Le faux témoignage, profanation du souffle divin
Pourquoi la parole fausse est plus grave que l'acte, et comment la Torah bouleverse celui qui l'étudie.
Rav Élie Kling
Ensuite : Le faux témoignage, trahir la mission d'Israël, 3 min
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Plus ça devient spirituel, moins c'est punissable ici, mais plus c'est irrévocable pour l'éternité. Et la parole se situe au milieu. C'est un peu plus grave, c'est beaucoup plus grave que les actes, moins grave que l'hérésie. Et donc, le faux témoignage est un des péchés les plus graves, même si ce n'est pas punissable par le bêt din, parce qu'il profane la parole. Et vous savez qu'au niveau de la parole, quand on parle, en vérité, il n'y a pas de parole sans souffle.
Et le souffle, pourquoi c'est si grave ? Parce que le souffle est la prolongation du souffle de Dieu qui a créé mon âme. Quand Dieu a créé l'homme, il a soufflé l'âme en lui, dit le Tanya, l'âme qui permet la parole, c'est l'âme parlante, l'âme parlante que Dieu a mise en moi. Chaque fois que je parle, en dessous de ma parole, il y a le souffle de Dieu qui fait que je parle.
D'où l'extrême gravité de la médisance, du lachone hara ou du faux témoignage. Quand je fais un acte physique négatif, je vole, ce n'est pas bien du tout, mais c'est mon corps qui l'a fait, c'est très loin de Dieu. Donc quand je fais du lachone hara ou du faux témoignage, j'utilise le souffle divin pour faire le mal, c'est une profanation pratiquement insurmontable, pratiquement irréparable. Et c'est encore plus grave quand j'utilise l'âme, qui est la lumière divine qui est en moi, pour avoir des pensées tordues. Et donc il y a cette idée.
Je finirai juste avec ça. Vous savez que ce sont les Méraglim, les explorateurs envoyés en Terre d'Israël. C'est extraordinaire de voir cette idée-là: le grand drame des Méraglim, c'est qu'il était censé y avoir dans l'histoire du peuple juif trois grands moments qui sont la périphérie de l'univers spirituel: la libération, la révélation, la rédemption. On va dire en hébreu… s'arracher de la matière, et la Gueoula totale à la fin. Ces trois mouvements: sortir de la matière, c'est la libération; recevoir la Torah, c'est la révélation; et après prendre cette Torah, l'amener en Israël et l'incarner dans la réalité, pour créer une société parfaite et magnifique qui aurait illuminé le monde entier et fait le tikoun du bonheur. C'est ça, le programme initial.
Le grand malheur, c'est la fausse parole, le faux témoignage que les explorateurs ont fait sur la Terre d'Israël. Le grand malheur, c'est qu'ils ont coupé l'élan. Ils ont créé une possibilité d'être libérés, d'avoir la Torah, mais ça ne modifie pas le monde. Et ça, c'est terrible. C'est l'anti-témoignage. La Torah suppose de provoquer deux grands mouvements dans l'être humain. Premier mouvement: la Torah est censée te bouleverser.
Et vous savez que c'est le grand malheur, je ne veux pas m'étendre, le grand malheur de la jeune génération d'aujourd'hui. À notre époque, il y a vingt ans, trente ans, les gens étaient communistes, anarchistes, ils faisaient ce que vous voulez. On discutait avec eux, Torah ou pas Torah, vérité ou pas vérité, mais si vous leur prouviez que la Torah était vraie, ils faisaient techouva, en vérité ou pas. Ils étaient motivés par la vérité. Aujourd'hui, les jeunes, je parle très honnêtement des jeunes, notamment en France, en Israël c'est moins savoureux, en Israël les gens ne sont plus vrais, mais en France, très souvent, et même en Israël, le problème existe.
Vous parlez de la vérité, vous leur parlez de la Torah, ils disent: « C'est super, c'est super, ouais c'est vrai, c'est possible, c'est pas mal. » Le soir, ils vont au mall. C'est-à-dire que la vérité ne les modifie pas. C'est une possibilité, d'accord, c'est bien, c'est bon. Mais il y a trente ans, ça n'existait pas. Les gens qui pensaient, si vous leur disiez la vérité, ils étaient prêts à se sacrifier jusqu'à la mort pour soutenir que la Torah n'était pas la vérité, que le communisme était la vérité. Mais quand ils arrivaient à comprendre que c'était la vérité, ils changeaient. Aujourd'hui, la grande maladie, c'est que les gens ne changent plus. La vérité, c'est avec la raconte. La vérité c'…
Moi, je suis là en mode de nuit avec les… vous allez rigoler, les camarades. D'accord, c'est vrai, ça veut dire que je ne vais pas aller en mode de nuit. Zvenili… de nuit. Et ça, c'est un grand malheur. Parce que la Torah est censée te modifier, te bouleverser, te changer. Une Torah qui ne te change pas, ça existe, même dans le monde religieux. Il y en a qui l'étudient toute la journée, mais ils ne changent pas. Ça ne les bouleverse pas, ils ne bougent pas. Ils restent des bourgeois dans le monde de la Torah. Il n'y a rien de pire.
Deuxième mouvement: une fois que tu es bouleversé, modifié par la Torah, tu dois utiliser cette Torah pour changer le monde, pour faire changer les choses. Je ne peux pas étudier la Torah en spectateur. Témoigner, c'est construire un monde meilleur à partir de ce que tu as étudié. Et ça, le lachone hara, le faux témoignage, le brise. Je sors des murs de la Torah, je dis du lachone hara pour m'empêcher, je crée un monde faux pour m'empêcher de bâtir à partir de l'enseignement de la Torah, la vérité qui doit s'incarner dans la réalité.
C'est ça, l'extraordinaire péché des Méraglim, et il se reconduit en nous, chaque jour, quotidiennement. Je peux avoir des convictions affirmées et une indécision totale quant aux principes de la Torah, mais quand il s'agit ensuite de les incarner, de les assumer jusqu'au bout, non, là c'est trop difficile, non, non, là j'invente des excuses, j'invente un faux témoignage pour que cette Torah ne soit pas génératrice d'un bouleversement du monde. Et le plus vrai faux témoignage, c'était Ticha BeAv.
— Non, je crois que c'est lui. — Ah, c'est bon. C'est lui, c'est vous, c'est moi. — C'était parce que c'était lui, c'est vous. — Vous savez que c'est parce que c'était lui que c'était moi. — Oui, d'accord. Ça nous fait… ça ne nous rajeunit pas. — Non. Enfin oui, c'était bon. — Ah ouais, on y va, ouais.
Euh, donc, je remercie le Rav Sadin d'avoir recentré le problème. On a commencé avec le témoignage, le peuple témoin, ce que le témoignage représentait au niveau de l'émouna, etc. Et puis, grâce à l'intervention du Rav Sadin, on a focalisé le problème sur la parole, la sentence de la parole, et évidemment, on est au centre du sujet. Ça m'embête à chaque fois de lui dire « je remercie le Rav Sadin », mais après, quand il parle, il dit « je remercie Kling », parce que la vérité, c'est que ce n'est pas un débat, quoi.
La prochaine fois, il faut nous réinviter pour parler du sionisme. Ou à la rigueur de l'armée, de la yeshiva, ou des trucs comme ça. Mais là, franchement… Vous voulez, pour la prochaine fois, le débat, la fille de Bénette et… Voilà, exactement ! Pour vous ! Comment ça s'appelle dans le chêne, l'eau …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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