Le peuple d'Israël et la sainteté de la Terre d'Israël
Pourquoi l'entrée en Erets Israël exige un changement d'âme, et comment la terre et le peuple se répondent.
Rav Yoël Benharrouche
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## La difficulté du changement d'étape
Alors, nous sommes dans la partie gauche du texte de votre référence numéro deux, à peu près treize lignes à partir du début. Dans l'endroit qui est un peu en renfoncement, il y a marqué Ouméhechan nouve'im kol hakshaim ve hamashberim halalu. Vous l'avez ? À gauche, complètement à gauche. Voilà, la dernière colonne, à gauche. À peu près douze, treize lignes.
La question qui se pose, c'est d'où viennent toutes ces difficultés ? Je vous rappelle, pour ceux qui n'étaient pas là, que nous parlons des difficultés du changement d'étape, du changement de grandeur d'âme, que l'individu, Israël, lorsqu'il arrive en Erets Israël, doit changer complètement sa vision des choses pour arriver à vivre au niveau de son peuple et plus seulement au niveau de son individualité. Il y a donc un switch à accepter, à admettre et à vivre.
Mais il y a une grande difficulté, on peut le comprendre. Jusqu'à maintenant, nous vivions comme des individus, et à partir de maintenant, la neshama qui nous est donnée au moment où nous rentrons en Erets Israël est la neshama d'un peuple tout entier, de la nation d'Israël. Imaginez-vous le changement radical entre l'individualité et la grande neshama du peuple tout entier qui nous rentre dedans la première nuit où nous arrivons en Erets Israël. On change de neshama. C'est ce qu'on a étudié dans les cours précédents: il y a un changement de neshama, et donc il y a une difficulté.
Malgré tout, le Rav pose la question: d'où viennent toutes ces difficultés ? De la même manière que ces difficultés vont se retrouver chez l'individu, ces mêmes difficultés vont se retrouver dans la communauté d'Israël, en Erets Israël. Et d'où vient cette difficulté ? Regardez la réponse.
De la grandeur et de la sainteté de la terre d'Israël. Autrement dit, à cause, j'allais dire grâce, à cause de la sainteté et de la grandeur de la terre d'Israël, qui est quelque chose d'inimaginable, l'adaptation est difficile. On doit vivre au niveau de cette terre, et c'est difficile de vivre au niveau de cette terre. Cette terre est tellement profonde, tellement élevée, tellement surnaturelle que c'est très difficile de s'habituer à elle, de mettre son niveau d'homme au niveau de cette terre, qui est en fait une terre divine.
De là, je vous rappelle aussi la définition de Erets HaKodesh, qui malheureusement est mal traduite. Nous traduisons Erets HaKodesh par « la terre sainte », alors que la véritable traduction, c'est la terre du Saint béni soit-Il: Erets Shel HaKodesh, et pas Erets HaKedosha. En français, « la terre sainte » est une terre qui a subi une sainteté. Alors que Erets Shel HaKodesh est une terre qui appartient au Kodesh, et le Kodesh, c'est l'éternité, c'est HaKadosh Baroukh Hou. Donc la terre qui Lui appartient, si c'est Sa terre, a un degré très divin, parce qu'elle doit être à Son niveau. Elle doit être quelque chose d'élevé, d'extrêmement élevé, d'infini, de l'ordre de l'infini.
Alors comment moi, l'homme d'Israël, avec la grande âme que j'ai reçue, même si elle est très grande, comment puis-je vivre à ce degré divin ? Là aussi, nous sommes obligés de dire qu'à l'intérieur de nous, hommes d'Israël, nous avons cette capacité. Nous avons été fabriqués avec cette matière nécessaire pour vivre sur cette terre. Il y a donc une correspondance entre la terre d'Israël, le divin, et le peuple d'Israël qui vient sur cette terre. S'il n'y avait pas de correspondance, il y aurait eu rejet.
Le fait que nous pouvons vivre sur cette terre, que cette terre donne des fruits lorsque nous y venons, la preuve en est que nous avons une correspondance, et que cette correspondance donne des fruits. Et l'autre preuve, c'est que toutes les nations qui étaient sur cette terre avant nous n'ont jamais pu la faire fleurir. La terre ne donnait rien, car il n'y avait pas de correspondance. Ces hommes étaient peut-être là, ces nations étaient là, mais la terre ne donnait rien, car il n'y avait pas de correspondance.
Donc la réponse est: la difficulté chez l'individu et chez la communauté d'Israël vient de la grandeur et de la sainteté de cette terre d'Israël. Migdoulata ou migdouchata shelmishmatenu.
## La sainteté de la terre et celle de l'âme
Et non seulement au niveau de la terre, de la sainteté de la terre, mais aussi de la sainteté de notre âme, qui a grandi, comme nous l'avons dit tout à l'heure. On nous a changé d'âme, et donc ça aussi, il faut s'y habituer.
Moralité: nous sommes dans un nouveau degré, dans une nouvelle cour de récréation. Il ne s'agit plus de jouer comme nous jouions lorsque nous étions petits, entre guillemets. J'utilise là des termes de la Kabbale. Être petit, c'est être sans ce degré de l'âme profonde d'Israël, et vivre comme un petit, avec des blancs et des noirs: « Je t'aime, je ne t'aime pas », tous les cinq minutes, comme un enfant. Grandir, c'est atteindre un degré beaucoup plus subtil, où entre le blanc et le noir il y a beaucoup de gris clair et de gris foncé.
Donc l'accès à la terre d'Israël nous demande une élévation de notre être, afin de vivre au niveau le plus haut de notre neshama. Et cette neshama, une fois qu'elle est en nous, puisque nous avons dit, d'après le Rav Hida, que la première nuit où l'on dort en Erets Israël, notre neshama change, on nous prend l'ancienne neshama et on nous redonne une nouvelle neshama, eh bien à l'intérieur de nous va maintenant vivre cette nouvelle neshama. Dès le premier matin qui suit cette nuit, elle va commencer à avoir une exigence. Cette neshama va exiger de nous un autre niveau. Elle va émettre une émission, OK ? « Grandis, tu ne peux plus vivre comme avant-hier. Tu dois vivre maintenant avec ta nouvelle neshama, au niveau de cette nouvelle neshama. »
— Tous les enfants d'Israël, oui ?
— Oui, oui, oui. Non, ceux qui reviennent. Oui, mais, encore une fois, l'accès à la terre... Rappelez-vous de la clé: Hamakom gorem. Le Rav dit: c'est le lieu qui fait le changement. Autrement dit, ce n'est pas parce que tu étudies la Torah plus sérieusement ailleurs que tu auras cette nouvelle neshama. C'est le lieu, c'est la terre d'Israël, c'est le fait de dormir ici, physiquement, dans le sens le plus simple, de dormir sur cette terre, qui va te permettre ce changement d'âme.
— Ces personnes-là, qui acceptent, qui reçoivent cette nouvelle âme, ne veulent pas vivre à ce niveau ?
— Exactement. Donc là arrive le choix personnel. Il y a deux niveaux, et tu as bien fait de préciser ce point-là. L'âme nous est donnée. Que tu le veuilles ou non, cela ne dépend pas de ce que tu veux ou ne veux pas: cette âme est donnée. Tu te réveilles donc le lendemain matin de ton arrivée en Erets Israël, et là commence quoi ? Ton choix. Quel est ton choix ?
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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