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La Haggadah, ce qui n'est pas Halakha

Définition de la Haggadah selon Abraham Ben Hiya, puis l'étude de Tout Israël a part au monde à venir.

53 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La fête de Pessah, 46 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Nous allons entreprendre aujourd'hui l'étude d'un texte de Haggadah dans le Talmud. Vous savez que la tradition talmudique se divise en deux grandes branches, la halakha et la Haggadah. Pour aller vite, nous allons reprendre les définitions données par Chmouel HaNagid dans son introduction au Talmud. Il explique tout simplement que la halakha, c'est toute la partie de la Torah qui dit ce qu'il faut faire. La Haggadah, dit-il, c'est tout ce qui n'est pas halakha. À vous de compléter.

Disons que la Haggadah parle de la pensée. C'est toute cette partie de la personne qui n'est pas concernée par l'action immédiate, mais qui pense, qui réfléchit, qui ressent, qui a des passions. Tout cela fait partie de la Haggadah. Y compris les fondements de la émouna, et tout ce qui fait la vie intérieure, la conception du monde. Tout ce qu'on appelle la Haggadah.

Maintenant, les hachamim ont un style dans lequel ils s'expriment, qui est très différent de ce qui est classiquement employé en Occident pour ces sujets. En Occident, pour parler de ces choses de la vie intérieure, on emploie en général une discipline qu'on appelle la philosophie. Nos sages ne se sont jamais exprimés, ou presque, dans le style des philosophes, en tout cas à l'époque talmudique. Ce n'est que beaucoup plus tard, à partir du Moyen Âge, que les hachamim ont commencé à parler dans le style des philosophes. C'est ce qu'on appelle la philosophie religieuse du judaïsme, parallèle à celle du christianisme ou de l'islam, qu'on appelle en gros la scolastique.

Chez nos sages, à l'époque du Talmud, on employait un autre style, qu'on appelle la Haggadah, avec un aleph ou avec un hé. Vous voyez, après, c'est la même chose: raconter, réciter. Il y a pour cela une tendance chez les académiciens, les universitaires, à considérer les textes de la Haggadah comme du folklore ou de la légende. En tout cas, ce qu'on appelle, de manière un peu méprisante, de la sagesse populaire.

En fait, nos sages avaient simplement une autre manière de s'exprimer. Il y a des raisons à cela. Ils ont dit des choses extrêmement profondes. La Haggadah est cette partie de la tradition orale qui est en continuation directe de l'expérience des prophètes. Les sages qui parlent dans les textes de la Haggadah sont des sages qui, s'ils avaient vécu à l'époque des prophètes, auraient été des prophètes. Mais comme ils vivaient à l'époque post-prophétique, après que le flux prophétique se soit arrêté momentanément dans l'histoire, ils ont exprimé, dans un style particulier qu'on appelle la Haggadah, des vérités qui étaient connues des prophètes. Voilà. C'est très simple.

Les Haggadot se trouvent dans plusieurs recueils. Vous avez des Haggadot dans le Talmud de Babylone, des Haggadot dans le Talmud de Jérusalem, et vous avez des Midrachim. Les midrachim, vous en avez une flopée, on peut remplir une bibliothèque entière de midrachim. Les Haggadot du Talmud sont considérées en général comme fondamentales, plus importantes que les Haggadot des midrachim.

Il y a une différence dans la manière de présenter la Haggadah selon qu'on est dans le Talmud de Babylone, le Bavli, ou dans le Talmud de Jérusalem, le Yerouchalmi. Dans le Bavli, qui est en général le Talmud étudié dans les yeshivot, il y a une distinction extrêmement claire entre halakha et Haggadah. Un texte de Haggadah, on sait que c'est un texte de Haggadah. Un texte de halakha, on sait sans problème que c'est un texte de halakha. C'est divisé au niveau du style, au niveau de la mise en page, etc.

Dans le Talmud de Jérusalem, c'est un peu plus compliqué. Il y a un mélange de halakha et de Haggadah, qui vient du fait que le Talmud de Jérusalem a été rédigé en Erets Israël, dans la terre où l'écho du prophétisme n'a pas totalement tari. Il est resté quelque chose de la prophétie en Erets Israël. Il y a donc une influence directe sur l'interpénétration de la halakha et de la Haggadah. Nous allons d'ailleurs le voir très rapidement dans le texte que nous allons étudier prochainement.

Le texte que nous avons choisi, c'est ce qu'on appelle le Perek Helek, qui est un des derniers chapitres du traité Sanhedrin. Il est à 92 % formé de Haggadah. Il est donc extrêmement riche. Il traite énormément du messianisme, du Olam Haba. C'est là que se trouvent les textes les plus fondamentaux. Il faut savoir les lire. Le traité Sanhedrin comporte onze chapitres.

Le chapitre appelé Helek, le Rambam a écrit une introduction sur ce chapitre, dans laquelle il expose les treize articles d'émouna bien connus. C'est dans l'introduction à Helek que c'est écrit. En vérité, ce n'est pas une introduction, c'est le commentaire de la première Mishna, mais on a l'habitude d'appeler cela introduction à Helek. Pour revenir à nos moutons, le chapitre Helek est un des derniers chapitres de Sanhedrin. Si on est dans le Talmud de Jérusalem, c'est le dixième chapitre. Si c'est dans le Talmud de Babylone, c'est le onzième.

Pourquoi ? Tout simplement parce que les Babyloniens, voyant déjà un texte entièrement fait de Haggadah, vont le mettre à la fin, pour bien faire la séparation. Il y a donc dix chapitres de halakha et un onzième de Haggadah. Tandis que dans le Talmud de Jérusalem, le chapitre est resté à sa place originelle dans la Mishna, en dixième position, et le onzième revient à des questions de halakha. Le Yerouchalmi se moque pas mal de mélanger la halakha et la Haggadah dans la présentation du texte, tandis que dans le Bavli, c'est le dernier chapitre. Nous allons étudier le onzième chapitre tel qu'il est dans le Bavli.

Tout cela est bien clair ? Pour que cette étude soit utile et efficace, comme dans toutes les études, il est nécessaire d'avoir le livre sur la table. Or on m'avait promis, presque juré, qu'il y aurait des photocopies. Non, c'est trop tard, maintenant vous allez perdre du temps. Je proteste véhémentement contre l'absence de texte. J'aurais pu croire qu'au moins, pour un début d'étude, quelque chose serait fait. En tout cas, c'est Daf Tsadik, Aleph et Beth. Voilà.

C'est franchement un scandale. Je n'ai pas assez de mots pour le condamner. Bon. En tout cas, le texte que nous aurons devant les yeux, ce serait le Sanhedrin. Vous n'avez pas de Sanhedrin ? C'est incroyable. Il peut y en avoir d'autres quand même. Non, il n'y en a pas d'autres ? Eh bien tant pis, c'est comme ça. Ce texte est appelé... Si vous voulez, faites ce que vous voulez, vous êtes libres, on est en démocratie ici, en démocratie libérale même, pratiquement.

On est donc dans Sanhedrin, et le chapitre est appelé du beau nom de Perek Helek, le chapitre Helek. Mais pourquoi ? Comment donne-t-on les noms aux chapitres dans le Talmud ? Vous savez comment ? Par les premiers mots. Par exemple, le premier chapitre de Baba Metsia s'appelle Elou Metsiot, parce que ce sont les deux premiers mots de la Mishna: Elou metsiot chelo. Ou bien, le premier chapitre de Berakhot s'appelle Me'eimatai, parce que c'est le premier mot de la Mishna. Nous allons donc voir …

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