Messilat Yecharim : les trois sortes de personnes face à la Torah
Le Rambam compare la quête de la vigilance à un labyrinthe et distingue les hommes parfaits, les demi-savants et le peuple.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Acquérir la zehirout selon le Ramhal, 1 h 08
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bokartov et Chavoua. Tout le monde, on revient dans notre étude de Messilat Yecharim. Si je ne m'abuse, on n'avait pas encore terminé le Péreg Guimel. On est à la fin du Péreg Guimel, si je ne me trompe pas, on est arrivé à « Lema Zedomé ».
On est toujours dans la zehirout. Non, non, avance dans le guimel. On est à la fin du guimel, avance encore un peu. Attends, attends, j'ai déjà parti dans le dalet.
Reviens, reviens. Il a dit guimel. Ah, c'est guimel, ok. Ça avance, on l'a déjà fait. On est dans la zehirout ou dans la zerizout ? Dans la zehirout, les amis. En français, ça doit être: « Mais ceux qui sont dégagés de cette prison voient la pure vérité. » C'est ça. Lema Zedomé, Lema Zedomé. Ok, vous l'avez ?
C'est bon ? Non, vous ne le voyez pas sur l'écran ? Alors, le Ramhal nous a enseigné jusqu'à maintenant… Non, non, on demande aux personnes d'éteindre leur micro et de les allumer quand il y a des questions. Voilà. C'est bon ? Ok.
Donc le Ramhal nous avait expliqué que pour avoir la midrach à la zehirout, la chose qu'il faut d'abord et avant tout comprendre, c'est qu'il faut donner du temps. Il faut prendre du temps pour se poser les questions: est-ce que ce que je fais est bien, ou est-ce que ce que je fais n'est pas bien ? Ça, c'est une chose évidente.
Maintenant, le problème, c'est que, on a dit également que lorsqu'on rentre là-dedans, il y a énormément de chemins différents qui pourraient nous amener à ne pas savoir quel est le bon chemin. Et donc, nous dit le Ramhal: Lema Zedomé, Mazé Domé. Donc ceux-là: Mazé… Mavoch. Ok ? Mazé Mavoch. En français, Mavoch, c'est un ? Un sac. Un cul-de-sac. Un labyrinthe. Voilà, c'est un labyrinthe. Ok ? Et donc, nous dit le Ramhal: Mazé, Mazé Domé, le Mavoch.
Tu vois que le Ramhal vit vraiment à l'époque de la Renaissance en Italie, et il est imprégné par les jardins à la française. Dans les jardins de Versailles, dans les jardins de Fontainebleau, et ainsi de suite. Vous avez donc une grosse ambiance de jardins qui a influencé toute l'Europe de la Renaissance, où on va créer des grands jardins comme ça, qui sont des espèces de labyrinthes.
Et donc il nous dit: Ki yesh assuyot debarim, Ve'od hadevarim… Ruchin… Yesh… Chvilim rabim, nevochim, ume'otim, ravim, shekulam holchim lazé… Ha'matara, ila haMirpeset, la Mirpeset Achat, she ben tsa'am. C'est-à-dire qu'au milieu du labyrinthe, il y a l'endroit où le roi ou le noble est assis avec ses courtisanes et courtisans. Donc ça, c'est ce qui se passe dans les jardins.
Il dit: Olam ha'zeitot havar, zeh havor, yezhmaleh maleh. Il y a plein, plein de chemins pour arriver à la centralité, qui va être, nous avait dit le Ramhal, d'arriver à Olam HaBa, Sagat Hachem, toutes ces choses-là. D'accord ?
Maintenant, juste avant qu'on avance dans le texte, il faut comprendre que lorsqu'on parle de havor, lorsqu'on parle de labyrinthe, on ne parle pas que des jardins à la française. Le labyrinthe, dans la conscience humaine, a pris une tournure extrêmement profonde lorsqu'on se rattache un tout petit peu à l'origine du labyrinthe.
Les premiers qui nous parlent de labyrinthe, c'est le fameux labyrinthe de la mythologie grecque, le labyrinthe qui va être construit par Icare et Dédale. D'ailleurs, on appellera un labyrinthe bien fait un « dédale ». Et Dédale, c'est le nom du bonhomme, l'architecte qui a construit le labyrinthe.
À la base, le labyrinthe a été construit pourquoi ? Pour y enfermer le Minotaure. Eh oui, le Minotaure, cette créature terrible, à corps d'homme mais à tête de taureau, qui dévorait des jeunes vierges et des jeunes garçons, qui n'avaient pas encore connu… Je m'en rappelle plus, c'est mois ou par an, je m'en rappelle plus. Il fallait lui donner un tribut. C'était le roi d'Argos qui avait demandé de créer un… il lui a dit: « Crée-moi un labyrinthe pour que mon Minotaure ne soit plus là. » Effectivement, il y avait un fil, mais ça, c'est lorsque finalement, eh bien, Ariane…
On ne va pas passer trois heures sur la mythologie grecque, c'est pas très grave.
Si quelqu'un veut googler le fil d'Ariane, on aura la réponse tout de suite, mais c'est pas très, très important. Ce qui est plus important, non, rien à voir avec Jason et la Toison d'or non plus, désolé. Donc, non, je m'en rappelle plus. L'important dans notre histoire à nous, c'est que nous avons deux choses à apprendre de cette mythologie, du labyrinthe. La première chose…
C'est qu'on a besoin d'un fil. On a besoin d'un fil conducteur pour être capable de garder la bonne direction. Évidemment que dans le langage du Ramhal, ça devient très limpide, puisqu'il nous a dit… « C'est quoi ce fil ? » Ah, c'était Thésée ! Ah ben voilà, j'avais dit que c'était pas Thésée, mais en fait c'est Thésée. Non, Dédale, c'est le mec qui a créé le labyrinthe. Bref, lo mé chané. Donc on a besoin d'un fil. Ce fil, d'après le Ramhal, c'est pas compliqué.
C'est la Torah ! Rappelez-vous que tout le livre est construit sur la Beraïta de Rabbi Pinhas ben Yaïr, qui commençait en disant: « Torah. » C'est-à-dire que la Torah, c'est notre fil conducteur, qui nous permet d'avancer dans ce mavoch de manière bétoch. Maintenant, nous avons également besoin d'autre chose, car dans le mythe du labyrinthe de Dédale, comment finalement ils s'en sortent, les deux ? Puisqu'ils ont fait le boulot.
Ils ont construit le labyrinthe, mais le problème, c'est qu'Icare et Dédale l'ont tellement bien construit, le père et le fils, qu'ils se retrouvent piégés à l'intérieur. Ils ne trouvent plus la sortie. Ils ne savent pas quoi faire, ils ne savent pas comment s'en sortir. Jusqu'à ce que Dédale lève les yeux vers le ciel et se dise: « Ah bah tiens, y a pas de toit à notre labyrinthe. Donc on n'a qu'à s'envoler. On n'a qu'à se créer des ailes. »
Et en se créant des ailes, on arrivera à s'envoler au-dessus du labyrinthe, et de là, eh bien, on pourra retrouver notre chemin. Aussitôt dit, aussitôt fait: ils vont trouver des plumes qui traînent un peu partout, ils vont se les coller sur les bras avec de la cire, et c'est parti. Ils deviennent des hommes volants, et ils réussissent à s'élever dans les cieux.
Le seul problème, c'est qu'à un moment donné, Icare, il est jeune, tu vois, et il kiffe sa nouvelle situation, il commence à s'envoler très haut. Et Dédale lui dit: « Mais fais attention, ne va pas trop près d'Hélios, le dieu du soleil, parce qu'il risque d'être vénère. » Et effectivement, Hélios ne lui pardonne pas de s'être rapproché trop près de lui, et donc il fait fondre la cire, les plumes tombent, et Icare tombe dans l'eau et meurt. Tragédie grecque.
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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