Pirké Avot, les obligations du cœur et la pensée juive
Le Rambam explique pourquoi le traité Avot traite de la pensée et de l'émouna, et non des actes.
Orot veKelim
Ensuite : Pourquoi la Massekhet Avot se trouve dans Nezikin, 1 h 02
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Et on organise ce cours à la question-réponse très, très bientôt. Yallah, amen. Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir Raphaël. Bonsoir à tous et à toutes, j'espère que vous allez bien. Sans transition, on continue notre étude du Rambam. Je vous rappelle qu'on est maintenant à l'ordre numéro 4 de la Mishna, des Shishah Sidrei Mishna. On a vu le Seder Zeraïm, le Seder Moed, le Seder Nachim, et on est en plein milieu du Seder Nezikin, l'ordre qui traite surtout du tribunal, du beth din, des juges, des dayanim, etc.
Et là, on s'est arrêté à un moment très critique, qui est complètement une exception dans le texte. Le Rambam est le maître de l'ordre en général, tous ses livres sont extrêmement ordonnés, il sait exactement où il va. On parle du Rambam qui a écrit le Mishné Torah, qui comporte mille chapitres, qui parle de toute la Torah entière. Ce même Rambam va faire ici, tout de suite, une énorme digression, une énorme parenthèse sur un autre sujet complètement, et on va voir tout de suite pourquoi. Parce que c'est un traité qui est une exception: c'est le traité Avot, qu'on a l'habitude d'appeler Pirké Avot. Est-ce que je peux monter ?
Donc, on est maintenant dans notre texte, à la page 23. À la page 23, il dit comme ça. On a vu le début de l'ordre de Nezikin, avec Baba Kama, Baba Metsia, Baba Batra, etc., Sanhédrin, et le Rambam nous dit comme ça: une fois que le Rabbi Yehouda est assis dans sa Mishna, a parlé de toutes les halakhot dont les juges ont besoin, eh bien, il a commencé à parler de la Massekhet Avot.
Et la Massekhet Avot, c'est complètement une exception, parce que dans toutes les Mishnayot qu'on va voir, on parle de ce qu'on appelle Hovot HaAvarim, c'est-à-dire les obligations du corps. Quelles sont les obligations du corps ? C'est-à-dire quoi faire, quels sont les actes à faire. Et la Massekhet Avot va parler de Hovot HaLevavot, c'est-à-dire les obligations du cœur: qu'est-ce qu'on doit être, qu'est-ce qu'on doit penser, qu'est-ce qu'on doit vouloir. En d'autres termes, de la morale, de la pensée juive. Ça va être un traité complètement différent de
tous les autres. Les Maximes de nos pères, qu'on a l'habitude de lire entre Pessah et Chavouot, parce que c'est justement la période du renouveau, juste après le printemps, où toutes les forces de vie reviennent à leurs forces après l'hiver. Il y a donc un besoin de traiter un petit peu de morale, de rappeler à l'homme quel est l'essentiel du monde. C'est ce qui se passe dans Pirké Avot. Et le rabbin va en profiter pour faire une énorme parenthèse.
Ce n'est pas très étonnant, parce qu'il le dit lui-même. Je vais vous faire une petite feuille en parallèle. Il le dit lui-même dans la phrase qu'on a tout en haut, dans son Pérouch HaMishna, le commentaire de la Mishna, à la fin du traité de Berakhot. Il dit comme ça, c'est la phrase qui est entre guillemets tout en haut: à mon intention, elle sera toujours de lorsque j'aurai une occasion dans la Mishna, c'est-à-dire une odeur de quelque chose d'émouna, d'émouna au sens ici de penser, pas forcément du comment faire, mais du pourquoi faire.
C'est-à-dire que dans la Mishna, on va nous dire: le Chabbat, par exemple, il y a trente-neuf travaux interdits, tel travail, tel travail, tel travail. Et puis parfois, peut-être, va se glisser dans la Mishna quelques phrases, pas de comment, mais de pourquoi, c'est-à-dire de quoi penser, quel est le but de l'homme, quel est le but de la Torah, les grandes idées, comme ça, qui sont en fait à la base de la Torah. Il dit qu'à chaque fois qu'il rencontrera ce genre de chose, une odeur de quelque
chose, il faut savoir qu'une odeur n'est pas la chose en elle-même. Il y a le plat de pommes de terre, et puis il y a l'odeur du plat de pommes de terre. Ça veut dire que c'est quelque chose qui témoigne qu'il y a là-bas une réalité. Et donc il dit: à chaque fois que je verrai des phrases dans la Mishna qui témoignent de grandes idées d'émouna, de pensée juive, j'essaierai à chaque fois de éclaircir quelque chose de là.
Parce que cette étude-là de l'émouna, c'est l'essentiel de l'essentiel, le principe de tous les principes, kodem lakol, qui vient avant tout ce que je peux enseigner. Avant, pas forcément de manière chronologique, mais en tout cas avant dans son importance. À quoi ça servirait d'apprendre les halakhot de Chabbat à quelqu'un qui n'est pas sûr que Dieu existe, ou que la Torah existe ? Il y a des principes. D'abord, on va essayer de traiter des principes de base: le Rambam a écrit les treize principes d'émouna. Qu'est-ce qui définit qu'un homme est croyant selon la Torah, et qu'est-ce qui définit qu'il n'est pas croyant ?
Et donc, comme c'est l'essentiel, à chaque fois qu'il voit quelque chose d'essentiel dans la Mishna, il s'arrête dans son commentaire pour en faire quelque chose d'important. C'est exactement ce qu'il va faire tout de suite avec la Massekhet Avot qu'on va voir aujourd'hui. Malgré tout, étant donné que toutes ces choses qui parlent justement d'émouna, de grandes idées, sont dispersées, le Rambam a quand même ressenti le besoin, plus tard, d'écrire des livres entiers là-dessus, qui vont compiler et condenser tout ce qui a été dispersé un peu partout. Ces livres-là, ce sont justement les introductions que nous étudions: l'introduction à la Mishna, et surtout l'introduction au Perek Helek, et l'introduction au traité d'Avot, la Massekhet Avot, qui s'appelle Shemonah Perakim, les huit chapitres du Rambam. C'est clairement un condensé de tous ces petits indices qu'il a trouvés un peu partout dans la Mishna. Il en a fait un livre entier.
Dans ce livre, il traite des sujets essentiels, comme l'essence de la psychologie humaine, qu'est-ce que la psychologie humaine, le libre arbitre, et des sujets extrêmement fondamentaux pour tout homme. Comme il sait à quel point c'est fondamental, à chaque fois il va s'arrêter. Il y a bien sûr une valeur à l'ordre, une valeur à enseigner les choses de manière ordonnée, de manière à ce que ce soit compréhensible, à bien voir le sujet qu'on enseigne. Mais surtout, ne pas rester dans la technique, c'est-à-dire que ce ne soit
pas seulement académique. On pourrait imaginer qu'à l'université on étudie de manière froide les halakhot, par exemple, des sacrifices au Temple, comme on étudierait certaines cérémonies indiennes antiques: on étudie ce que faisaient les Juifs au Temple de Jérusalem. Ça n'a rien à voir avec la Torah, en vérité. Ça reste technique, ça reste académique, et ce n'est pas du tout le but. Dès qu'il y a quelque chose qui rappelle l'essentiel, il va clairement le faire.
Une parenthèse par rapport à ces différences entre les études: étudier des textes de Torah de manière détachée, non engageante, seulement intellectuelle et académique, et étudier réellement la Torah. J'ai entendu un jour un de mes rabbins donner un exemple qui …
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