Hilkhot Techouva : la mitsva de faire le vidouï
Maïmonide ne compte pas la techouva parmi les 613 mitsvot, mais l'aveu (vidouï) qui l'accompagne.
Rav Oury Cherki
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Je vous souhaite la bienvenue en Israël. Il y a des chances que, jusqu'à la fin de l'année, je me rappelle de vos noms, mais en général je les oublie. Si vous en êtes offensés, je suis désolé, il n'y a pas grand-chose à faire. J'oublie les noms des gens. Nous allons étudier une partie des Hilkhot Techouva de Maïmonide. Il y a encore ici deux exemplaires en livre, sans parler des feuilles. Non, même trois exemplaires.
Pourquoi étudions-nous Hilkhot Techouva ? Tout simplement parce que nous sommes dans la période d'Eloul et de Kippour, une période dans laquelle il y a une assistance sur la mitsva de faire techouva. Nous allons donc nous concentrer là-dessus, et retrouver chez Maïmonide, le Rambam, des éléments importants.
S'il y a des halakhot, c'est-à-dire des règles, c'est qu'il y a une mitsva. Une halakha n'est pas une mitsva; c'est le détail d'une mitsva. Il faut donc bien savoir quelle est la mitsva dont nous allons étudier les halakhot. Avez-vous une idée ?
La question s'adresse à la noble assistance ici présente: quelle est la mitsva que nous allons étudier ? — La mitsva de faire techouva. D'accord ? Cela suppose… Qui a répondu ? D'accord, très bien. Comment t'appelles-tu ? — Nathan. Alors, la réponse de Nathan, c'est qu'il y a une mitsva de faire techouva. Nous allons voir effectivement quelle question se pose: y a-t-il réellement une mitsva de faire techouva, ou pas ?
Pour savoir ce qu'il faut faire, nous nous demandons ce que dit la Torah. Qu'est-ce qu'on fait pour savoir ce que dit la Torah ? Il faut lire la Torah. C'est un grand principe qui va nous accompagner pendant notre étude cette année: pour savoir ce que dit la Torah, il faut la lire. Je sais que c'est un grand ridouï, parce qu'en général il y a une opinion répandue selon laquelle, pour savoir ce que dit la Torah, cela dépend de la longueur de la barbe et de la largeur du chapeau, alors qu'il y a une autre option, qui est de lire le texte. Nous allons donc ouvrir.
Je lis dans le premier chapitre que vous avez devant les yeux, les Hilkhot Techouva de Rambam, dans la première halakha. Vous savez lire l'hébreu ? — Oui, bien sûr. Je lis: Kol mitsvot cheba Torah, tous les commandements de la Torah. Combien y en a-t-il, au fait ? — 613. — Ben Assé, ben lo taassé, que ce soit des commandements positifs ou négatifs, combien y a-t-il de positifs ? — 248. — Oui, absolument. Et combien de négatifs ? — 365.
On peut le prouver de deux manières. La première est de faire une soustraction: 613 moins 248 fait 365. La seconde est simplement de les compter. Im avar adam al achat mehem, si un homme a transgressé l'une d'entre elles. — Une des mitsvot, oui. — Il suffit de les compter. — Oui, c'est vrai.
Ben bezadon, ben bishgaga, que ce soit volontairement ou involontairement. Keshe'yachazor, lorsqu'il fait techouva et revient de sa faute, il doit l'avouer devant Hachem béni soit-Il. J'aime pas le mot « confesser ». Il doit l'avouer, she'ne'emar, ainsi qu'il est dit:
Ish o isha ki yaasou mikol hataot haadam. Un homme ou une femme qui aurait commis quelques péchés des hommes… Lim'al ma'al bahachem … ils doivent avouer la faute qu'ils ont commise. Zeh vidoui devarim: c'est un aveu par des paroles. Oumi vidouï zé mitsvat assé: et c'est un commandement positif.
Conclusion. Vous avez compris ce qu'on vient de lire ? Conclusion de notre lecture: il n'y a pas, dans la Torah, d'après Rambam, de mitsva de faire techouva. La mitsva dont il est question, c'est quoi ? Le vidouï, n'est-ce pas ? Il n'y a pas de mitsva de faire techouva en soi. Jusque-là, c'est l'opinion de Rambam, Maïmonide.
Vous me demandez s'il y croit encore ? — Oui ? — C'est une très bonne question. Mais la question qui nous préoccupe n'est pas de répondre à ce problème-là; elle est de savoir s'il y a une mitsva de faire techouva. Si nous étions au moment de l'étude où nous étudions ce que signifie le vidouï, on pourrait répondre à ta question. Mais il y a un grand principe dans notre étude: on ne peut pas étudier deux choses à la fois. Je suis donc obligé de ne pas répondre à ta question, ne serait-ce que pour gagner du temps.
Bon. On fait donc techouva, mais ce n'est pas une mitsva. La mitsva, le commandement positif, c'est de faire le vidouï. Qui n'est pas d'accord ? Eh bien, c'est Ramban, Nahmanide, dans son commentaire sur la Torah. Il explique le verset du livre de Devarim, chapitre 30, Deutéronome 30: Ki hamitsva hazot asher anokhi metsavekha hayom lo niflat hi mimekha, « ce commandement que je te donne aujourd'hui n'est pas difficile pour toi, il n'est pas au loin… » — et il dit que cela dépend de ta parole et de ton cœur: bifikha oubilvavekha la'assoto.
Quel est le commandement en question ? D'après Nahmanide, c'est de faire techouva, puisqu'au début du passage, la Torah dit: Veshavta ad Hachem Elokekha, « tu reviendras à l'Eternel ton Dieu ». Et donc, pour Rambam, quand la Torah dit hamitsva hazot, elle entend par là la techouva. Oui. Dans Devarim, chapitre 30. Ce qui s'écrit en lettres latines XXX, c'est comme ça qu'on écrit 30 en chiffres romains.
Ça ne veut pas dire que c'est une mitsva. Par exemple, la Torah dit ve'achalta, tu mangeras, ve'savata, tu seras rassasié. Est-ce que c'est une mitsva de manger ? Non. La forme grammaticale du futur peut signifier un impératif, mais elle peut aussi signifier un futur. Donc Rambam dira: quand la Torah dit veshavta, c'est un état de fait, c'est une description de ce qui se passera. Donc il n'est pas évident que ce soit une mitsva.
C'est toujours le problème dans les différents comptes des mitsvot: tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a 613 mitsvot, mais on se dispute pour savoir quelles sont les 613 mitsvot. C'est en général à cause de ce genre de problème, parce que l'impératif et le futur, en hébreu, c'est la même forme. D'accord ?
Je tiens à rappeler à la noble assistance qu'il y a une interrogation obligatoire à la fin du cours sur tout ce qui a été dit pendant le cours. À moins que je me convainque que vous avez été attentifs, auquel cas vous en serez dispensés. Mais cela sera noté. Je reprends. Il y a ici une controverse très importante entre le Rambam et le Ramban.
Pour Maïmonide, il n'y a pas de mitsva de faire techouva. D'après Nahmanide, il y a une mitsva de faire techouva. Ça, c'est le premier point. Est-ce que c'est bien clair jusqu'à présent ? Parce que je vais compliquer les choses maintenant. Je vous ai averti: en général, les cours se font de cette manière. On dit des choses simples au début, et après, ça se complique. Il n'y a donc aucun espoir que, …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki
Dans la même série
- 1
Extrait cours sur les Slihots du Rav Cherki - 2
Hilkhot Techouva : la mitsva de faire le vidouïMaïmonide ne compte pas la techouva parmi les 613 mitsvot, mais l'aveu (vidouï) qui l'accompagne.
Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Oury Cherki ».
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav