Émouna : faire descendre le divin dans la vie
Le Rav Harlap explique que l'émouna est un acte, comme Mordekhaï qui nourrit Esther, et non une simple croyance.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Émouna, simcha et préparation à la lumière divine, 49 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous. Aujourd'hui, nous allons parler du dévoilement de la émouna. Nous allons développer un petit peu ce thème, qui est le thème basique de tout le judaïsme, sans lequel on ne peut pas dévoiler le reste des degrés. Je ne vous ai pas photocopié le texte, tout simplement parce que je n'ai pas eu le temps.
On va essayer de développer. Je vais lire et traduire en même temps. Ce que je vais lire est tiré du livre Mei Marom, du Rav Harlap, celui qui enseignait dans la yeshiva du Rav Kook zatsal, la yeshiva Merkaz HaRav. C'est lui qui était le Rav principal de la yeshiva pendant que le Rav Kook était le Rosh Yeshiva.
La émouna, à part la compréhension simple, vient nous parler de hamchaha, c'est-à-dire tirer quelque chose, faire descendre quelque chose. Le hamchikh, ce n'est pas seulement continuer, c'est faire descendre quelque chose qui était dans une racine, dans un degré de... et de le développer.
Autrement dit, le Rav nous traduit directement ici la émouna non pas comme nous avons l'habitude de l'entendre, comme la émouna, ou comme croire en quelque chose. Non, c'est faire descendre la chose en laquelle je crois, la vivre, la tirer de son potentiel absolu jusqu'à ma vie.
Autrement dit, je fais venir le degré dans lequel j'ai émouna et je le fais descendre dans ma vie de tous les jours. Et le Rav nous donne un exemple. Vous, c'est marqué dans Meguilat Esther. Qui ? De qui on parle ? Non. Mordechai.
Qu'est-ce que ça veut dire, que Mordechai élevait Hadassah ? Qui est Hadassah ? Esther. Esther s'appelait Hadassah. Et donc Mordechai la nourrissait, la faisait grandir, parce qu'elle n'avait ni père ni mère. C'est Mordechai qui était responsable de son éducation et en même temps de son développement. Et le texte utilise un terme de la même racine que le mot omen, qui vient nous enseigner presque: nourrir au lait, au sein.
C'est-à-dire que Mordechai nourrissait Esther à tel point que les sages nous disent qu'il y a eu un miracle, et Mordechai est devenu comme une maman qui donne à boire du lait à sa fille, alors que c'est un homme. Pourquoi les sages vont-ils jusque-là ? Pour nous dire qu'en réalité le terme de émouna vient nous enseigner une valeur très forte: la capacité d'abreuver, de donner, de faire descendre une vie, du lait, pour faire grandir, pour remplir le bébé de ce lait.
On peut dire que Mordechai a nourri Esther de son lait à lui. Qu'est-ce que ça veut dire, dans le sens profond ? Qu'Esther a grandi avec les valeurs intérieures de qui ? De Mordechai. Ça veut dire que toute l'évolution d'Esther, c'est Mordechai qui la lui a donnée. Elle est façonnée à l'image de Mordechai. Elle va grandir au lait de Mordechai. Vous voyez ici que le mot émouna est très fort. Ça veut dire que le mot émouna ici, c'est faire descendre quelque chose, un flux d'un degré qui donne au degré qui reçoit, à l'ustensile.
Ici, Mordechai en haut, Esther en bas. Et lui, il fait l'acte de omen. Vous voyez que c'est un verbe. Il fait un acte de donner, de remplir, de nourrir, d'élever Hadassah, Esther. Où est-ce que le Rav veut nous amener ? Le Rav va continuer. Vous avez compris, ici, que le Rav devient de plus en plus clair.
Grâce à la émouna, on continue, on tire, on fait descendre le degré dans lequel on a émouna. Je vais traduire en français pour que ce soit plus simple. Avec la émouna, on fait descendre, on fait vivre, on amène à la vie notre émouna dans la chose dans laquelle on a émouna. Si tu dis que tu as émouna, par exemple, en Dieu, qu'est-ce que ça veut dire ? Que tu es obligé, pour réaliser cette émouna, de faire descendre Dieu dans ta vie. Sinon, ça ne s'appelle pas émouna.
Vous avez compris. Ce n'est pas croire qu'il y a en haut une poupée infinie, je ne sais pas quoi, chacun l'imagine comme il veut. Ce n'est pas ça. Ce n'est pas "je crois en Dieu, je crois en l'existence d'une force quelconque". Ce n'est pas ça, le mot émouna. Donc nous avons une nouvelle traduction du mot émouna, qui veut dire: je fais descendre, à travers mes actes et ma vie, le divin dans ma vie. Ça, c'est le degré émouna.
Donc quand je dis Ani Ma'amin, comment allez-vous le traduire ? Qu'est-ce que ça veut dire, Ani Ma'amin ? Je réalise, je dévoile. Ok ? Je réalise, je fais sortir, j'extériorise ce potentiel à travers ma vie et tout ce que je veux faire.
Le Rav nous dit: de la même manière qu'un élément qui se trouve dans les mondes supérieurs, dans une idéologie supérieure, intérieure, cachée, lorsque cette idéologie intérieure descend dans notre monde extérieur, eh bien, lorsque cette valeur se trouve dans les mondes d'en haut, elle a la forme des mondes d'en haut. Mais lorsque cette valeur descend dans les mondes d'en bas, dans notre monde, elle s'habille des vêtements du monde dans lequel elle se trouve.
Je traduis avec des mots simples. Quand vous parlez de main, dans notre monde, la main, c'est ce que vous voyez ici. C'est ma main. Mais dans le monde supérieur, il y a aussi une notion de main. Mais là-bas, ce n'est plus la même main que celle qui se trouve ici. Ça va devenir peut-être des lettres: Yud, Dalet, Yad. C'est-à-dire que la même main, ici, que vous voyez, en haut, ce sont des lettres du mot main. Et plus haut que les lettres du mot main, il y a la notion intérieure de ce que cette valeur veut dire.
Donc, à chaque fois que vous montez d'un monde, vous perdez la réalisation de la main telle que vous la voyez ici, mais c'est toujours le même degré. Il se dévoile autrement. On est d'accord ? Ça veut dire que si je veux écrire, par exemple, une phrase, cette phrase, avant d'être écrite sur ma feuille, était déjà dans ma pensée. Vous êtes d'accord que, dans la pensée, la phrase n'était pas écrite comme sur la feuille. Mais on peut dire qu'elle était déjà dans ma pensée. Elle existe déjà à un autre niveau, elle a la forme de cet autre niveau.
Jusqu'au moment où elle sort, elle prend la forme de l'écriture sur la feuille. Donc elle traverse tous les mondes avant de se réaliser sur la feuille pour que vous la voyiez. Est-ce que c'est clair ? Alors, la même chose au niveau de la émouna. Puisque c'est la règle de ce monde que toute chose, avant d'arriver à son dévoilement, est dans un monde qui précède le dévoilement,
qui est en fait en constant danger. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'on voit ici des résultats. On est dans un monde de résultats. Tout à l'heure, je vous ai dit la phrase sur ma feuille. Mais est-ce qu'on arrive à imaginer quelque chose avant le résultat ? Est-ce qu'on ne peut pas imaginer quelque chose au-delà du résultat ? …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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