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Émouna et l'identité profonde du peuple d'Israël

Le Rav Kook sur l'exil qui a blessé l'identité sans atteindre l'essence, et sur l'émouna comme entraînement à la dévoiler.

53 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Shmonah Batsim : dévoiler la neshama et le divin, 57 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Aujourd'hui, nous allons étudier l'Ezrat Hachem dans Orot HaTehiya, une compréhension profonde du Rav Kook Zatzal concernant le peuple d'Israël dans son entité. Vous allez voir que cela clôture un peu tout ce que nous avons déjà vu dans nos précédents shiourim. La pisqa, c'est la pisqa Samech-Bet. Il dit là-bas: Ha galout mi'ata et tsiyonenu.

L'exil a amoindri notre identité, notre prise de conscience de ce que nous sommes. Elle nous a rendus dépressifs. Elle nous a meurtris. Elle nous a blessés. Elle a cassé en nous quelque chose de l'ordre de l'essence. Nous n'avons pas seulement souffert au niveau de nos corps, extérieurement parlant, mais, beaucoup plus grave encore, quelque chose de l'ordre de notre identité profonde a subi un mal.

Cela veut dire que même si quelqu'un reçoit un coup superficiellement parlant, mais que son identité est intègre, il est encore dans son courage, il est encore dans sa force. Quelqu'un qui fait du sport de combat, même s'il reçoit un coup, ce n'est pas très grave, à condition que son être profond reste concentré dans l'identité qu'il est, qu'il sait ce qu'il est en train de faire. Si un petit geste le perturbe et lui casse en fait sa vision globale de l'être et de sa position, alors il tombe immédiatement. Cela veut dire que le souffle de ce combattant est beaucoup plus important que quelques coups qu'il va recevoir ici et là.

Et d'ailleurs, quand il est dans cette concentration complète, même les coups qu'il reçoit, il ne les reçoit pas avec la même intensité. Il aura peut-être mal après, mais pendant, il n'aura même pas vu qu'il avait reçu ce coup. Pourquoi ? Parce que son être tout entier, son entité, est dans une vision, dans une compréhension, dans une certitude de ce qu'il est en train de faire maintenant. L'exil nous a cassé ce domaine. C'est comme s'il avait perturbé notre position de garde. Il nous a affaiblis au niveau de notre identité. On a été touché au niveau de la paralysie. Ce n'est pas au niveau du cerveau, c'est au niveau de l'application de ce cerveau dans nos actes. C'est comme si nous avions un problème moteur. Et c'est d'ailleurs à ce degré-là que l'ange a frappé Yaakov. Il a frappé dans la manifestation des choses, pas dans son essence profonde.

On ne peut pas atteindre notre essence, mais on peut atteindre la capacité que nous avons de traduire cette essence en quelque chose de vrai. C'est comme si l'on te mettait des bâtons dans les roues, comme si l'on te paralysait, comme si l'on refroidissait ton être. Et cela, c'est très difficile, c'est très compliqué, parce que c'est une peur. Au lieu d'avoir un moteur, tu as en réalité un moteur qui te paralyse. C'est un traumatisme. C'est ce qu'on appelle Dikaon ou Dika. Aval ohi shmida: elle n'est pas venue à bout. Elle n'est pas venue à bout, pardon. Afilu gargir chag mikol sgoulotenu: elle n'a pas tué nos potentiels.

Il n'est pas possible de tuer nos potentiels. Nos potentiels sont intègres, intacts. Aucune force au monde ne peut perturber le potentiel, encore une fois. C'est très important à comprendre: on ne peut perturber que l'expression des choses. Vous êtes forts à l'intérieur, mais si vous n'arrivez pas à exprimer cette force, alors quelque chose s'est perturbé dans ce voyage entre le moi intérieur et l'expression de soi-même. Il suffit en réalité de raviver cette flamme et de vous faire prendre conscience que vous pouvez traduire cette puissance intérieure en réalité de vie, pour que vous deveniez des guerriers. D'accord ?

Mais là, c'est encore plus que cela. Je dois gagner une seule chose, je dois apprendre une seule chose: qui je suis dans mon potentiel ? Quelles sont mes forces de base ? Qu'est-ce que Dieu a mis en moi depuis ma naissance ? C'est pour cela que l'essentiel de votre étude, même si on ne se voit pas beaucoup dans la semaine, c'est que la qualité couvre le manque de quantité. Les shiourim que nous sommes en train d'étudier ici sont des shiourim censés vous donner une prise de conscience de ce que vous étudiez.

Vous n'êtes pas en train d'étudier des textes de Torah. Vous êtes en train d'étudier, dans tous les textes que vous étudiez, une seule chose: qui vous êtes. Cela vient de différentes facettes. Vous pouvez peut-être même oublier ce que vous êtes en train d'étudier, parce que vous êtes dans une sougya, dans une Guemara, qui apparemment n'a aucun rapport avec mon identité profonde. Mais c'est faux. Chaque fois que vous étudiez quoi que ce soit, quand vous ouvrez un livre, c'est comment le texte trouve en fait cette chose en moi: comment je rencontre le texte, comment je l'appelle, et comment j'utilise ce qu'il veut me dire, parce qu'il est en train de parler de moi. Si je n'ai pas pris conscience de cela, je perds l'essentiel, 99 %, et je vais simplement attraper le vêtement. Et ce n'est pas cela, l'essentiel.

Je dois être très fort dedans, je dois savoir, être convaincu et être dans la conscience permanente de qui je suis. Et même si mon adversaire fait des bruits, pousse des cris et fait des mouvements, moi je suis à l'intérieur de moi-même, tout entier, dans cette conscience. Et dès qu'il s'approche, paf, un coup, c'est fini. Ils peuvent faire toutes les gymnastiques du monde, je n'ai pas perdu cette force.

La galout, c'est empêcher le dévoilement de notre potentiel. Elle a empêché le dévoilement au niveau global, mais elle a permis le dévoilement au niveau individuel, ce qui est encore une fois une grande perte. Parce que la Torah n'a pas été donnée aux individus, elle a été donnée au global d'Israël. Donc, quand on devient religieux, entre guillemets, on perd en réalité le côté de la nation. C'est dans ce sens-là qu'il faut faire très attention, pour ne pas tomber dans une religion individualiste, parce que celle-ci va vous pousser à faire des actes au niveau individuel. Cela n'existe pas.

C'est comme si ma main gauche disait un jour: « Imaginez-vous, je suis la meilleure de tout le corps humain, c'est moi qui mets les tefilines. » Ça vous fait rire ? Ce n'est pas la main qui met les tefilines, c'est l'homme. Pour cette mitsva, il utilise la main. Mais la main ne peut pas devenir orgueilleuse, parce que c'est elle qui met les tefilines. Elle comprend très bien qu'elle fait partie d'un ensemble. Mais si toi tu te dis: « Moi je suis religieux, entre guillemets, je fais

la Torah, et mon voisin, j'en ai rien à faire, il n'est pas de mon niveau », c'est comme si la main droite était en train de se moquer de l'oreille. Ça ne veut rien dire. Quand je vais au Mahon, ce ne sont pas mes pieds qui vont au Mahon, c'est Yoël. Même si une cellule est en train de dormir en moi et qu'elle est un peu fatiguée, elle fait partie de l'ensemble.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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