Le Rav Harlap sur la Gueoula et les noms Yaakov et Israël
Pourquoi le peuple garde deux noms, Yaakov en exil et Israël sur sa terre, selon Maayane Hayeshoua.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La Gueoula, cycle 5773 : cours 2, 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous sommes dans notre chiour concernant la période de passage entre l'exil et la délivrance, et nous étudions le livre du Rav Harlap, Maayane Hayeshoua. C'est à travers ce livre que nous développons notre sujet. Nous avons expliqué la dernière fois que Hakadosh Baroukh Hou avait choisi le peuple d'Israël avant même sa création.
C'est-à-dire qu'il avait choisi de créer une neshama qui s'appelle Israël, une entité de vie qui se trouve dans les mondes supérieurs et qui a le caractère de l'éternité, comme Hakadosh Baroukh Hou lui-même. De la même manière que Hakadosh Baroukh Hou ne change pas, Israël ne peut pas non plus perdre cette qualité, cette qualité de base qui lui est intrinsèque.
Nous avons expliqué que, pour cette raison, même lorsque nous sommes dans une période d'exil, le lien avec Hakadosh Baroukh Hou ne s'arrête pas. La Chekhina, la Présence divine, suit les enfants d'Israël dans leurs péripéties, dans le désert. Nous sommes toujours soumis à de très grands dangers de la part des nations dans lesquelles nous sommes, pendant notre exil, et Hakadosh Baroukh Hou, malgré tout, nous protège là-bas.
Et nous savons que ce n'est pas un état normal, car l'état normal, c'est que nous revenions sur notre terre. Autrement dit, l'état où Israël se trouve en exil est un état de mort pour la nation, ou de proximité de la mort, pour être plus précis. Comme c'est dit dans la paracha de cette semaine, que nous allons lire dans Vayehi: Vayehi Yaakov be'erets Mitsrayim. Yaakov, lui, est capable de vivre en Égypte. Mais tout de suite après: Vayiqrevou yemei Yisraël lamout, les jours d'Israël étaient proches de la mort.
— Slikha ?
— Non, non, non, je parle du verset lui-même. Dans le verset, il est écrit que Yaakov a vécu en Égypte, alors que Yisraël était proche de la mort. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que nous sommes ici face à deux noms.
Le premier nom, c'est Yaakov; le deuxième nom, c'est Israël. Vous savez que le peuple juif garde aussi le nom de Yaakov, malgré le fait que l'ange a dit à Yaakov: tu ne t'appelleras plus Yaakov, on t'appellera Israël à partir de maintenant. Eh bien, le fait même qu'il ait gardé malgré tout ce nom de Yaakov lui permet cette souplesse de descendre de temps en temps en exil.
S'il n'y avait pas cette souplesse, s'il n'y avait pas le nom de Yaakov, et que nous étions seulement Israël, eh bien, à chaque fois qu'il y a eu un exil, nous serions morts. Nous avons survécu parce que nous avons une force qui s'appelle Yaakov, qui est en réalité le juif capable de rester encore en exil. Nous avons donc ces deux degrés. L'idéal, bien entendu, c'est de devenir Israël, mais sachez que ces deux degrés existent.
Pour la bonne raison que, lorsque nous ne sommes pas capables de vivre dans notre nation, sur notre terre, on sort en exil pour faire un stage, pour revenir à l'amour que nous avons perdu entre nous. L'exil est donc là pour nous soigner de ce manque d'unité. Dans cet exil, on s'appelle Yaakov, avec l'espoir de redevenir Israël.
Donc Yaakov, lui, est vivant en exil; ici, c'est l'Égypte. Mais Vayiqrevou yemei Yisraël lamout: Israël, le nom de la nation, lui, est très proche de la mort. Il y a un problème, aujourd'hui, Baroukh Hachem, nous sommes revenus sur notre terre. Le nom d'Israël est donc ancré en nous maintenant. Les nations du monde nous appellent Israël maintenant. On ne nous appelle plus Yaakov, et Hakadosh Baroukh Hou s'adresse à nous non plus en tant qu'individus, aussi religieux soient-ils, mais en tant que nation sur sa terre.
Et donc nous avons grandi au niveau de notre définition. Notre définition est devenue Israël, qui introduit la notion de Yocher, c'est-à-dire de droiture, donc de moussar, d'équité, de justice divine, c'est-à-dire des valeurs divines dans ce monde.
Je peux dire que le nom Yaakov contient la notion de cercle: Akev, le talon, qui évoque le circulaire. Alors que Yachar Israël, c'est la droiture. Nous sommes donc ici face à deux formes géométriques, le cercle et la ligne droite. En exil, nous sommes plus au niveau du cercle, alors que sur la terre d'Israël, nous rejoignons la droite, c'est-à-dire le sens.
Dans un cercle, il manque une direction. On peut tourner en rond. Quand on tourne en rond trop longtemps, on fauté dans la faute circulaire. Comment dit-on une faute circulaire en hébreu ? Kheta Egel, la faute du cercle. Fauter dans la faute du veau d'or, ce n'est pas fabriquer une vache en or ou un veau en or; c'est beaucoup plus profond que cela. C'est décider de rester dans une forme circulaire, au lieu de rejoindre la forme rectiligne qui nous incombe.
C'est-à-dire que la terre d'Israël nous ramène à la droiture, alors que l'exil est en réalité la représentation du monde circulaire, c'est-à-dire le monde naturel, sans le degré du divin qui lui donne sa direction. En d'autres termes, en exil, nous n'avons pas de direction. Et en Erets Israël, nous revenons avec ce degré naturel pour faire pénétrer dans ce degré naturel la direction, c'est-à-dire le Yocher.
Justement, le cercle qui rejoint la ligne devient une spirale. Le cercle sans la ligne, c'est un disque; le cercle avec la ligne, c'est un cercle qui a une direction, et cela devient la forme de la spirale. Nous montons donc à chaque fois un petit peu plus haut.
Ce que je suis en train de vous raconter, c'est ce qui s'est passé lorsque le premier homme a été renvoyé du jardin d'Eden. Lorsque Hakadosh Baroukh Hou a renvoyé le premier homme du jardin d'Eden, il a placé à la porte de ce jardin deux chérubins et une épée qui se mettait à tourner. L'épée, c'est la droite; et si je tourne une épée très, très vite, qu'est-ce que ça fait ? Un cercle. Autrement dit, la droiture qui était dans le jardin est devenue circulaire quand on en est sorti.
Autrement dit, quand le peuple d'Israël, sous la forme du premier homme, se trouve dans le jardin de la délicatesse (Eden veut dire délicat), il a une direction, il est dans le yachar, dans l'épée droite, qui sait où est le haut, où est le bas, où est la droite, où est la gauche, qui a une direction dans la vie. Et dès que nous sommes éloignés de ce jardin, de la terre d'Israël, nous tombons automatiquement dans le monde de la nature, c'est-à-dire le monde circulaire.
Ce n'est pas par hasard que le monde de la nature s'appelle en hébreu Teva, qui prend sa racine dans le mot Tabaat, la bague, qui est circulaire elle aussi. Autrement dit, le monde circulaire, sans le monde rectiligne, est un monde voué à la mélancolie, au désespoir.
Et donc la femme, qui est circulaire, cherche naturellement à se marier avec l'homme, qui est la droite, le rectiligne. Le mariage, c'est tout simplement l'association d'un doigt et d'une bague: le doigt représente la droiture, et la bague représente le monde circulaire. …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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