La défaite de Haï et la faute d'Akhan
Pourquoi la première défaite en terre d'Israël révèle la nécessité de la arvout, la responsabilité mutuelle du peuple.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Victoire à Haï : se relever après l'échec, 56 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Ouverture et reprise de l'étude
Bon, eh bien, bon Chavouot tov. Comme a dit David, on ne va pas parler de l'actualité. On n'en parlera pas demain matin, Rav, j'ai prévu les élèves. Exact. Voilà. C'est en live ? Non, ce n'est pas en live, mais s'ils ont des questions à poser, ils les enverront et elles pourront être posées dans l'après-midi de toute façon.
Et bien les amis, reprenons notre étude du livre de Yehoshoua. Nous sommes effectivement en plein milieu du chapitre 7, où on vient de voir… Non, c'est bien, on est bien là. On était arrêtés la semaine dernière sur la première défaite du peuple juif en terre d'Israël.
J'ai envie de vous dire: première défaite, alors qu'on n'a fait que deux combats. On a eu une victoire et une défaite. Pourquoi cela nous met-il dans un état aussi compliqué ? Finalement, on a perdu combien d'hommes ? On a perdu 36 hommes au combat, et on a vu qu'en fait ce n'était pas 36, c'était un. Alors pourquoi, lorsqu'on perd un homme au combat, c'est la débandade ? Makara. Qu'est-ce qui se passe ?
Eh bien, les amis, il faut bien se rendre compte que le combat de Haï est le premier combat naturel. C'est la première fois où l'on se bat sans les miracles divins. Lors de la conquête de Yéricho, c'est sûr que quand on est motivé par le miracle des murailles qui tombent, c'est autre chose. Mais là, dans le combat de Haï, c'est la première fois qu'on va devoir faire face à une réalité du terrain. Et la réalité du terrain, comme on l'a dit la dernière fois, je pense, c'est que la arvout devient quelque chose de nécessaire.
Et deux impératifs. Arvout, c'est-à-dire le fait que Kol Israël arevim zeh lazeh, que nous sommes chacun garants les uns des autres. Et c'est ce qu'on va voir maintenant. Vayikra Yehoshoua… Vayafou, vayalo, afpar al rochan.
On peut voir ici une dépression totale du matkal, du gouvernement et des dirigeants. Et il faut se rendre compte qu'il y a une réalité. Je vais poser la question suivante, vous n'êtes pas obligés de répondre, c'est une question rhétorique: est-ce qu'il y a des gens ici qui m'écoutent, qui ont fait Aliya, et qui, à un moment donné, entre le moment où ils ont fait leur Aliya et aujourd'hui, ont ressenti qu'il y avait des problèmes, que ce n'était pas facile, qu'il y avait des défis à relever, et que parfois c'était plus facile, parfois beaucoup moins facile ? Eh bien oui, c'est une question rhétorique, je pense que la réponse est claire. Et plus on vient tôt, moins il y a de problèmes, et plus on vient tard, plus c'est compliqué. Zeinachon, zeinachon.
Ceci étant dit, cela nous montre à quel point ce que disent nos sages est quelque chose que nous pouvons complètement vivre au quotidien. Erets Israël nikne bissourim. C'est-à-dire que la terre d'Israël, comme on dit dans le langage israélien moderne, on ne l'a pas reçue sur un plateau d'argent. En d'autres termes, c'est caché. Oui, il faut des sacrifices pour arriver en terre d'Israël. Mais le plus grand sacrifice, ce ne sont pas des hommes qui tombent au combat.
Ce ne sont pas les sacrifices qu'il faut faire. Il faut sacrifier le concept qui était le nôtre avant. C'est très compliqué de passer d'un monde où je ne dois me soucier de rien, puisque c'est Dieu qui fait tout, à un monde où c'est moi qui dois prendre ma vie en main, prendre le destin de mon peuple en main. C'est pour cela que Yehoshoua et son entourage tombent dans une déprime terrible.
Et donc Yehoshoua dit: Ahah, Adonai Elohim. Dis-moi ce mot, Ahah. Tu as l'impression qu'il parle en français ? Ah bah oui. Ahah, il manque un Youd, puisqu'il y a un des noms de Dieu qui s'appelle Ehyeh. C'est ce qu'on a lu hier, Chabbat, dans la paracha de Chémot. Ehyeh shelakhani aleikhem. Dieu avait dit Ehyeh asher Ehyeh quand Moshé avait demandé: quel est ton nom ? Qu'est-ce que je dois leur dire ? Tu m'envoies devant les Enfants d'Israël, je dis: c'est le Dieu de vos pères qui m'envoie. Ils vont me demander: quel est son nom ? Et Dieu répond: Ehyeh asher Ehyeh. Je n'ai même pas fait exprès.
Dans le chat, quelqu'un dit que j'ai parlé de sacrifier la conception d'avant. Je n'ai pas dit ça. Je parlais juste de passer d'un monde où tout était géré par Dieu à un monde où tu dois te gérer tout seul. Si tu vois des remazim dans ce que je dis alors que je ne fais même pas attention, que te dire ? Bon, en tout cas, Ehyeh, c'est le nom que Dieu nous donne. C'est le nom que tu vas dire aux Enfants d'Israël. Et là, on voit qu'il manque un Youd.
Vayomer Yehoshoua: Ahah, Adonai Elohim, lama heavarta taavir et ha'am hazeh et hayarden, latet otanu beyad haEmori lehavidenu. Donc Yehoshoua dit: pourquoi nous as-tu fait passer le fleuve ? Si c'est pour ça ! Et donc, en précédant, un dévoilement divin manque. Il manque le Youd, il manque la dimension de connexion avec l'éternité. Le Youd, c'est l'éternel. Et donc Yehoshoua va être frappé d'une vision à court terme: pourquoi nous as-tu fait passer le Jourdain ? Si on tombe, ce n'est pas possible de tomber.
Et il continue: Bi Adonai, ma amar, acharei asher hafakh Israël oref lifnei oivav. Les Cananéens et tous les habitants du pays vont l'entendre, nous entoureront et effaceront notre nom de la terre. Et que feras-Tu pour Ton grand Nom ?
Et là, Yehoshoua reprend le même argument que Moshé Rabbénou. À chaque fois qu'il y avait un problème avec le peuple juif, où Dieu disait: « Je vais tous les tuer », l'argument, le joker de Moshé, c'était: « Mais que diront les Égyptiens ? Tu as fait sortir le peuple, qu'est-ce qu'ils vont dire ? Maintenant tu les fais mourir. »
Bien les amis, oumata selekhimcha agadol. Il faut bien comprendre une chose, et dans la bouche de Yehoshoua, et dans la bouche de Yehezkel le Navi: vous le savez, le peuple juif a une mitsva de Kiddouch Hachem. C'est-à-dire que nous avons la mitsva de sanctifier le Nom, vehitkadashti betokh bnei Israël. Et de la même façon, nous avons une mitsva négative, un interdit, de Hilloul Hachem. D'accord ? Ça, ce n'est pas discutable.
Après, qu'est-ce que c'est que le Kiddouch Hachem ? Ça peut être, par exemple, que tu viens avec ta kippa, tes tsitsit, ta barbe, et quand tu es au supermarché, tu laisses passer une vieille dame devant toi, tu es gentil, et tu parles poliment avec le caissier, tu lui dis merci. Top ! Kiddouch Hachem. D'un autre côté, Hilloul Hachem, c'est que tu viens avec ta kippa, tes tsitsit, ta grande barbe, et tu cries dans le magasin, tu craches par terre, et tu pousses tout le monde. *Hilloul …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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