Qui est le Dieu d'Israël ? Le paradoxe du Kouzari
Introduction aux fondements de l'émouna d'Israël, à partir du Kouzari (Mahamar Ehad, §11) : pourquoi le Dieu d'Abraham, Its'hak et Yaakov.
Orot veKelim
Ensuite : Connaître Dieu selon ses possibilités, selon Maïmonide, 1 h 00
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## Liberté et image divine
Nous allons consacrer le cours d'aujourd'hui à la notion de libre arbitre, du libre choix de l'homme. Dans Béréchit, il est écrit que D.ieu a créé Adam béTsalmo. On a l'habitude de traduire en français « à Son image », ce à quoi la Torah fait référence.
En réalité, lorsqu'on dit qu'on a été créé à l'image du Hakadoch Baroukh Hou, cela signifie qu'on a été créé avec la capacité d'être libre. C'est cela, en réalité, « à Son image ». Étant donné que Lui, béni soit-Il, n'est soumis à aucune loi, dans aucun domaine, Il est la liberté par définition, par excellence, ce qu'on appelle herout, le monde le plus libre possible, le plus élevé possible.
Eh bien, Il a créé l'homme avec cette capacité d'acquérir cette liberté dans sa vie, parce qu'il a été créé avec. Ce n'est pas quelque chose qu'il va acheter de l'extérieur. C'est quelque chose qui est en lui, inné, parce que D.ieu l'a créé avec.
Mais il faut la découvrir, et la laisser sortir à un moment donné dans ta vie. Il faut te libérer de tout ce qui va t'empêcher de revenir, et là je parle de retour, donc de techouva, et la techouva, c'est le retour vers cette liberté. Cela veut dire que cette liberté est innée, mais il faut la découvrir. Et surtout, une fois qu'on l'a découverte, il faut la laisser sortir, il faut la laisser s'épanouir.
Il faut vivre selon elle, parce que c'est en réalité la véritable mesure de l'homme. Tant que l'homme n'est pas dans cette liberté comme Hakadoch Baroukh Hou, il n'est pas encore à l'image d'Elohim. Est-ce que c'est clair ? C'est pourquoi toutes les actions du Hakadoch Baroukh Hou se font avec une liberté infinie.
Vous comprenez bien que si, Hass véchalom, le Hakadoch Baroukh Hou était limité à quelque chose dans ce monde, obligé à quelque chose dans ce monde, cela voudrait dire qu'Il n'est pas infini. Je vous pose une question un peu délicate: est-ce que cela vous viendrait à l'idée de servir un D.ieu qui lui-même est limité ? Non. On est d'accord.
Cela veut dire que si vous servez le Hakadoch Baroukh Hou, si vous servez Sa volonté, si vous voulez dévoiler cette volonté dans le monde, c'est parce que vous avez conscience qu'Il est l'infini et qu'Il n'est soumis à aucune force, à aucune loi. On est d'accord ? Si quelque loi que ce soit influence Sa volonté, c'est qu'Il est limité par cette loi. Cela veut dire qu'il y a un autre D.ieu que Lui, Hass véchalom. Donc cela nous fait tomber complètement le divin.
Donc l'émouna que nous avons, c'est que le divin, béni soit-Il, le Hakadoch Baroukh Hou, n'est soumis à aucune force, à aucune obligation de qui que ce soit, de quoi que ce soit. Il est en réalité la liberté par définition, par excellence. Et toi, tu sers D.ieu, tu sers en réalité la liberté. Donc devenir, et je vais dire quelque chose qui paraît être une contradiction, serviteur du Hakadoch Baroukh Hou, c'est en réalité devenir serviteur de la liberté la plus grande.
Mais ça, c'est au niveau humain. C'est pour ça que l'émouna en Hakadoch Baroukh Hou est complètement différente. Elle est en réalité, et notre avancée, notre désir, dans l'exemple que le Rav vient de donner, c'est de ne pas rester soumis à ce commandant. C'est de devenir un jour ce commandant, et après devenir le commandant du commandant. Ce que je veux dire, et cela va très loin, c'est qu'à l'intérieur de nous, intuitivement,
on a envie, on jalouse le Hakadoch Baroukh Hou. On a envie de ressentir cette liberté totale, cette omniprésence, cette omnipotence, cette puissance infinie. Et nous sommes frustrés de la distance entre Lui et nous. Ce qui fait que nous avons un moteur intérieur qui nous pousse sans arrêt à grandir, à nous élargir et à vouloir plus, parce que nous nous rapprochons intuitivement des valeurs de l'infini.
Comprenez ce qui se passe ? C'est très important. Lorsque Lui, le Hakadoch Baroukh Hou, agit, Son action n'est soumise à rien. Il n'est soumis à aucune loi. Et c'est cette force-là qu'Il a plantée, implantée, introduite à l'intérieur de la néchama d'Israël. Je dis d'Israël, pas seulement de l'homme.
Nous allons nous apercevoir que ce qu'on appelle Adam, c'est Atem, c'est vous, c'est Israël. C'est-à-dire que chez les nations du monde, le choix n'est qu'extérieur. Il n'y a pas de choix intérieur, pour la simple et bonne raison qu'ils sont soumis aux lois de la nature et qu'ils ne peuvent pas dépasser les lois de la nature. Et là, je suis en train de vous dire qu'Israël, par essence, a été doté d'un degré qui dépasse la nature.
Dans le langage de la Torah, on appelle cela: nous venons de l'autre côté du fleuve. Toutes les nations du monde sont de ce côté du fleuve, c'est-à-dire soumises aux lois de la nature. Avraham, Yitzhak et Yaakov sont de l'autre côté du fleuve, c'est-à-dire au-delà des lois de la nature. On le voit chez Avraham dans le verset de la Torah. Les Hakhamim se posent la question: d'où est-ce qu'il est sorti dehors ? Il était dans une tente. Qu'est-ce que cela veut dire, « il est sorti dehors » ?
Eh bien, il a placé Avraham, qui est la matrice du peuple d'Israël, en dehors du système naturel avec ses lois. Car selon les lois de la nature, Avraham, par exemple, ne pouvait pas avoir d'enfant. En sortant des lois de cette nature, il se transforme et il peut avoir des enfants. Sarah est définie par la Guemara comme une ailonit, c'est-à-dire une femme qui n'a pas de matrice, qui ne peut pas avoir d'enfant naturellement.
Elle aussi, elle passe de l'autre côté, et d'un coup, ses règles reviennent, alors qu'elle a 90 ans, et elle peut engendrer Yitzhak, ce qui d'ailleurs fait rire tout le monde, parce que le papa a 100 ans et que c'est impossible, et la maman a 90 ans et que c'est impossible. Et donc Yitzhak va prouver, par son propre nom, qu'il est en réalité
le premier enfant d'Israël qui a été circoncis à huit jours. Maintenant vous comprenez pourquoi on fait la brit mila à huit jours à un bébé. Pourquoi ? Pour prouver à ce bébé, et à tous ceux qui sont venus à la brit mila, que chaque enfant juif est lié au chiffre huit, au huitième jour, pas au chiffre de la nature, qui est le sept. Donc on introduit immédiatement dans le cerveau
de l'enfant d'Israël: toi, tu viens du chiffre de l'au-delà. Le chiffre de l'au-delà, le chiffre de la néchama, ce sont les mêmes lettres que Shmoné, c'est-à-dire que tu es lié au huitième degré, donc cela dépasse complètement l'entendement. Donc tu es sorti des lois de la nature. Et nous avons déjà expliqué que sortir des lois, tsa'hak, cela engendre le tsehok, le rire.
Et c'est cela, en réalité, le rire d'Israël: sortir des lois de la nature, donc on fait rire tout le monde. Mais n'oubliez jamais que Yitzhak est appelé …
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