Émouna et pensée juive selon Orot HaKodesh
Le Rav Kook invite à regarder le monde d'en bas vers le haut, à devenir soi-même la mitsva, et à voir l'unité de toute chose.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : L'émouna et la pensée juive : voir la présence divine dans le monde, 53 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous sommes dans Orot HaKodesh du Rav Kook, perek Samekh Dalet et Samekh Zayin. On verra ce qu'on pourra, B'ezrat HaChem, avancer. Orot HaKodesh est le livre clé qui nous introduit aux notions de ce qu'on appelle Chokhmat HaChem, la sagesse divine. C'est une approche de la Kabbale, en fait, d'une manière douce, mais très profonde, parce que le Rav, avec son langage poétique, traite de sujets très, très profonds que ceux qui ne connaissent pas les données de la Kabbale ne peuvent pas comprendre. Ils vont laisser ça au niveau poétique. Donc tous ces degrés que le Rav utilise sont en réalité des degrés très profonds, qui nous amènent à un niveau humain pour que nous puissions comprendre et monter de niveau.
Et avec nous, faire monter le monde pour être capable de contenir le troisième Beit HaMikdach. Le troisième Beit HaMikdach, qui est en réalité l'infini dans le fini, ne pourra plus être détruit. Les deux Batei HaMikdach ont été détruits parce que le monde n'était pas au niveau de ce Beit HaMikdach. Il y a donc eu rejet. Pour que le troisième Beit HaMikdach demeure, il faut que le monde monte au niveau de cette valeur divine qui va être en lui. Il y aura alors correspondance, et le monde ne sera pas détruit, et le Temple ne sera pas détruit. Si, chas vechalom, il n'y a pas la même force, c'est comme l'association de deux degrés différents, et donc il y a rejet d'un des deux degrés. Comme une opération mal réussie, chas vechalom. La troisième opération, celle du troisième Temple, nécessite l'élévation du monde.
L'élévation du monde passe par nous. C'est-à-dire par notre prise de conscience de ce que HaKadosh Baroukh Hou attend de nous, et par notre étude. Nous faisons monter notre intelligence, notre ratsone, nos actions, nos pensées, nos paroles, à un niveau qui embellit le monde et qui lui permet d'être un canal pour recevoir cette donnée supérieure. Ok ? Beit Mikdach veut dire Beit, une maison, Kodesh, le sacré.
Le Rav nous invite ici à une Kria et une Histaklout. Il nous dit qu'il y a un appel et une lecture. Ce qui est très intéressant en hébreu, c'est que la lecture et l'appel se disent de la même manière: Kikhé ani kore sefer, ani kore, lema sheyesh ba sefer. Quand j'étudie, quand je lis, j'appelle, j'interpelle. C'est-à-dire que je fais venir à moi quelque chose qui est dans le livre. Je fais sortir du livre des éléments qui sont cachés de moi-même. Comme si le livre était une forme de vie qui ne bouge pas, et que moi, dans ma lecture, je faisais vivre ce degré qui est statique pour l'instant. J'active, en réalité, un mouvement.
Comme s'il y avait un oiseau dont les ailes sont fermées, et que quand je lis, l'oiseau commence à ouvrir ses ailes et à voler. Qui je lis là-dedans ? Moi-même. Je me lis. Je m'appelle. Qu'est-ce que ça veut dire que je m'appelle ? Je retrouve dans le texte du Rav des éléments qui sont de ma vie, que je ne connais pas parce que je les ai oubliés. Ce sont des degrés qui font partie de mon essence. C'est avec ces degrés que HaKadosh Baroukh Hou m'a créé. Mais pour une raison ou une autre, pour l'instant, c'est loin de moi. Qu'est-ce que je dois faire ? Je dois tout simplement intégrer des éléments qui font partie de ma propre vie, que je n'ai pas pu avoir jusqu'à aujourd'hui.
Alors, on commence. Kria, donc lecture et appel. Histaklout, qu'est-ce que c'est ? Un regard. Quelle est la différence entre histakel et habit ? Il y a une différence de sens. Habit, c'est toujours du haut vers le bas. Histakel, c'est du bas vers le haut: je fais un effort pour élever ma vision humaine à une vision céleste, divine. C'est ce qu'on appelle histaklout. Elyona, donc supérieur. Im tirtsé ben adam. Le Rav commence:
Si tu le veux vraiment, toi, le fils de l'homme, tu peux voir, tu peux entrevoir, tu peux découvrir la lumière de l'Achkena dans toute l'existence, dans tout le cosmos. Tu peux arriver à voir la délicatesse, Eden, qui vient du mot adinout, la délicatesse de la vie. Tu deviens très précis dans ton regard sur le monde. Hachmeim, les éléments les plus célestes, les plus lointains, les plus élevés, tu pourras, toi, avec ton regard d'homme, les appréhender.
Donc le Rav nous dit que cela dépend de quoi ? Im tirtsé. Si tu veux. Incroyable. Vous allez me dire: « Je veux. » Alors pourquoi ça ne marche pas ?
Et tu vas découvrir, dit le Rav, comment cette sagesse supérieure, cette vie de délicatesse supérieure, se répand, se dévoile dans tous les recoins, dans tous les angles de la vie. Autrement dit, le Rav nous ramène toujours à sa Torah de base: l'unité qui touche le tout.
Fais très attention de ne pas croire que HaKadosh Baroukh Hou s'occupe d'un degré et qu'il a omis, oublié ou qu'il ne remplit pas certains recoins de notre existence. Pour découvrir Son action, il faut que tu découvres Son action à la yeshiva, à l'armée, au travail, dans ta maison, dans ton couple, dans tes vêtements, dans tout. HaKadosh Baroukh Hou n'est pas coincé dans une synagogue. HaKadosh Baroukh Hou n'est pas coincé dans un livre. Il remplit la vie.
Et le Rav nous dit, pour que nous ne tombions pas dans l'erreur: Dieu est-il spirituel ? Non. Pas plus qu'Il n'est matière. Il y a l'esprit et la matière, et tout cela est rempli par la force divine. HaKadosh Baroukh Hou remplit tout, et Il est en dehors de tout en plus de cela. S'Il remplissait le tout et qu'Il n'était que dans le remplissage, Il aurait été limité au monde. Donc, au lieu de dire Adonaï Hou HaElohim, on aurait dit Elohim Hou, chas vechalom, Yud Hé Vav Hé, comme Ito le pensait au départ. Nous, nous disons non: Adonaï Hou HaElohim. C'est-à-dire qu'il y a l'esprit divin qui est au-delà de tout ce que nous connaissons, mais qui s'habille dans notre nature.
Mais ne fais pas en sorte de croire que la nature, c'est Dieu. Attention. La nature n'est pas Dieu. Dieu s'habille dans cette nature et il la fait vivre, mais tu ne peux pas dire que c'est elle, Dieu. Donc, Haru khaNim va chomrim: HaKadosh Baroukh Hou, le Tétragramme, remplit et l'esprit, et la matière, et le souffle, et le chomer, la matière.
Quelle est la différence entre l'esprit et la matière ? Il faut comprendre qu'il y a un espace. Comment dit-on espace en hébreu ? Révach. Ce sont les mêmes lettres que Rouach. C'est-à-dire que le Rouach et le chomer, c'est en réalité l'espace et le plein, les vides et les pleins. Comprenez-vous ? Rouhaniout et gachmiout ne veulent pas dire l'esprit et la matière, ça veut dire les vides et les pleins de l'existence. Et qu'est-ce qu'il y a de plus, de vide ou de plein ? De vide. C'est-à-dire qu'il y a plus d'espace que de remplissage.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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