Le veau d'or, ou le danger de l'élévation
Pourquoi la chute suit souvent la hauteur : la faute du veau d'or comme leçon pour la vie.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Hanouka depuis Adam Harishon : la lumière cachée d'Israël, 46 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Ouverture
Alors, shalom à tout le monde. Bienvenue pour ce cours exceptionnel pour l'élévation de l'âme ('Iloui nichmat) du papa d'une élève, Rav Yoël. L'élévation de l'âme de Yaakov ben Zina, décédé le 15 Nisan, il y a 11 mois. Que ce cours soit donc pour l'élévation de sa néchama. Vous savez que chaque parole de Torah est un support pour les néchamot. Les néchamot se nourrissent des paroles de Torah, et surtout la première année, et des bénédictions sur les parfums. C'est-à-dire que la première année, dans le Gan Eden, les néchamot profitent des bénédictions que vous faites, Boré Miné Besamim, Boré Isvé Besamim. Tout ce qui est besamim est très porteur pour la néchama.
Aujourd'hui, nous allons amorcer un sujet qui est très important dans le peuple d'Israël, dans l'histoire de notre peuple. Je veux parler de ce qui s'est passé après la sortie d'Égypte et après le don verbal de la Torah. Non pas au moment où nous avons reçu les tables, les deuxièmes tables. Je parle de 40 jours après avoir entendu les paroles au mont Sinaï, lorsque Moshé est descendu de la montagne avec les tables, les premières. Pendant ce temps, il y a eu, en bas, la faute du Veau d'or.
La faute du Veau d'or est l'une des fautes essentielles, malheureusement, dans le peuple d'Israël. Les sages nous disent qu'il n'y a pas de faute dans ce monde qui ne soit pas porteuse de cette faute. C'est-à-dire qu'elle est comme une faute générale qui englobe beaucoup d'autres fautes, comme en réalité la faute de la consommation de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, qui est une faute qui touche à toutes les générations.
Donc, il y a ici une crise, il y a ici une défaite, après une élévation totale vers les valeurs de la Torah, après la sortie d'Égypte, après le choix d'Hakadosh Baruch Hou du peuple d'Israël comme porteur de son message. Il y a donc cette faute qu'on appelle Hét haégel en hébreu. En français, « la faute du Veau d'or » n'est pas exactement la traduction idéale, mais peu importe, nous allons nous débrouiller avec ça.
La paracha que nous allons lire ce Chabbat a pour sujet essentiel cette faute-là. C'est là où la paracha va mettre tout son poids.
Et il y a ici un cours qui, à mon sens, avec toute humilité, est une leçon pour la vie tout entière. Quelle est cette leçon ? C'est que, justement, dans les moments les plus élevés de notre vie, que ce soit au niveau collectif ou même au niveau personnel, c'est au moment où nous atteignons certains sommets, que ce soit de connaissances ou de liens avec Hakadosh Baruch Hou, qu'arrive aussi une possibilité de chute, de défaite.
Et si vous faites le résumé de toutes les fautes que vous avez commises dans votre vie, elles sont toujours arrivées au moment où vous étiez précisément dans un degré d'élévation. C'est très bizarre. Comme si, en réalité, le fait de s'élever réveillait des forces contradictoires qui viennent faire tomber la personne qui vient de s'élever.
D'ailleurs, les sages nous disent que si quelqu'un fauta, c'est parce qu'il a eu une élévation. Et surtout, si c'est un *Talmid Hakham, c'est parce qu'il a eu une élévation qu'il est tombé. Nous sommes donc ici dans cette contradiction entre l'élévation d'une part et la chute, dans cette fameuse faute du Veau d'or, d'autre part.
Le peuple d'Israël a entendu la voix, c'est-à-dire l'intériorité même de sa parole. Avant que les sons soient audibles, il y a ce qu'on appelle les kolot. Les kolot, ce sont des sons intérieurs qui ne sont pas des sons humains tels que nous les connaissons. La chose la plus proche de ces kolot que nous connaissons, nous, en tant qu'humains, c'est le shofar.
Il y a une fois par an la mitsva d'entendre la sonnerie, le kol. Ce n'est pas une sonnerie, c'est un kol. C'est en réalité le langage d'Hakadosh Baruch Hou. Lorsque Moshé parle avec une voix humaine, Hakadosh Baruch Hou lui répond par un kol, et le kol qui est le plus proche de nous aujourd'hui, dans notre connaissance, c'est le shofar.
Il s'agit donc de décoder ce kol du shofar pour comprendre le sens profond de cette voix, j'allais dire, V-O-I-E, ou même V-O-I-X. Nous avons vu des flammes, nous avons entendu cette voix qui parlait entre les flammes. Le texte est clair.
On arrivait à un niveau exceptionnel où on ne voyait pas seulement ce qui était visible, mais on voyait ce qui était audible. Autrement dit, notre élévation était tellement grande que les sens, nous avons cinq sens, se sont mélangés, parce que dans un monde d'unité, il n'y a plus de séparation entre l'ouïe, la parole, le toucher, la vision. Tout est un.
C'est-à-dire qu'à un certain niveau, je peux voir avec mes doigts, je peux goûter avec mes yeux, je peux manger avec mes oreilles. Tout se met dans une seule et même unité. C'est en cela, justement, qu'il y a une différence énorme entre le monde de cette unité et le monde dans lequel nous sommes, le monde de la pluralité.
Alors pourquoi, justement, y a-t-il eu cette crise, cette déchéance, cette chute sous la forme de cette faute du Veau d'or, une faute qui est relative au degré de Avodah zarah, de culte étranger à la volonté d'Hakadosh Baruch Hou ? Comment est-ce possible ?
Mais d'abord, il faut comprendre que toutes les crises que nous traversons dans notre vie font partie intégrante de notre vie. Parce qu'Hakadosh Baruch Hou a créé un monde, parce qu'il est sorti de son unité infinie, absolue, il faut comprendre que le monde dans lequel nous sommes est par nature déjà un danger. C'est un monde qui est dans le pluriel, dans la multiplicité, donc il y a beaucoup de problèmes, beaucoup de visions des choses. D'un côté, cela peut nous enrichir; de l'autre, cela peut nous faire tomber. On s'éloigne de l'unité divine du départ.
Donc, même les fautes que nous traversons dans notre vie, il ne faut pas les voir seulement comme des fautes, des chutes, des déchéances, et dire qu'on est foutu. Pas du tout. Il faut comprendre que cela fait partie aussi de notre construction. Pour arriver à entendre, dans le sens profond du terme, quelque chose, il faut se casser un peu la figure dessus.
Même la Torah, pour la comprendre, pour l'entendre, il faut se casser la figure et se briser littéralement, se détruire presque, pour accéder à un niveau supérieur. Je rappelle toujours que le lieu du don de la Torah s'appelle Har Horev, la montagne de la destruction. C'est bizarre: Hakadosh Baruch Hou nous donne la Torah et nous sommes sur une montagne détruite. Pourquoi ? Parce que, pour recevoir et accéder à un niveau supérieur dans notre vie, il y a toujours une crise qui précède.
Donc, à chaque fois que vous êtes en bas, à chaque fois que vous êtes fatigué dans votre vie, à chaque fois que vous êtes dans un moment de difficulté, dans une crise, c'est toujours une crise passagère, puisque maintenant vous …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
Dans la même série
Toutes les vidéos de la chaîne, de la plus récente à la plus ancienne.
- 108
Les chutes qui construisent l'homme selon le Rav BenharrouchePourquoi la faute du Veau d'or et les crises de la vie font partie d'une élévation vers l'unité. - 109
La notion d'émouna selon le Rav Kook et Rav HarlapPourquoi connaître sa nature propre, et en quoi la terre d'Israël en est le lieu juste. - 110
Du haut vers le bas : l'initiative vient de DieuPourquoi l'homme ne doit pas inventer le lien avec l'infini et où naît la faute. - 111
Le bien et le mal selon la Torah, ou selon soiPourquoi l'homme ne peut pas définir seul le bien et le mal, et ce que la faute du veau d'or enseigne. - 112
Le veau d'or, ou le danger de l'élévationPourquoi la chute suit souvent la hauteur : la faute du veau d'or comme leçon pour la vie. - 113
Hanouka depuis Adam Harishon : la lumière cachée d'IsraëlPourquoi la fête de Hanouka tire sa source d'une nature créée pour contenir l'infini, et de la fiole scellée des Maccabim. - 114
Cours du la paracha de la semaine Vayetse - 115
Toledot, Yitzhak et le test de RivkaPourquoi Yitzhak met Rivka à l'épreuve avant de l'épouser, et ce que cela enseigne sur la continuité de Sarah. - 116
Paracha de la semaine Vayera - 117
c'est l’infini qui vient vers le fini et pas l'inverse
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav