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Pessa'h et la nature du miracle selon le Rav Kook

Pourquoi un miracle qui sort de la nature s'oublie vite, et ce qu'il doit transformer en nous.

36 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Pessah, l'Égypte comme monde circulaire de la tête, 3 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc, aujourd'hui, mes attachés, nous allons parler de Pessa'h et de la notion de miracle. Le mot miracle, en hébreu, se dit Nes. Nes veut dire drapeau, étendard, parce qu'il faut se hisser au-dessus pour dominer le tout. Le drapeau est un point commun, un dénominateur commun du peuple qui est en dessous. Le Nes est donc quelque chose qui est au niveau de la nation tout entière. Il sort au-dessus, et il dévoile un degré qui est général.

C'est pourquoi le mot dégel [degel], c'est l'autre terme en hébreu qui correspond au drapeau, dagal, le degré du dévoilement, guilouï. Les deux lettres guimel et lamed viennent pour nous dévoiler. Guilat Esther, ce qui est dévoilé, Mégilah, les galouot, le guilouï, Esther, ce qui est caché. Donc, sortir de la nature.

Donc, nous dit le Rav, ce que nous avons l'habitude de considérer comme étant un miracle, c'est une transformation de la nature, une sortie de la nature, comme si la nature était dépassée par le miracle. Ein zé hanès agamon. Mais, dit le Rav, ce n'est pas le véritable miracle complet. Parce que quand quelque chose quitte la nature pour se dévoiler hors nature, ça peut au maximum réveiller chez nous un sentiment, le sens même du ressenti: ressentir la présence de Dieu sur terre. Ça, oui. Voir un miracle hors nature peut aider à cela.

Mais puisqu'il ne s'agit là que d'un sentiment, d'un ressenti, le miracle, aussi vite il est venu, aussi vite il disparaît de notre mémoire.

Je répète maintenant tout ce que le Rav vient de dire, avec des mots simples, mais des mots à moi. Quand vous avez subi un miracle hors nature, ce miracle ne va pas tenir dans votre essence. Il ne va pas rester gravé dans votre corps. Pourquoi ? Parce qu'il a été hors du corps. Il a été au niveau de votre ressenti. Donc un jour après le miracle, deux jours après, une semaine, un an, deux ans, le miracle va disparaître. Il n'aura plus la même puissance en vous, encore une fois, parce qu'il n'était que au niveau de votre ressenti, de votre sentiment. Et donc, aussi vite il est venu, aussi vite il disparaît, il ne tient pas la route. Donc on ne peut pas construire une religion avec des miracles, ça ne tient pas. Les gens peuvent voir des choses extraordinaires, le lendemain ou le surlendemain, ils commencent déjà à oublier.

Alors le Rav est en train de nous dire: Yessod ha-emet alanès, le fondement de la vérité concernant le miracle, je vais te le dire. Vegilouya Elohi aminguilé ba-olam. Ce n'est pas ce qui est hors nature, mais ce qui est dans la nature. Le Rav nous dit donc que si tu veux avoir un fondement, si tu veux avoir quelque chose qui reste dans ta mémoire génétique, il faut que ce miracle se soit passé dans la nature.

Et lorsque ce miracle s'est dévoilé, comme il est venu dans la nature, il a transformé, il a fait une révolution dans cette nature. Ce n'est pas un miracle que tu vois de loin en te disant « Oh ! ». C'est quelque chose qui descend sur terre et qui transforme les choses. Sinon, ça ne sert à rien. Un miracle, ce n'est pas pour voir à distance et être impressionné. Un miracle doit normalement transformer notre vie. Quand un miracle se dévoile, il doit transcender la personne. La personne, à partir de ce miracle, se dit: je veux vivre autrement, je ne peux plus vivre comme avant, le miracle m'a transformé.

Ké-hinyan, comme il s'est passé lors de la sortie d'Égypte: Hayam ra'a vayanos, Hayarden yissov lé'ahor... Haarim... ràkedou... kivnè tson. Dit David HaMélekh dans Téhilim 114: la mer a vu, qu'est-ce qu'elle a vu, la mer ? Elle a vu quelque chose, ra'ana. Et elle a reculé, elle s'est sauvée, la mer, elle a fui. Et Harim, ràkedou, les montagnes ont commencé à danser comme des... non, élim, élim, comme des... Et toutes les collines, elles aussi, ont commencé à danser comme des troupeaux.

Bien entendu, vous comprenez que c'est ici une allusion qui veut dire que lorsque le miracle s'est passé, la mer s'est transformée, les montagnes se sont transformées, les collines se sont transformées, le monde s'est transformé. Parce que le monde a subi une transformation qui est venue par le miracle qui s'est habillé en lui.

Ce n'est pas que le miracle vient parce qu'il y a eu un changement dans la nature, dit le Rav. Non, il faut comprendre à l'envers: les changements dans la nature viennent grâce au miracle.

Conclusion de ce premier paragraphe: le miracle doit normalement nous transformer. Si c'est un miracle qui n'a pas fait d'effet sur nous, à tel point que nous ne nous sommes pas transformés après avoir vu, vécu ce miracle, c'est comme si ce miracle n'avait servi à rien. Il ne reste pas dans notre souvenir. Ok.

Alors, justement, on va définir... C'est pour ça que, maintenant, j'ai choisi ce cours avant de commencer à parler de Pessa'h. Quel est le fondement des miracles ? Ta question est en place. On va voir, Hachem, que représente un miracle ? Est-ce que c'est seulement ce qu'on a l'impression que c'est, ou alors c'est autre chose ? Le cours est basé sur ça.

Le Rav nous dit que lorsque HaKadosh Baroukh Hou a créé le monde, chaque création témoigne qu'il y a un créateur qui a créé cette création. Ça veut dire que si je regarde, même si ce n'est pas une création mais une transformation, ce stylo: quand je regarde ce stylo, je vois qu'il y a une certaine pensée. Quelqu'un a pensé ce stylo. Il se ferme pour ne pas sécher. Il y a une encre qui circule à l'intérieur. Donc je suis en train de voir qu'il y a une sagesse qui a précédé l'apparition de ce stylo. Ce stylo me prouve, seulement en le regardant, que quelqu'un l'a fait. On est d'accord ?

Eh bien, toute la création du monde, c'est exactement pareil. Quand tu vois la création, tu dois arriver à la conclusion que quelqu'un a créé cette création. Elle est ordonnée. Il y a quelque chose ici. Ce n'est pas une explosion qui a créé un ordre. Il y a un ordonnateur, quelqu'un qui met de l'ordre grâce à sa lumière. Or sheDin, une lumière qui met des limites, Or ha-ganouz, un organisateur de l'histoire, une organisation.

Il en va de même pour nos actions. Chaque action que nous faisons, est-ce que ce sont des actions réfléchies, ou est-ce que de temps en temps on bouge pour rien ? Si on bougeait pour rien, on pourrait nous prendre pour des déséquilibrés. Tiens, de temps en temps, un type marche dans la rue et fait des gestes: il y a un problème. Ça veut dire que quand je fais un geste, il est pensé. Il y a quelqu'un, en tout cas, qui agit dans ce geste.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».

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