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Les richesses d'Égypte et la Guemara sur Ishmaël

Pourquoi la sortie d'Égypte emporte de l'or, et ce que la Guemara répond à Ishmaël sur la terre d'Israël.

46 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Les cadeaux d'Abraham aux fils de ses concubines, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous en sommes à la page Tsadik Aleph Hamoud Aleph. En partant du bas, vous comptez deux, quatre, six, huit, dix, douze, quatorze, seize, dix-neuf lignes. Dix-neuf lignes à partir du bas, et vous tombez sur un petit Aleph encadré, n'est-ce pas ? Eh bien, vous prenez le mot avant, Chouv, Chouv pa'amachat. Il est arrivé encore une fois.

Bahou Bené Mitsraïm ladounim Israël lifni Alexandros Mokdon. Les Égyptiens sont venus plaider contre Israël en présence d'Alexandre. Amrou lo, ils lui ont dit: Halo Haré ou omer ? N'est-il pas dit: Vayiten Hachem et ha'am haze ben einei Mitsraïm, Dieu donna la grâce du peuple aux yeux des Égyptiens ? Vayichalou, et ils leur prêtèrent. C'est ainsi qu'on peut traduire.

Qu'ont-ils prêté ? Des ustensiles d'or et d'argent. Tenou lanou kesef vezahav shenetaltem immanou, donnez-nous l'argent et l'or que vous avez pris de nous.

Il y a quelques années, je crois que c'était il y a dix ou quinze ans, un avocat égyptien, actuel, a exigé qu'Israël rende l'or et l'argent sortis d'Égypte. Il y a eu quelque chose de plus sérieux également: lors des accords de paix entre Israël et l'Égypte, une exigence a été qu'Israël restitue des éléments d'archéologie extraits par les Israéliens dans le désert du Sinaï. En tout cas, je crois qu'on les a envoyés chercher leurs copains, mais l'argument se retrouve ici aussi: Israël aurait volé de l'or et de l'argent en sortant d'Égypte.

Essayons d'abord d'approfondir ce que signifie prendre de l'or et de l'argent en sortant d'Égypte. Cela veut dire que l'exil aurait une finalité: faire sortir de là-bas des choses de valeur, ou, comme on dit en français, des valeurs.

Vous connaissez le texte du livre de Béréchit dans lequel Dieu annonce à Abraham qu'il y aura un exil, un esclavage en Égypte. Il est cité également dans la Haggada de Pessa'h. Dieu dit: Ya'da tida ki ger yihyé zarakha beeretz lo lahem, il faut que tu saches que ta descendance sera étrangère dans un pays qui n'est pas le leur. Veavadoum veinou otam, ils les asserviront et les affligeront, arba meot chana, quatre cents ans. Vegam et hagoy asher yaavodou dan anokhi, et le peuple qu'ils serviront, je le jugerai lui aussi. Veahar yetsou verekhoush gadol, après cela, ils sortiront avec une grande richesse.

Cela veut donc dire que le pillage des Égyptiens faisait partie du plan divin. Maintenant, si on analyse un peu mieux ces versets, que veulent-ils dire exactement ? Dieu dit à Abraham: mon cher Abraham, je viens t'annoncer que cela va très mal se passer pour ta descendance. Ils vont vraiment souffrir, cela durera quatre siècles. Mais ne t'en fais pas, parce qu'un jour ils sortiront, et il y aura beaucoup d'argent.

Si on fait le bilan de la galout d'après ce texte, cela donne la chose suivante. Avant la galout, nous étions chez nous. On descend en galout, on n'est plus chez nous. On revient de galout, on est à nouveau chez nous. Qu'est-ce qu'on a gagné ? L'argent.

Cela veut dire que la galout a pour but d'amener des richesses à Israël, si on prend le texte sur le plan purement littéral. C'est quand même bizarre, non ? Les Juifs seraient descendus en galout uniquement pour ramener de l'argent de là-bas. Il n'y avait pas assez d'argent ici, alors on en a ramené de là-bas.

— Oui, mais pourquoi les richesses matérielles ?

Je vais vous poser la question. Pourtant, c'est la seule chose qui est mentionnée dans la Torah. Maintenant, je voudrais aller plus loin: à quoi a servi l'or que nous avons fait sortir d'Égypte ? J'ai reçu, pour l'instant, trois réponses, et une quatrième personne est restée muette; certains ne sont pas intervenus. Parmi les trois réponses, on peut signaler celle qui dit que cet or a servi au veau d'or, celle qui dit qu'il a servi au Mishkan, et celle qui dit les deux.

— Comment ?

Aaron HaKohen avait participé à la fabrication du veau d'or.

Nous avons donc trois réponses: l'une dit que l'or a servi au veau d'or, une autre qu'il a servi au Mishkan, et la troisième, les deux. Laquelle est vraie ? La troisième, donc, pas les deux. Oui. En tout cas, cela veut dire qu'on se sert de l'or de l'Égypte pour faire le Mishkan. Commençons par cela. Le Mishkan, qu'est-ce que c'est exactement ?

C'est le lieu où Dieu réside. Quelle que soit la manière de comprendre cela, c'est quelque chose d'absolument énorme. L'or de l'Égypte est susceptible d'amener la présence de Dieu sur terre. Cela signifie que l'Égypte n'est pas n'importe quoi. On peut dire que l'Égypte est la plus grande des civilisations de la terre: elle est capable de donner naissance au temple des Hébreux. Waouh !

Dans le livre de Kohélet, il y a une petite phrase: Betsel hokhma, betsel kesef, à l'ombre de la sagesse, à l'ombre de l'argent. Il y a toujours, dans toute civilisation, un support matériel à des valeurs. Comme vous l'avez bien dit, il y a ici une sorte de double. Une culture matérielle n'est jamais un hasard.

Par exemple, si vous allez dans un endroit de très mauvais goût appelé le château de Versailles, vous y verrez quelque chose d'absolument élaboré, splendide, etc. Qu'est-ce qui fait la grandeur de Versailles ? Ce ne sont pas seulement l'or et l'argent qui s'y trouvent. C'est un support d'une civilisation. Il y a quelque chose qui est supposé derrière l'architecture, derrière l'or et l'argent. C'est cela que ça veut dire.

L'Égypte a de l'or, mais c'est un or qui n'est pas n'importe quel or: c'est de l'or qui amène Dieu sur terre. C'est donc très grand. Alors pourquoi ne pas faire le Mishkan en Égypte ? Parce que là-bas, c'est de l'or mélangé, mélangé à un autre or, l'or du veau d'or. Il y a des scories, un mélange de valeurs: certaines sont positives, d'autres négatives. En Égypte, c'est mélangé. Il faut donc sortir l'or de l'Égypte pour faire le tri.

Et le tri se fera dans un laboratoire. Dans ce laboratoire, il y aura des cobayes qui serviront à l'expérience. Les cobayes, ce sont nous, les Hébreux. Les Hébreux vont servir de cobayes pour faire le tri entre les valeurs: une partie sera jetée pour le veau d'or, une autre sera conservée pour le Mishkan.

Cela veut dire que l'exil d'Israël permet de faire le tri des valeurs des nations. D'accord ? Vous avez compris le principe: ce sont les Hébreux qui vont s'emparer des points névralgiques des différentes civilisations humaines pour y trier ce qui doit l'être.

Petit exemple: qu'est-ce qui reste aujourd'hui, dans le monde actuel, de l'Égypte ancienne ? Les pyramides, c'est un reste mort. Je cherche quelque chose de vivant. Oui ? Qu'est-ce qui reste de vivant de l'Égypte ancienne dans notre monde ?

— Le peuple d'Israël.

Nous sommes les derniers des Égyptiens. C'est nous. La trace de ce qu'était l'Égypte est restée dans notre identité collective.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki

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