Le karoubier de Choni HaMeaguel et la Gueoula
Planter pour les générations suivantes : le Rav Kook, la Guemara de Taanit 23a et le sens de Tou Bichvat.
Rav Yoël Benharrouche
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Aujourd'hui, nous allons étudier un des sujets qui ont trait à la fête de Tou BiChevat, Tou BiChevat qui est en réalité une date. C'est-à-dire qu'on mentionne le nom de la fête par rapport au nom de la date: Tou BiChevat, le 15 Chevat. Et nous faisons un Seder, un ordre, une mise en ordre.
Pendant cette journée de Tou BiChevat, c'est pour ça qu'on l'appelle Seder Tou BiChevat, il y a un certain ordre qui se place dans le monde et que nous devons faire. J'ai choisi, Be'ezrat Hachem, de vous présenter un texte qui traite du souci que nous devons avoir, non pas seulement pour notre présent, pour notre vie à nous, mais pour le futur. Et donc j'ai pris un texte du Rav Kook.
Une Guemara, et nous allons, Be'ezrat Hachem, essayer de développer tout ça. Le Rav Kook, zatzal, lorsqu'il traite du sujet de la plantation des arbres en Erets Israël, des arbres fruitiers si possible, parce que l'arbre fruitier donne des fruits, a déjà une importance plus élevée qu'un arbre qui ne donne pas de fruits.
Le Rav Kook nous dit donc, en gras: l'envie, le désir de planter des arbres vient du désir de faire du bien aux générations à venir. C'est ce que dit le Rav Kook.
Autrement dit, le Rav nous explique ici que quelqu'un qui plante un arbre est quelqu'un qui voit plus loin que le bout de son nez. C'est quelqu'un qui n'attend pas forcément que cet arbre soit pour lui, mais qui a l'impression de faire quelque chose pour les générations qui vont venir après lui. Il y a donc ici un acte symbolique très important, primordial.
Cela veut dire qu'il y a une éducation sous-jacente qui nous apprend à faire des actes qui ne sont pas forcément pour nous, maintenant, tout de suite. Ça nous sort un petit peu de l'égoïsme, où chaque chose que je fais est immédiatement pour moi. Il y a ici quelque chose de beaucoup plus profond: je fais quelque chose, et le résultat va venir après. Peut-être que moi-même, je ne verrai pas les fruits de ce que je suis en train de planter maintenant, de semer maintenant.
Regardez ce que le Rav va rajouter: Hamouvlat Betokfo. Où est-ce que ça prend tout son relief, tout son sens ? Ce que je viens de dire, dit le Rav: Be'etz Hecharou, dans le caroubier. C'est-à-dire que l'arbre, le caroubier, a quelque chose de spécial, d'exceptionnel, plus que les autres arbres. Et nous allons voir.
À quoi fait référence le Rav ? Apparemment à une Guemara qui se trouve dans Taanit, à la page 23. Et voici ce que la Guemara raconte là-bas, en traduction: un jour, il était en train de marcher en chemin. De qui nous parlons ? De Choni HaMeagel. Vous avez sûrement entendu parler de ce personnage.
C'était un personnage un petit peu spécial, qui était à son époque, et les sages voyaient en lui une capacité à enseigner des messages pour le peuple d'Israël. Ce fameux Choni HaMeagel, qui un jour a prié pour qu'il pleuve, a tracé un cercle autour de lui, et s'est mis au centre de ce cercle en attendant que la pluie vienne. Et HaKadoch Baroukh Hou a fait descendre la pluie.
Un jour, ce Choni HaMeagel marchait sur son chemin, et il a vu un homme, en traduction, qui était en train de planter un caroubier, un arbre de caroube. Il lui dit: « Hai, at kamashnin tayin ». Cet arbre que tu es en train de planter, c'est un petit truc de rien du tout. Dans combien de temps tu verras les fruits de cet arbre ? L'homme répond: « Atchivimshnin », dans 70 ans.
Tu es en train de planter un arbre qui va donner ses fruits dans 70 ans. Et Choni lui pose la question, à cet homme qui est en train de planter l'arbre: c'est tellement simple pour toi de croire que tu vas vivre encore 70 ans ? Autrement dit, tu crois que tu vas voir les fruits de l'arbre que tu es en train de semer maintenant ? Et voici l'enseignement de la Guemara.
L'homme répond à Choni HaMeagel: quand je suis arrivé dans ce monde, il y avait des caroubes. Oui. Cela veut dire que quelqu'un les a plantées pour moi. Il n'a pas pensé à lui. Cela veut dire que mon arrière-grand-père ou mon père a planté un caroubier pour que moi, aujourd'hui, Choni HaMeagel... pas Choni HaMeagel, toi, moi, peu importe, nous puissions manger. « Chat lé nami lébraï ». Alors moi aussi, lui dit cet homme, je suis en train de planter un arbre, pas pour moi, pour mes enfants, pour mon fils.
Voici la Guemara. Elle est simple, elle est claire. Cela veut dire que la Guemara nous donne ici une leçon pour sortir de notre égoïsme et pour faire, dans ce monde, des choses qui ne sont pas forcément pour nous-mêmes. Et même si je ne vois pas les fruits tout de suite, ce n'est pas tellement grave, parce que moi, quand je suis arrivé, quelqu'un a pensé exactement comme ça, et c'est pour ça que j'ai des fruits et des caroubes. Alors moi aussi, je dois continuer à planter, même si ce n'est pas moi qui vais manger de ces fruits.
Je saute le passage: j'ai marqué Targoum, c'était la traduction, mais je vous l'ai déjà traduit. Kayotse Baze, Matzinouba. Midrach Tanchouma: quelque chose qui ressemble à ce qu'on vient de dire, nous l'avons trouvé dans le Midrash Tanchouma, à propos du verset.
Concernant le verset de la paracha de Kedochim, c'est-à-dire dans le livre de Vayikra, chapitre 19, verset 23. La Torah nous dit, en traduction: lorsque vous viendrez sur la terre, vous allez vous occuper de planter. C'est-à-dire que la mitsva, lorsqu'on arrive en Erets Israël, c'est de planter, de nous occuper de plantation. C'est ce qu'il faut faire quand on arrive en Erets Israël. C'est ce que la Torah nous dit.
Regardez ce que dit le Midrash. HaKadoch Baroukh Hou enseigne au peuple d'Israël: bien que lorsque vous allez arriver sur cette terre d'Israël, vous allez la trouver remplie de tout ce dont vous avez besoin. C'est-à-dire que quand vous allez rentrer en Erets Israël, il y a déjà des arbres fruitiers. Et qui les a plantés, ces arbres fruitiers ? Il y a des gens qui se sont occupés de planter. Donc vous allez trouver une terre déjà accueillante, qui peut vous nourrir.
Alors ce n'est pas la peine de vous reposer en vous disant: « Nechev vélonita ». Il y a déjà tout qui est prêt. On va s'installer tranquillement et on ne va pas se préoccuper de planter encore. « Elahevu zehirim benetiot », nous dit HaKadoch Baroukh Hou. Attention, je vous ordonne que, lorsque vous allez arriver sur la terre d'Israël, même si vous avez déjà des arbres fruitiers, je veux que vous vous occupiez de planter des arbres. C'est pour cela que le verset nous dit: lorsque vous allez venir …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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