Roch Hachana, le chofar et la mémoire de la Ségoula
Pourquoi le son du chofar rappelle notre capacité première et l'écart qui nous sépare d'elle, et ce que le jugement mesure.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Roch Hachana, jour de la mesure et du jugement, 1 h 02
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le jugement et la capacité reçue
Le jour de Roch Hachana, le peuple d'Israël a reçu par prophétie qu'il y a un jugement global de l'univers et un jugement individuel de tous les êtres qui se trouvent dans le monde de la création. Ce jugement est en réalité une mise en relation par rapport au modèle de base initial.
On va placer chaque chose devant ce qu'elle devait être au départ. La même chose pour les humains: on est placé, en fait, face à notre propre modèle initial, et c'est en cela que le jugement se fait. C'est-à-dire que la différence, le décalage, c'est lui qui fait mal, et la proximité, c'est elle qui guérit. À ce niveau, nous avons deux notions essentielles dans le judaïsme.
La première est ce qu'on appelle la valeur absolue des choses, la ségoula, avec des mots français: la capacité que nous avons reçue au départ. Chacun a reçu une ségoula. Le mot ségoula vient de at mesugal, tu es capable de. Cette ségoula, chacun de nous l'a reçue au niveau individuel, et la nation d'Israël l'a reçue au niveau collectif. Au niveau de notre âme, nous sommes capables de.
Et il y a l'autre degré, celui qui nous permet, dans notre monde à nous, de dévoiler cette capacité ou bien de l'étouffer. Nous n'avons pas d'autre choix: soit vivre ce que nous sommes à l'intérieur, soit nier ou ignorer ce que nous sommes à l'intérieur.
Et donc notre vie ne ressemblera pas à ce que nous sommes à l'intérieur. Voilà notre seul choix. J'explique avec des mots plus simples: j'ai une capacité de vivre dix degrés. Si, dans ma réalité d'en bas, je ne vis que deux, eh bien j'ai un décalage de huit. Ce huit, c'est l'enfer, ce qu'on appelle le Gehenom, qui est en réalité un décalage.
Gehenom ne veut pas dire l'enfer; je traduis en français, mais en français ça ne veut rien dire. En hébreu, ça veut dire un grand décalage, un grand vide. Et donc, entre le potentiel et le choix que j'ai de vivre ce potentiel, il y a une recherche, et on va nous mesurer par rapport à cela. Quelqu'un, encore une fois, qui a reçu dix et qui en vit cinq, [03:19] il y a cinq degrés de décalage qu'il va falloir combler. C'est cela, le jugement.
On peut donc appeler cela la ségoula et la bechira, la capacité et le choix: deux étages. Quelle est la différence ? C'est que dans le choix, je peux choisir. Dans la ségoula, je ne choisis rien. On m'a donné en cadeau un potentiel, une valeur absolue.
En tant que nation, nous avons reçu cela malgré nous. Quoi que nous fassions, même si nous commettons les fautes les plus graves, votre capacité intérieure reste la même. Vous comprenez ça ? Il n'y a rien qui peut être endommagé à cet étage. La seule chose que vous pouvez transformer, c'est combien vous êtes proche ou combien vous êtes loin de l'étage initial. C'est tout.
Donc, dans la ségoula, dans l'absolu, aucun changement. Vous pouvez faire les pires erreurs du monde, on vous jugera selon votre capacité de base. Mais en bas, vous avez le choix. Le choix de quoi, finalement ? De vivre cette capacité ou de l'ignorer. C'est tout. C'est simple, c'est très simple. Vous n'avez pas d'autre choix. En faisant quoi ? D'accord ? Tout simplement en redevenant ce que vous êtes.
En devenant ce que vous êtes. D'accord ? C'est-à-dire que si vous savez qui vous êtes et que vous étudiez votre être, vous allez vivre selon lui. Si, par exemple, je sais que mes doigts ne supportent pas de porter un sac lourd avec un seul doigt parce que, quand je serai vieux, les doigts vont être tordus, j'ai dégradé mon corps. Donc je vais payer pour ça.
Donc la téchouva, c'est aussi une téchouva médicinale. C'est-à-dire que mon comportement, même au niveau de ce monde, doit respecter ma nature. Je peux sortir de mon système en ne respectant pas mon corps. Si je ne dors pas assez, si je ne fais pas assez ce que je dois faire, si mon corps est malade, c'est la même chose. Si tu avais une capacité de dix, tu as rendu ton corps malade, donc tu souffres maintenant huit.
À cause de toi. Je souffre huit. Tu souffres huit, puisqu'il y a un décalage entre le dix et le deux que tu es. Mais si tu es à trois, tu souffres seize. D'accord ? C'est un exemple.
Morale: il faut que vous compreniez ce à quoi vous faites face pendant ces jours-là, qui arrivent avec Roch Hachana. Et au lieu d'appeler cela la ségoula, la capacité de base, et la bechira, le choix,
j'ai tout simplement appelé Yom Térouah, le jour de la Térouah, et Zikhron Térouah, le souvenir de la Térouah. La Térouah, c'est le son du chofar. Il apparaît à deux endroits différents dans la Torah. Dans l'un, on l'appelle Zikhron, et dans l'autre, on l'appelle Yom. Le mot Térouah, c'est le même. Donc, Zikhron Térouah ou bien Yom Térouah.
Où est-ce que vous allez placer le Zikaron ? En haut ou en bas ? En haut. C'est le souvenir, c'est la mémoire. Donc Zikaron Térouah, c'est notre capacité de base. Yom Térouah, de facto, c'est en bas: c'est le jour où ce souvenir est censé se révéler. D'accord ? Alors on va étudier ensemble.
La Torah, lorsqu'elle parle de Roch Hachana, n'emploie pas le terme Roch Hachana. Dans le livre de Vayikra, 23, 24, ce jour-là s'appelle le souvenir, pas la mémoire. La mémoire, c'est féminin. Souvenir, c'est actif, c'est masculin. Il y a le mot zakhar ici, masculin. Attention: il y a une différence entre une nostalgie, qui est féminine, où tu ne fais rien du tout, tu attends, et un souvenir actif où tu fais quelque chose pour te souvenir. C'est différent. C'est la différence, en français, entre un souvenir et une mémoire. Donc un souvenir, c'est actif.
Et dans le Sefer Bemidbar, le livre suivant, le livre du désert, 29, 1: Ounikra Yom. Ce même jour de Roch Hachana s'appelle le jour où ce souvenir est censé se révéler. On nous a donc donné un temps qui dit Yom, qui nous introduit dans une notion de temps, du temporel, alors que dans le Zikaron, le temps n'existe pas. Vous voyez déjà la différence. C'est-à-dire que la hauteur du Zikaron est très élevée; elle dépasse les notions de temps et d'espace que nous connaissons en bas.
Mais pour ce souvenir, Dieu nous a placés dans le temps: une journée dans laquelle je peux prendre ce souvenir et en faire une réalité. Vous êtes avec moi ? D'accord. Zikhron Térouah, troisième, quatrième ligne: donc le souvenir, cette mémoire active de la Térouah, de ce fameux son.
Je n'ai pas encore expliqué ce que veut dire la Térouah. Je vous ai juste dit le nom. Vous entendez Térouah, pour vous c'est un son. Alors, quelqu'un peut me dire ce que veut dire Tekia ? C'est encore un son. Et qu'est-ce que c'est …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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