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La sainteté de la terre d'Israël selon le Rav Kook

Pourquoi la neshama d'Israël descend plus bas que les anges pour remonter avec un butin, comme à la sortie d'Égypte.

51 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La sainteté cachée dans la matière et le choix de l'homme, 54 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Aujourd'hui, Béézrat Hachem, nous allons parler de la kedoucha de la terre d'Israël, qui s'habille dans la matière. C'est un thème assez connu chez le Rav Kook. On appelle cela la kedoucha chebatéva, la sainteté qui se cache, qui se dévoile à travers la nature. Il y a une sainteté qui est au-delà de la nature.

Mais là, il y a une nouveauté: c'est la sainteté de la nature elle-même. Dans l'un de ses livres, Orot HaTechouva, le Rav nous explique que la neshama de l'homme est plus élevée, plus profonde, que les anges eux-mêmes. Pour quelle raison ?

Comment est-il arrivé à cette conclusion ? Parce que justement, cette neshama est capable de descendre dans le monde physique, corporel. Autrement dit, le Rav Kook nous enseigne ici un enseignement sous-jacent: plus nous parlons de quelqu'un de grand, plus sa capacité est de descendre et de se manifester dans les éléments les plus bas.

Autrement dit, d'autant plus que nous sommes élevés, nous pouvons descendre et nous habiller dans les degrés les plus bas de l'existence. Étant donné que la neshama d'Israël est descendue dans ce monde, cela prouve qu'elle est plus haute que la neshama des malakhim. Autrement dit, si les malakhim, c'est ce qui est sous-entendu, descendaient dans ce monde,

Quelle ?

C'est une capacité à descendre dans ce monde. Je n'ai pas dit qu'on n'est pas soumis aux forces de la Touma. Il y a des forces de la Touma que nous devons gérer, mais on peut gérer, on peut s'élever au-dessus, et justement, cela dépend de notre libre choix, de surmonter cette prison naturelle. Les anges ne sont pas capables de faire cela. Alors ça, ce sont des archanges.

Des anges plus supérieurs, comme Michaël, Gabriel, qui eux ont été fabriqués, entre guillemets, créés pour ce genre de mission. Mais ils ne peuvent pas rester trop longtemps sur terre, c'est-à-dire dans le monde de la matière. Donc ils sont dans un monde beaucoup plus subtil, celui de l'esprit, et leur accès au monde de la matière serait pour eux fatal.

D'ailleurs, nous connaissons deux anges qui sont descendus et qui ne sont pas remontés. Ces deux anges ont eu, finalement, des rapports avec les filles de la terre et ont engendré ces fameux Anakim, ces fameux géants. — Pardon ? Ce sont des… Ça ne veut rien dire, fils ou fille, ce sont des… des bras. Ce sont des… des manifestations divines, comme si HaKadosh Baroukh Hou utilisait des bras

pour agir, dans certaines conditions, dans ce monde. Ce sont donc des envoyés, des messagers, des excroissances, j'allais dire, bien que l'image soit fausse, de la force divine, de l'infinité. Au moment des Néphilim, à l'époque des Néphilim, dans Béréchit, reprends ton livre de Béréchit, tu verras là-bas que, à l'époque où il y a eu la tour de Babel,

la génération d'Hénoch, il y a eu ce genre de perturbations. Les sages nous expliquent dans la Kabbale que ce sont des anges qui sont descendus et qui se sont tellement manifestés au niveau de la matière qu'ils n'avaient plus la capacité de remonter, et ont donc été attirés par les éléments de ce monde. Nous voyons ici une supériorité de la neshama d'Israël qui, malgré sa descente, malgré le danger qu'il y a dans cette descente,

est quand même là. Elle vient dans ce monde. Et non seulement elle vient dans ce monde, mais on verra tout de suite qu'elle est capable de remonter avec un gain. C'est-à-dire qu'elle ne descend pas pour descendre, elle descend pour remonter en ayant gagné quelque chose dans cette descente. Donc, vedav kami pnim gadola ata: justement parce que la neshama d'Israël est grande, yarda ad tahtit hamadrega,

elle est descendue, cette neshama, jusqu'au plus bas des degrés. Et de là-bas, elle va remonter avec un rechouch. Rechouch, c'est un butin. Où avons-nous vu que nous sommes descendus et que nous sommes remontés avec un butin ? En Égypte. Il y a donc ici un parallèle entre la descente de la neshama dans le corps et la descente du peuple d'Israël en Égypte, ce qui revient au même.

Quand on sort d'Égypte, on gagne d'abord le fait de devenir un peuple, alors que nous étions des individus. Je peux m'arrêter là, c'est déjà énorme. C'est-à-dire que c'est en Égypte qu'on a découvert la notion de peuple, c'est-à-dire d'entité, d'unicité, alors que le monde égyptien émet une émission. Une émission de quoi ? De nature. L'Égypte, c'est la nature.

L'Égypte, c'est le monde circulaire. C'est le monde qui emprisonne l'homme dans la nature des choses, sans pour autant dévoiler le divin qui se trouve dans cette nature. Donc sortir d'Égypte, c'est sortir de ce système de pensée, de cette erreur de pensée. La sortie d'Égypte n'est pas seulement la sortie d'un territoire qui s'appelle Égypte: c'est sortir d'une influence de pensée qui perturbe l'homme. Comment s'appelle le roi d'Égypte ?

Pharaon. Qu'est-ce que veut dire le mot Pharaon en hébreu ? Selon les mêmes lettres que ? Lehafria. C'est-à-dire ? Déranger. Donc Hafraa, Pharaon, ce sont les mêmes lettres: dérangement. C'est-à-dire que, quand tu es dérangé, quand tu ne peux pas te préoccuper de l'essence, on t'embrouille en te donnant des similitudes, des degrés qui sont censés te remplir autrement.

Des substituts. L'Égypte, c'est l'usine mondiale des substituts, pour que tu ne t'affaires pas à t'occuper des choses essentielles. Si Pharaon, c'est le dérangement, qui est son antithèse ? Moshé. Donc Moshé, c'est Hachem. Hachem, c'est la définition. Vous vous rappelez ? La capacité à définir, à donner une définition aux choses.

Quand je peux définir quelque chose, c'est que je m'en suis sorti par rapport à celui qui voulait me déranger. Il y a donc un combat intérieur, continuel, entre un Pharaon et un Moshé. Ce combat est toujours chez nous, même maintenant. Si vous ne trouvez pas votre Moshé, et que c'est Pharaon qui gagne, chazvé shalom, vous êtes dérangé tout le temps. Alors que si vous arrivez à retrouver votre Moshé, vous sortez de votre emprisonnement, de votre Égypte. Une question ?

Nakhon, cela veut dire que c'est une incapacité à définir. C'est la bouche qui ne sait pas définir les choses. Donc une bouche négative. Pera. Rappelez-vous que la correction de Pera, c'est Pessa'h, c'est-à-dire la bouche qui raconte la vie. Pessa'h en valeur numérique, c'est 68. C'est-à-dire la vie. L'antithèse de Pera par O, c'est donc Pessa'h, la bouche qui raconte. Toute la fête de Pessa'h est basée sur le fait de raconter,

donc d'exprimer, donc de définir. Parce que c'est la valeur numérique de Haïm. Comment dit-on la vie en hébreu ? Haïm, c'est 18. On ne dit pas Haï en hébreu, on dit Haïm, la vie. Ce n'est pas dit au singulier en hébreu, c'est toujours dit au pluriel. C'est comme l'eau: il n'y a pas « l'eau » en hébreu, ce sont les eaux, Maïm. L'eau au singulier, c'est une question, Ma, comme en arabe, L'ma.

Moshé, c'est Pessa'h. C'est pour cela que Moshé n'apparaît pas dans la Haggadah: il est tout entier Pessa'h, c'est-à-dire la bouche qui exprime, finalement. Celle …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».

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