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Être libre : la kherout gravée dans notre nature

Le Rav explique que la liberté est inscrite en nous, que Pessah en est l'ancrage et que le nom Géoulé Hachem désigne un peuple libre.

1 h 13

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La capacité à traduire la parole en acte, 1 h 04

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Et voilà, il est 18h30. Shalom à tous, merci de nous avoir rejoints pour ce cours exceptionnel sur la question: qu'est-ce que la liberté ? Avec le Rav Yoël Benharrouche. Shalom, Rav. Shalom, bonjour à tous sur Zoom. Aujourd'hui, grâce à l'initiative de David, nous allons nous préoccuper d'un concept, celui de Kherout.

Ce n'est même pas une traduction réelle que nous appelons « liberté », parce que le mot Kherout tire sa racine du mot Kharout, qui veut dire en hébreu « gravé ». Pourquoi ? Tout simplement parce que cette liberté qu'on appelle Kherout est gravée à l'intérieur de notre ADN. Autrement dit, nous sommes libres de par notre construction, de par notre fabrication. Nous avons été fabriqués libres. Cette liberté est donc dans notre matière, elle fait partie de notre être. Et donc, à chaque fois que nous étudions la Torah, c'est en fait une rencontre avec ce que nous sommes dans notre intériorité. Prendre conscience de cela est très important.

Pour ce faire, j'ai écrit un cours, et nous allons essayer de le développer ensemble. D'abord, le service d'Hachem, c'est le fondement même de notre vie que de servir l'infini. Pourquoi ? Justement parce que je vous l'ai dit: malgré nous, on n'y peut rien, c'est comme ça. Nous vivons de son être. Nous sommes parce qu'il est. Il est impossible autrement. S'il n'était pas, il n'y aurait rien eu. Et s'il ne voulait pas que nous soyons, ça aurait été pareil, on n'aurait rien vu, on n'aurait pas été

là. Il aurait pu continuer son monde infini sans nous, sans la création. Il y a donc ici quelque chose de très important, qui nous place d'abord et avant tout comme vivants, qui vivons sous son être, par sa vie, par son être infini. Nous vivons. C'est ce qu'on appelle le premier degré: « Avinou », notre Père. Il nous a donné la vie, il continue de nous donner la vie à chaque instant. Cela ne dépend pas de notre volonté.

Le deuxième degré, ce qui dépend de notre désir, de notre volonté, de notre vouloir, c'est le deuxième degré, qu'on appelle « Malkénou », notre Roi. Et donc, quand vous dites, pardon, dans les chants de Rosh Hachana et de Yom HaKippourim, cela veut dire qu'en réalité le premier degré que nous disons, c'est la nature: Avinou, tu es notre papa. Et au deuxième degré, nous avons choisi que tu sois notre roi. Le royaume, lui, dépend de notre volonté. C'est pourquoi nous disons que la royauté de Dieu doit être acceptée par ma propre volonté, par mon libre arbitre.

Ces deux notions, Avinou et Malkénou, ressemblent à la naissance et à l'éducation. La naissance, c'est malgré moi: je vis de par sa vie, de par son être, il me donne la vie, premier degré. Dans ce premier degré, j'ai la base, la structure de base dont j'ai besoin pour ma vie. Le deuxième degré, c'est l'éducation que je vais recevoir durant ma vie, et cela devient en réalité Malkénou. Et cela dépend de ma volonté de percevoir, de recevoir, de rentrer dans ce « je » que j'ai eu depuis ma naissance. Il y a donc quelque chose qu'on appelle en hébreu bemoulad, c'est-à-dire inhérent à ma vie: je suis né avec ça. Et le deuxième degré dépend de ma volonté. Plus je veux quelque chose, plus j'acquiers le deuxième degré.

Recevoir le joug du divin, le joug du ciel, c'est en réalité faire cheminer l'infini, qui est déjà de l'ordre du chiffre 8 dans notre monde. Contrairement au chiffre 8 qui représente l'infini chez les nations du monde, c'est-à-dire le 8 couché, notre 8 est droit, il n'est pas couché. Le 8 couché représente en fait un degré encore limité, entre guillemets: on tend vers l'infini, mais on reste au même degré à gauche et à droite. Chez nous, il y a le haut et le bas, c'est-à-dire que notre

chiffre 8, notre lien avec l'infini, a des degrés, a une graduation. Et je peux dire que plus je suis lié à cet infini, à ce chiffre 8, à ce Shmoné ou à cette Nechama, plus je vis, plus je suis traversé par un flux de vie qui me fait vivre davantage que quelqu'un d'autre. Aucun d'entre nous ne vit avec la même intensité. Chacun vit différemment, avec une intensité de vie différente. Et plus je suis ouvert, par ma volonté, à me faire traverser par cette vie, plus mon

intensité de vie augmente, et plus je me sens vivant.

Il y a autant de différences entre les vivants qu'entre les morts. Il n'y a pas les vivants d'un côté et les morts de l'autre; il y a de plus en plus ou de moins en moins de vivants, avec une intensité plus grande ou moins grande, comme chez les morts. Chez les morts, il y a des morts qui sont plus morts que d'autres. Un tsadik, même après sa mort, est considéré comme vivant, alors qu'un rasha, même vivant, est considéré comme mort. Nous devons donc laisser la vie,

l'être suprême, le tétragramme, nous traverser par notre volonté. Je veux que tu passes par moi plus intensément, et plus tu me traverses, plus mon intensité de vie augmente, plus je deviens moi-même donneur de vie. Je peux octroyer moi aussi, ne serait-ce que par la joie que je peux donner à quelqu'un, pour qu'il vive un petit peu mieux. Si j'ai réussi à émouvoir quelqu'un, à faire sourire quelqu'un, à le faire rire, à lui donner une certaine simcha, même si elle est momentanée et limitée dans le temps,

j'ai un petit peu ressemblé au divin lui-même, tout en restant, bien entendu, à ma place d'humain.

Et lorsqu'on fait attention à notre éducation, puisque celle-ci dépend de notre volonté, l'essentiel de l'éducation dans le peuple d'Israël est lié, comme par hasard, à la sortie d'Égypte. Autrement dit, on nous rebat les oreilles toute notre vie avec cette notion. Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est la notion qui me rapproche de ce que je suis réellement. Je suis quelqu'un de libre dans mon identité la plus profonde, donc je ne peux pas supporter l'emprisonnement, quel qu'il soit. Et donc, s'occuper d'éduquer mes enfants dans le récit

de la sortie d'Égypte, ce n'est pas se limiter au texte au premier degré de la sortie d'Égypte. C'est en réalité enseigner à mes enfants, toute leur vie, à pouvoir eux-mêmes sortir d'Égypte. Mes enfants doivent apprendre qu'ils sont libres de par leur naissance, de par leur essence, et qu'ils doivent absolument retrouver cette liberté dans leur vie. Je n'éduque donc pas à quelque chose qui ne fait pas partie de moi. Ça, c'est du dressage. L'éducation, c'est tout simplement aider à retrouver ce que je suis et vivre selon

ce que je suis. La véritable éducation ne doit pas enseigner à quelqu'un des éléments qui ne sont pas lui.

Vous comprenez donc que si nous avons une mitsva d'étudier la Torah, c'est tout simplement parce que la Torah ne parle que de nous. Elle ne parle pas d'autre chose. Lorsque j'étudie la Torah, je fais face, à …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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