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Kadoch et Kodesh : être saint ou déposer la sainteté

Pourquoi la Torah parle d'un peuple déjà saint, et ce qu'il doit faire de cette sainteté dans le monde.

59 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Déverser son cœur devant le talmid hakham, 17 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour. Aujourd'hui nous allons parler de la notion de Kedoucha, de sainteté, et en même temps de la notion de saint. En français on n'entend pas la différence. On a l'impression qu'être saint, c'est en réalité déjà une solution, ou une appartenance à quelque chose qui a subi en fait… Alors qu'en hébreu il y a le Saint, béni soit-il, et il y a sa sainteté.

Et ce n'est pas pareil. Le kadosh, c'est ce qu'on appelle en hébreu une, c'est-à-dire que c'est un dépôt, entre guillemets, du kodesh. Donc le dépôt du kodesh se dit kadosh. C'est comme si le kodesh était la racine, le saint, et le kadosh, c'est celui qui a reçu la sainteté. Ce n'est pas pareil.

Donc lorsque nous disons par exemple Hakadosh Baruch Hou, c'est une faute, parce que Hakadosh Baruch Hou veut dire qu'il a reçu lui-même la sainteté. Nous devrions dire Hakodesh Baruch Hou. Et d'ailleurs cette notion de Hakodesh Baruch Hou, que nous disons tous Hakadosh Baruch Hou, elle vient du Zohar. Rabbi Shimon Bar Yochaï, Allah va Shalom, définit Hakadosh Baruch Hou comme Hakodesh Baruch Hou. En araméen: Koudsha Brikh Hou. Ce n'est pas Hakadosh Baruch Hou, mais Hakodesh Baruch Hou.

Pourquoi donc, alors, le Saint béni soit-il se dit-il lui-même Ki kadosh Ani ? Il aurait dû dire Kodesh Ani. Et pourtant il dit Ki kadosh Ani. Moi aussi je suis apparemment dans le mouvement de sainteté. Je ne suis pas seulement une source de sainteté, je suis aussi le dépôt de la sainteté, quelque part. Et ça, c'est ce que nous allons essayer de comprendre aujourd'hui.

Est-ce que le peuple d'Israël, d'abord, est kadosh, ou bien est-ce qu'il est kodesh, d'après vous ? Kadosh ? Non. Il est les deux. Puisque le Saint béni soit-il nous dit: Kodesh Israël LaHachem, Réchit Tevouato. C'est-à-dire, nous sommes comme lui. Nous sommes à la racine de la sainteté, c'est-à-dire le saint. Et nous sommes aussi dans le dépôt de la sainteté, c'est-à-dire des saints.

Et ça, c'est quelque chose d'extraordinaire. Quand je dis « extraordinaire », ce n'est pas au niveau sémantique, vide de sens. C'est réellement extra, en dehors de l'ordinaire. Parce que quelqu'un qui reçoit sur lui, je peux comprendre, mais quelqu'un qui a la source, ça, c'est déjà l'Infini, béni soit-il. Or l'Infini, béni soit-il, nous a mis à ce degré. Et pourquoi donc ? Tout simplement parce qu'il nous a pensés en premier avec ce degré de saint, béni soit-il.

Et lorsque nous venons ici, maintenant, dans ce monde, qu'est-ce qu'il nous demande ? C'est à quel étage ? Le deuxième. Alors est-ce que quelqu'un d'entre vous peut m'expliquer ce que ça veut dire ? Nous sommes déjà Kodesh. Alors qu'est-ce que ça veut dire ?

C'est le dévoilement. Je ne vous demande pas d'être ce que vous êtes déjà. Donc il ne s'agit surtout pas, ici, d'un ordre divin, comme beaucoup de gens le traduisent: « Soyez saints, je vous demande. » Non: vous êtes saints. D'ailleurs, une règle grammaticale en hébreu fait immédiatement le ménage. En hébreu, si je veux impérativement dire à quelqu'un « Sois saint », je ne peux pas lui dire… je dois lui dire… Il n'y a pas de taf. Donc si le Saint béni soit-il voulait nous donner un ordre — « Soyez saints, je vous ordonne » — il aurait dû dire autrement. Et tout le monde fait la même erreur en hébreu.

Quand je dis à quelqu'un: « Ce n'est pas que je t'ordonne d'être grand », je te donne déjà, en réalité, une situation donnée: tu seras grand. Donc, lorsque le Saint béni soit-il demande au peuple d'Israël, ce n'est pas qu'il leur donne un ordre d'être saints, parce qu'ils le sont déjà; mais il leur donne un ordre de quoi faire: dévoiler le Saint, béni soit-il, à travers la sainteté.

Vous êtes avec moi ? J'essaie d'être le plus clair possible, parce que sinon on s'embrouille les pédales. En français, on n'entend rien de tout cela. « Soyez saints car je suis saint », c'est quoi, tout ça ? Ça ne veut rien dire. Alors on va essayer de voir dans le texte maintenant.

Il parle à l'assemblée des enfants d'Israël. Il dit à Moshé Rabbénou: « Tu leur parleras en leur disant… » Il n'y a pas marqué Kedoshim ? Donc Kedoshim tihiyou, est-ce que c'est un ordre ? Non, c'est une annonce. Autrement dit: vous êtes toujours saints, vous serez toujours saints. Ce n'est même pas un futur, c'est un présent continu.

Ce n'est même pas une promesse, c'est un état de fait, exactement. C'est ce qu'on appelle en hébreu moulad, c'est-à-dire une nature. Nous avons été créés comme ça. Donc ce n'est surtout pas un ordre. Et là, il y a quelque chose d'extraordinaire.

Si le Saint béni soit-il voulait dire: « Parce que moi, je suis la source de la sainteté », il aurait dû dire: Kodesh Ani. Lui-même, il dit Ki kadosh Ani. Pourquoi dit-il Ki kadosh Ani ? Je vous ai dit que kadosh égale… déposer la sainteté. Autrement dit, le Saint béni soit-il ne nous dit pas: « Car je suis la source de la sainteté, ça, on le sait. » Quelle est la nouveauté ici ?

C'est que moi aussi, qu'est-ce que je fais dans le monde que j'ai créé ? Je dépose cette sainteté. Il veut qu'on soit comme lui. Exactement. C'est-à-dire: soyez actifs dans le dépôt du Saint béni soit-il dans la création. Donc il ne va pas employer le nom Kodesh, ni pour Israël, ni pour lui-même. Kedoshim… Oui. Tihiyou: vous serez toujours ceux qui déposent le Saint béni soit-il sur terre, car vous avez été créés comme ça, intrinsèquement. Et moi aussi, ki kadosh Ani, parce que moi aussi je suis kadosh, pas seulement kodesh.

Être kodesh, c'est être en dehors du système. Vous comprenez ? Mais lorsque le kodesh devient kadosh, là ça veut dire que je suis capable de pénétrer l'atmosphère terrestre et de déposer le Saint béni soit-il dans cette atmosphère.

Et là, vous avez en plus le double nom du Saint béni soit-il, qui est Adonaï Elohékhem. Alors rappelez-vous: ça revient très souvent, à ce système, et ceux qui ne le conçoivent pas ne comprennent pas le concept. Il aurait pu dire en français: « Car je suis l'Éternel. » Non, il dit Ani Adonaï Elohékhem.

Le tétragramme, c'est celui qui est Kodesh. Le Elohim, c'est celui qui est Kadosh. Vous êtes avec moi ? Donc, lorsqu'il dit Adonaï Elohékhem, ça veut dire que lui-même, qu'est-ce qu'il fait ? Il fait passer son Kodesh à travers le Kadosh, et en plus de ça, il y a une appartenance: Elohékhem. C'est-à-dire que ça passe par vous, par le peuple d'Israël.

Donc, en une phrase, nous avons ici, en réalité, la base même de tout ce que nous sommes. Nous sommes un peuple qui est, dans sa nature, au niveau du Saint béni soit-il, comme lui, il est le Saint béni soit-il. Mais nous avons aussi la …

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