Refuser d'enseigner à son élève, selon Rav Yehouda
Pourquoi priver un élève de l'enseignement équivaut à lui voler l'héritage de ses ancêtres, et ce que dit le Talmud à ce sujet.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La connaissance qui mène à la richesse, 52 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Ouverture et point de départ du texte
Shalom tout le monde. J'invite la noble assemblée à consulter *Tsadik Aleph Hamoudbet, c'est-à-dire dans l'édition classique, c'est numéroté 182. C'est quelques lignes avant la fin. Dans mon édition, c'est trois lignes avant le bas de la page.
Amar Rav Yehouda, amar Rav: Rav Yehouda disait au nom de Rav. Pourquoi est-ce que nous parlons ici de Rav ? Parce qu'il nous a donné un enseignement, je crois, plus haut. Non, il ne nous a pas donné d'enseignement. Enfin, bon, je vais en voir quand même.
Bon. Kol hamoné halakha mipi talmido, tout celui qui prive un enseignement de son élève, c'est-à-dire qu'il refuse de lui enseigner. Ki ilu gozlo min aḥalata votav, c'est comme s'il lui volait l'héritage de ses ancêtres. Oh, comme c'est gentil. Que d'émotion.
C'est l'émotion, n'est-ce pas ? Voilà, voilà. Donc, ne pas vouloir enseigner à un élève, c'est comme si on lui volait l'héritage de ses ancêtres. Remarquez que la situation est en soi surprenante. C'est-à-dire, pour quelle raison un maître ne voudrait-il pas enseigner à son élève, ou à un élève ? Les élèves sont faits pour apprendre, les maîtres pour enseigner. Alors pourquoi le maître ne voudrait-il pas enseigner à l'élève ?
## Le problème de l'élève digne ou indigne
Alors, il y a effectivement des cas où il est interdit d'enseigner si l'élève est indigne. Indigne, c'est-à-dire qu'il n'est pas hagoun. S'il est indigne, pour des tas de raisons, c'est en général pour un manque de moralité. Alors, il a raison de ne pas vouloir l'enseigner, donc il ne doit pas vouloir l'héritage de ses ancêtres. Mais si c'est un élève digne, pourquoi est-ce qu'il refuserait de l'enseigner ? Vous comprenez le problème ?
Soit l'élève est digne, soit il est indigne. S'il est indigne, le maître a raison. S'il est digne, on ne comprend pas ce qui amènerait le maître à refuser l'enseignement, n'est-ce pas ? Je pense que la question est claire ?
— Oui.
Bon, eh bien, la réponse donnée par le Maharacha, un des commentateurs, c'est qu'il s'agit en fait d'un cas limite, d'un cas de doute. C'est-à-dire que le maître n'est pas sûr: est-ce que l'élève est digne, ou est-ce qu'il ne l'est pas ?
## Le cas du doute et la bienveillance
Dans ce cas-là, on dira qu'on va dans le sens de la koula, de la facilité, et qu'on considérera a priori que l'élève est digne, même s'il y a un doute. Ce n'est qu'en cas d'évidence absolue que l'élève n'est pas digne, et qu'on lui refuse l'enseignement. Mais en cas de doute, a priori, tout le monde participe, d'accord ? Il y a ici ce qu'on appelle de la bienveillance. En hébreu, ayin tova, un bon œil.
Et on n'est a priori pas critique envers une personne, à moins qu'il y ait une évidence qui empêche de lui donner une bonne relation, mais a priori tout le monde participe.
Pourquoi est-ce qu'on pense que refuser l'enseignement à un élève, c'est lui refuser l'héritage de ses ancêtres ? Chéh ne'émar, ainsi qu'il est dit: Torah tziva lanu Moshé, moréha kehilat Yaakov, la loi que nous a ordonnée Moshé est un héritage pour l'assemblée de Jacob. Ce qui veut dire: moréha yidchol Yisraël, elle est un héritage pour tout Israël. Meshech hatémé béréchit, depuis les six jours de la création.
C'est-à-dire que, a priori, tout fils d'Israël participe de la Torah depuis la création du monde. La raison très simple, c'est que la Torah a été prévue avant la création du monde, d'après le midrash, et qu'Israël, qui reçoit la Torah, a été prévu avant elle. Donc la Torah est dépendante d'Israël, et non pas Israël de la Torah.
D'où est-ce qu'on sait qu'Israël a été créé avant la Torah ? Le midrash lui-même donne la réponse: parce qu'il est dit dans la Torah: « Parle aux enfants d'Israël ». Ce qui veut dire que la Torah est une parole adressée à une identité humaine particulière, celle d'Israël.
Là, on a un deuxième enseignement qui va dans le même sens, mais ça va plus loin.
## La malédiction des embryons
Bar Bizna disait, au nom de Rabbi Chim'on Hassida, le pieux: Kol hamoné halakha mipi talmido, tout celui qui prive un enseignement de la bouche de son élève. Afilu ubbarim shebim'aïm, mimmi qelelé noto. Même les embryons qui sont dans les entrailles de leur mère le maudissent. Chéné'émar, ainsi qu'il est dit: Mon'é bar, celui qui prive du froment, yikkevouhou léom, la nation le maudira. Vé'én léom élla hou barim. Or, quand on dit « nation », cela veut dire les embryons. Chéné'émar, ainsi qu'il est dit: Ou léom mi léom yé'ématz, une nation l'emportera sur une autre nation. Et là-bas, il s'agit d'embryons. Vé'én kabbo élla qelala. Le verbe kabbo signifie maudire.
Chéné'émar, ainsi qu'il est dit: Mah ekov lo qaba El, comment maudirai-je celui que Dieu n'a pas maudit ? Vé'én bar élla Torah, il n'y a de froment que la Torah. Chéné'émar, ha-mashbir, pourvoyeur du froment, de peur qu'il ne s'emporte.
C'est quoi ces histoires d'embryons, de maudit, de malédiction, tout ça ? Tant que la Torah n'est pas enseignée, qu'elle est chez le maître, elle est embryonnaire. Vous avez compris ? La Torah, c'est comme un enfant qui doit naître. Donc, si on a privé la Torah, c'est qu'on n'a pas voulu que l'enfant naisse. Donc, les embryons vont maudire celui qui refuse de donner la Torah. Vous avez compris ?
— Oui.
Maintenant, on dit qu'il est maudit: dans le verset de Michléi, on dit qu'il est maudit par la nation, les hommes. Et après, par une drasha, la Guemara explique que le mot léom, en vérité, veut dire un embryon et pas une nation.
Ah bon ? Pourquoi une nation ne serait-elle pas une nation ? Parce qu'une nation aussi, en vérité, c'est un embryon. C'est quoi une nation ? C'est une identité collective. Mais l'identité collective, elle se traduit dans la vie des individus. Vous voyez ?
— Quoi, un embryon ? J'ai pas parlé de communauté. Je n'ai pas dit le mot communauté, ne serait-ce qu'une seule fois. J'ai dit qu'une nation, c'est une identité collective, et que cette identité collective est un embryon.
Pourquoi est-ce qu'elle est un embryon ? Parce qu'elle se manifeste à travers les individus. C'est-à-dire que du collectif, on arrive au particulier. C'est pas la même idée que ce que tu as dit, d'accord ?
Bon. Oui ?
— C'est ça, dans le même sens que Jacob et Ésaü, c'est le verset qu'on a amené, n'est-ce pas ? Jacob et Ésaü, en fait, sont deux embryons, mais en vérité, ce sont déjà deux nations. C'est la raison de leur rivalité. De quoi discutaient, là-bas, les deux embryons dans le ventre de leur mère ? Rachi nous dit…
Les deux embryons, Yaakov et Essav, c'était Rabbi et Antoninus. C'est-à-dire que c'est la relation fraternelle possible entre Rome et Israël, tant que ça n'entre pas dans le politique. C'est pour ça que la Torah nous dit que, dans le ventre, ce sont encore …
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— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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