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Techouva, tristesse et âme : la nechama et ses manques

Comment la tristesse née des fautes touche la nechama, et pourquoi la crainte du châtiment n'est qu'un point de départ.

46 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Orot HaTechouva, partie 32, 47 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Nous poursuivons, sans crainte et avec témérité, notre étude approfondie des Orot HaTechouva du Rav Kook. Nous sommes arrivés, bon an mal an, au chapitre Yud-Dalet, au paragraphe Yud-Beth.

Ce chapitre est un chapitre assez particulier, puisqu'il traite de différents cas particuliers de techouva et de différents cheminements. Ce qui est dit dans chacun des paragraphes n'est donc pas pour tout le monde: il s'adresse à certaines personnes. Un des sujets abordés dans les derniers paragraphes est la tristesse. Non pas la tristesse en tant que mauvaise midda (il y a parmi les défauts qu'on peut avoir le défaut de la tristesse, qui est considéré dans la tradition juive comme l'un des plus graves défauts), mais la tristesse qui a pour origine les péchés. Il arrive que la tristesse ait son origine dans un sentiment de culpabilité, parfois conscient, parfois inconscient. C'est de cela que traite ici l'Orot.

Le paragraphe est un peu ardu, parce qu'il se réfère à deux types de personnes. Vous savez que, selon la tradition, l'être humain a trois niveaux: nefesh, roua'h et néchama, que l'on traduit par le psychique, le spirituel et l'âme.

La néchama n'est pas toujours ressentie, il est très rare qu'elle le soit suffisamment fort. Il y a donc trois niveaux de conscience. Il y a ceux dont la conscience se limite au nefesh, ceux qui ont aussi une conscience du roua'h, et très peu, quelques élus, qui ont la conscience de la néchama.

Que cela veut-il dire ? Quand je dis « moi », quand je dis « je suis telle ou telle personne », il faut savoir ce que je veux dire par là. Est-ce que je parle de mon nefesh, de mon psychisme immédiat ? C'est souvent le cas de nombreuses personnes. Il y a aussi ceux qui vivent dans une certaine sphère spirituelle, qui sentent en eux un souffle, pourrait-on dire. Et il y a ceux qui sont liés à la racine de leur âme, à leur néchama, ce qui engendre évidemment des différences de perception.

Il existe donc différents niveaux de conscience, et aussi différents niveaux de tristesse: la tristesse qui vient des manques, des imperfections que nous avons en nous, des péchés que nous avons commis. Ces différents niveaux se traduisent de différentes manières. Passons maintenant directement au texte.

Il y a donc une tristesse intérieure. Certains diront: « Moi, je m'en moque de savoir ce que ma néchama ressent. Je vis au niveau du concret, je suis un homme du nefesh. » On peut dire que chez les individus liés davantage aux actes, au matériel, à la réalité concrète, les problèmes de la néchama ne les dérangent pas trop. On sait bien qu'il faut faire un tikkoun de la néchama, mais ce n'est pas très préoccupant.

Par contre, il y a des personnes qui vivent dans la proximité de leur néchama, et quand il y a un manque dans la néchama, c'est ressenti très fort par elles. C'est ce que dit ici le Rav Kook: il existe une tristesse intérieure qui a pour origine le sentiment des manques de la néchama, lorsque les actes sont défectueux et que le sentiment de responsabilité pratique ne descend pas dans les détails.

Dans ce cas, c'est le nefesh qui ressent la douleur de ce manque. Pourquoi ? Parce que le monde des actes est plus proche du nefesh que de la néchama. Or, si ce sont les mauvaises actions qui sont à l'origine de la tristesse de la néchama, alors cela se ressent très fort au niveau des actes. Ce n'est pas le cas pour ceux qui sont proches du concret et qui sont donc, disons, corrects du point de vue des actes, mais incorrects au niveau de la néchama. Ils ne ressentent pas leur manque au point d'en être attristés, et peuvent donc être plus joyeux dans leur nature.

Voilà ce que dit en substance le Rav Kook: il y a différentes choses à réparer en nous. On doit réparer notre néchama, on doit réparer nos actions. Ceux qui sont liés au monde des actions, au monde concret, ne ressentent pas tellement les douleurs de la néchama, tandis que ceux qui sont proches de leur néchama les ressentent fortement, et cela se traduit aussi dans le nefesh, dans le psychisme concret. Vous avez donc deux sortes de personnes. C'est, en gros, ce que dit le Rav.

Cependant, la suite du paragraphe est absolument remarquable. Celui qui prend à cœur ces manques pratiques, ces actions, mais qui, en plus, a des aspirations spirituelles immenses, doit augmenter le courant de sa spiritualité, et doit asservir ses aspirations spirituelles au monde pratique.

En d'autres termes, je vais essayer d'être plus clair que le Rav: si vous êtes un homme extrêmement spirituel et que vous ressentez une douleur à cause des péchés, c'est parce que votre spirituel n'est pas lié aux pratiques. Concrètement, dans ce cas, étudiez la halakha et conformez-vous-y. C'est grâce à l'étude de la Torah pratique que votre spiritualité se transformera; et cela deviendra un luminaire de techouva suprême, qui réparera aussi bien la vie pratique que la vie contemplative, en même temps.

Je résume un peu ce que dit le Rav. Je comprends que ce paragraphe soit compliqué, même en hébreu. Ce qu'il dit, c'est qu'il existe des insuffisances matérielles et des insuffisances spirituelles. Les hommes spirituels doivent lier leur monde spirituel au monde pratique, c'est-à-dire étudier la halakha et s'y conformer.

Passons maintenant au Yud-Guimel. C'est intéressant, car il y a souvent des insuffisances liées à une faiblesse physique, une faiblesse corporelle. Pour les insuffisances qui ont leur origine dans la faiblesse du corps, il faut faire techouva aussi bien sur elles que sur leurs conséquences.

Prenons par exemple quelqu'un qui est alcoolique. Être alcoolique est une mauvaise chose, cela crée beaucoup de problèmes, mais parfois cela a pour origine une certaine faiblesse intrinsèque à la personne. Le Rav Kook nous dit que, même si cela a une origine que l'on pourrait appeler des circonstances atténuantes, cela n'empêche pas de faire techouva, y compris pour des choses qui ont leur origine dans une faiblesse du corps.

Il faut veiller à ne pas être trop effrayé, surtout pour les défauts qui ont pour origine une insuffisance du corps. Il y a une grande ouverture vers la bonté suprême: D.ieu ne considérera pas comme un péché ce qui vient d'une faiblesse physiologique. Cela concerne des actes, même s'il s'agit d'actions passives. Ce que dit en fait le Rav Kook, c'est qu'il y a parfois des passions qui s'agitent en nous, et que ces passions amènent parfois à de mauvaises actions, ou même à de mauvaises intentions sans qu'il y ait d'actes. Et ces mauvaises actions, on en est évidemment coupable.

Mais, dit le Rav Kook, la culpabilité a une responsabilité limitée. Si l'origine du péché se trouve dans une faiblesse du corps, on pourra dire qu'il y a circonstance atténuante, et que le Saint, béni soit-Il, en tiendra compte. Dans quelle mesure ? C'est difficile à savoir. Si l'on était le Saint, béni soit-Il, on pourrait le savoir. Mais nous ne le sommes …

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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