la lumière et crée l'obscurité. Dans cette définition, on a l'impression que la lumière se trouve dans les mondes bas, puisque le monde y est si noir.
Or le monde de Yetzira est plus bas dans son emplacement que le monde de Béria. Vous avez quatre mondes. Le premier s'appelle Atzilout. C'est le monde le plus élevé, le monde de l'émanation. On l'appelle Atzilout parce qu'il est chez lui, Tzel, à l'ombre du Alef, Tzel Alef. En arabe, barra veut dire dehors. Donc Béria, c'est déjà extérieur, mais c'est quand même un monde élevé. Après lui vient le monde de Yetzira, et à la fin vient le monde de Assiya. Ce sont les quatre mondes qui correspondent aux quatre lettres du nom d'Hachem, le Yod, le Hé, le Vav et le Hé, le tétragramme.
Dans la prière que je viens de vous citer, on dit Yotser Or, Yetzira Yotser, et on a associé la lumière à ce monde-là, Yetzira, alors que pour Béria, on a dit Khoshekh. La question se pose alors: pourquoi un monde qui est aussi haut s'appelle Khoshekh, par rapport à un monde plus bas, qui est censé être plus noir, et qui s'appelle Or ? Cette question est posée par le Ari Hakadoch, et la réponse que le Harizal nous donne... alors, je répète ce que j'ai dit.
La première phrase est le début de la deuxième. Comme si la lumière appartenait au monde inférieur, alors que le monde supérieur est la véritable lumière, puisqu'on appelle ce monde-là aussi Or. Donc c'est véritablement une grande lumière, même si ce n'est pas Atzilout, mais c'est quand même quelque chose d'élevé. Et là, on l'appelle Khoshekh, l'obscurité.
Cette règle apparaît encore plus explicitement dans la séfira de Malkhout. La séfira de Malkhout est en réalité la dernière partie des mondes supérieurs, avant de commencer les mondes inférieurs. On peut dire que c'est l'intermédiaire entre les mondes d'en haut et les mondes d'en bas. C'est-à-dire que si l'on regarde les dix sphères: Keter, Hokhma, Bina, Hesed, Gvoura, Tife'eret, Netsa'h, Hod, Yessod, et la dernière s'appelle Malkhout.
Donc, moralité: Malkhout, qui est la dernière parmi les dix, est généralement considérée comme une sphère qui n'a aucune lumière d'elle-même. On l'appelle, dans le Zohar, « elle n'a rien d'elle-même ». C'est-à-dire qu'en fait, elle ne fait que refléter la lumière qu'elle reçoit des autres séfirot. Puisqu'elle est justement inférieure et que toutes les autres séfirot sont supérieures à elle, elle reçoit leur lumière tout simplement.
Elle est dans l'humilité totale, puisqu'elle n'a rien d'elle-même. En réalité, c'est faux. La séfira de Malkhout, qui est la plus basse, c'est celle qui est à l'origine et la plus haute. Et cela rentre dans la règle que vous connaissez: la première pensée divine est celle qui apparaît paradoxalement à la fin.
De la même manière, par exemple, que le peuple d'Israël est le dernier peuple apparu dans l'histoire. On est les derniers: tous les peuples existaient avant nous. La même chose pour la séfira de Malkhout, qui est la dernière des séfirot: c'est en réalité la première pensée divine. Alors que s'est-il passé entre-temps ? Tout simplement, elle prend une place inférieure dans ce monde, justement parce qu'elle est dans l'humilité totale.
Dieu a choisi Israël. Pas parce que vous êtes nombreux: l'Éternel vous a choisis parce que vous êtes le moins nombreux de toutes les nations du monde. « Alors pourquoi nous as-Tu choisis ? » Tout simplement parce que nous sommes le point initial de la pensée divine, qui apparaît en dernier, au dernier des degrés, au moment de l'apparition. Il y a donc une différence entre la pensée initiale et l'apparition de cette pensée. D'accord ?
Cette règle est très importante. C'est-à-dire que lorsque vous voyez un degré qui vous paraît inférieur dans ce monde, il faut faire attention à ne pas le négliger. Car dans un monde de vérité, il y a des mondes inversés, qu'il ne faut pas juger au premier degré. Que s'est-il passé avec cette Malkhout ? En réalité, c'est exactement l'inverse, totalement l'inverse, justement parce que Malkhout a une racine très élevée, qui, dans la Kabbale, s'appelle Radla.
Radla, ne vous inquiétez pas du nom: ce sont tout simplement les initiales d'une supériorité. Reisha, ce sont les initiales: Reisha, la tête; Dela, qui n'est pas connue; Reisha, Dela, Itieda, Radla. Autrement dit, ce sont les initiales de quoi ? D'une tête inconnue. Elle est tellement inconnue, cette Malkhout, qu'en réalité on ne sait même pas la définir, donc on ne dit rien.
Donc pour nous, qu'est-ce qu'elle est ? Le noir complet. Inaccessible, donc noir. Maintenant, vous comprenez ce qui se passe ici. Le monde qui nous est le plus accessible, car il est en bas, c'est Yetzira, qui correspond à la lettre Vav. Ce sont les six jours de la semaine, et eh bien, il nous paraît comme la lumière. Les gens demandent: quand est-ce qu'on voit la lumière, les choses réellement ? C'est la nature: les six jours de la semaine, on est là.
Chabbat, qui correspond à Malkhout, vient en réalité d'un monde très, très élevé, parce que Chabbat, on dit « Me'en olam habba », un avant-goût du monde à venir. Donc Chabbat est très élevé. Mais puisqu'il est très élevé, et qu'en réalité il apparaît dans le monde le plus bas, on ne voit pas la lumière de Chabbat. Personne ne voit la lumière véritable de Chabbat. À tel point que les Sages nous disent: qu'est-ce que vous recevez de Chabbat ? Nechama yetera, un supplément de nechama. Qu'est-ce que cela veut dire, nechama yetera ? Juste un rajout de nechama, mais ce n'est pas la vraie lumière.
On aurait dû recevoir un autre degré, une vraie nechama, et pas seulement un rajout. Et pourquoi n'arrive-t-on pas à recevoir une vraie nechama à Chabbat ? Tout simplement parce que nous sommes dans un monde où les grands degrés de la lumière nous sont inaccessibles, et tout ce qui nous est inaccessible, on le considère comme étant le noir. C'est tout. Dès que tu ne comprends pas quelque chose, tu dis: « Ça, c'est de l'hébreu pour moi. » C'est la même chose, d'accord ? C'est l'expression de la galout. C'est-à-dire que la langue la plus élevée devient la langue la plus noire: on ne comprend rien, c'est de l'hébreu.
Pourquoi l'associer à la lune ? Puisque Malkhout, quand on la voit, on constate qu'elle n'a pas de lumière d'elle-même, comme la lune. Est-ce que la lune est un élément lumineux ? Oui ou non ? Non. Parce qu'elle reflète le soleil, elle n'a pas de lumière d'elle-même. Alors qu'en réalité, c'est faux: au départ, elle était lumineuse. Il est dit dans la Torah: « Il y a …
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