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La émouna et la Gueoula : dévoiler le divin dans le monde

Le rav montre que la émouna est une fidélité à sa nature, et que la Gueoula consiste à révéler le divin caché ici-bas.

54 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La terre d'Israël, vivante et dotée de choix, 55 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Be'ezrat Hachem, aujourd'hui c'est le véritable premier cours de l'année, après les fêtes. J'étais absent la semaine dernière, pour un séminaire en France.

Be'ezrat Hachem, ce que je vous propose cette année, c'est d'étudier ensemble les notions d'émouna qui s'imbriquent avec les notions de Gueoula, et nous allons très vite comprendre.

La notion d'émouna est une notion que nous devons développer afin de certifier notre vie. Le mot émouna vient du terme Amen, qui veut dire concrétiser, certifier, montrer ce qui se trouve dans un monde caché, dans un monde dévoilé. Et cela correspond en réalité aussi à la Gueoula.

Parce que la Gueoula, c'est aussi dévoiler un degré caché dans le monde du dévoilement, ici-bas. En d'autres termes, la Gueoula, la rédemption d'Israël, c'est dévoiler les valeurs divines qui sont cachées dans ce monde, parce que ce monde joue le jeu de cacher le divin. C'est pour ça qu'il s'appelle Olam. Et dans ce monde de cachette, nous, le peuple d'Israël, sommes censés dévoiler ce qui est caché.

Donc les valeurs divines doivent apparaître dans le monde de la matière, et c'est en cela que la Gueoula prend sa véritable forme. Vous voyez que cela correspond tout à fait à l'émouna, puisque l'émouna, c'est aussi réaliser quelque chose, justifier quelque chose qui est déjà là.

Amen ne veut pas dire « je crois », mais « je certifie ». Je certifie moi-même, mais je dois certifier aussi HaKadosh Baroukh Hou, et ça, c'est plus difficile. Et je dois certifier aussi l'avènement messianique, ce qui n'est pas une chose facile. Toutes ces formes de certification sont nécessaires pour dévoiler HaKadosh Baroukh Hou dans ce monde.

Revenons à la première notion que je viens d'énoncer: l'homme, par nature, certifie sa propre vie avant tout. Je le dis en hébreu: Adam ma'amin bé'hayav. Un homme ne croit pas en sa vie, il certifie sa vie. Le fait même que je sois vivant certifie mon être. Je n'ai pas besoin qu'on me prouve que je vis. Je vis. Et plus je vis ma véritable vie, plus je certifie cette vie.

Prenons l'exemple d'un oiseau. Un oiseau certifie sa vie. En hébreu, tsipor ma'amina: un oiseau a l'émouna. Pourquoi ? Parce qu'il vit selon sa véritable nature d'oiseau. Il ne ment pas, il ne triche pas, il ne se déguise pas en quelque chose d'autre. Il joue son rôle parfaitement.

Dès lors, on peut dire que l'oiseau est un tsadik. Dans sa qualité d'oiseau, il est exactement fidèle, et là j'emploie un nouveau mot: fidèle, en hébreu ne'eman. Ne'eman a la même racine que ma'amin ou émouna. Vous voyez donc que certifier, c'est être fidèle à. Si l'oiseau est fidèle à sa propre nature d'oiseau, il est ma'amin be'atzmo, il a la certitude de sa vie par lui-même.

À partir de cela, on peut élargir l'émouna à toutes les formes de vie. Chaque élément certifie le degré pour lequel il a été créé. Chez l'homme, il y a une difficulté. L'homme est le seul être dans toute la création dont les vertus profondes, dont l'instinct profond, n'est pas actif. Cela veut dire que l'homme n'a pas un instinct actif comme un chat, comme un chien, comme un oiseau.

— Pardon ? Non. Ce n'est pas seulement une dissimulation. C'est aussi que si l'homme ne fait pas l'effort d'activer ce qu'il a, même si ce n'est pas dissimulé, le don qu'il a ne sortira jamais à la lumière. D'accord ? Cela veut dire que…

Je reprends l'exemple de l'oiseau. L'oiseau, immédiatement, dès sa naissance, commence à jouer son rôle d'oiseau. Son instinct est activé au moment de sa naissance. En quelques heures, il commence à siffler à son niveau. Mais c'est un degré qui ne changera plus: l'oiseau naît oiseau et meurt oiseau. Il est au maximum de ses capacités en quelques heures, et il va rester tout au long de sa vie avec ses capacités intactes. Ni ça monte, ni ça descend. Il ne ment pas, il ne triche pas. Il est ce qu'il est, point à la ligne. Il est dans la justesse extrême de son être. Être juste dans son être, cela s'appelle être tsadik. À son niveau, c'est un tsadik qui fait exactement, justement, ce qu'il doit réaliser dans sa vie.

Contrairement à l'instinct de tous les animaux et de toute la création, qui est un instinct actif, comme je viens de le dire, seul l'être humain a un instinct qui n'est pas actif, et que l'homme doit activer. Autrement dit, si l'homme n'active pas les instincts qu'il a reçus en cadeau dès sa naissance, ceux-ci restent enfouis, fermés dans une enveloppe, fermés dans une boîte. L'homme va alors manquer de certification, donc manquer d'émouna, manquer de réalisation, manquer de fidélité à ce qu'il est dans son essence. Il n'est donc pas Ne'eman.

Il n'est pas fidèle à sa source. Pour activer ses instincts, l'homme doit savoir qui il est. Il n'y a pas de cours pour les abeilles. Il n'y a pas de chiour pour abeilles, avec la reine abeille qui donne un cours à toutes les abeilles: « À partir d'aujourd'hui, vous devez voler comme ça, faire comme ça, faire votre ruche, préparer le miel. » Il n'y a pas d'école pour abeilles. Les abeilles, instinctivement, sont abeilles au moment où elles naissent.

L'homme, s'il n'enseigne pas, s'il n'apprend pas, s'il n'étudie pas son essence, peut passer à côté de sa vie complètement. L'essence de l'homme, ce n'est pas seulement d'où il vient, c'est toutes les capacités et les qualités que HaKadosh Baroukh Hou, le Créateur, a introduites, a implantées en lui. Cet instinct nous est donné par HaKadosh Baroukh Hou. C'est toujours par rapport à la nature, c'est toujours un instinct divin. Quand je dis instinct divin, je veux dire un instinct de vie.

Car le divin, c'est un mot en français. En hébreu, comment appelle-t-on HaKadosh Baroukh Hou ? Havaya, c'est-à-dire l'existence, l'être, le verbe « être ». Le Nom, Havaya, Ehyé, l'être. Autrement dit, plus je suis, plus je réalise Havaya, HaKadosh Baroukh Hou. Réaliser HaKadosh Baroukh Hou, c'est être au maximum dans la vie qui est à l'intérieur de moi, que je dois faire sortir et vivre à l'extérieur de moi. Si je manque de vitalité, je manque de vie, je manque de divin.

Et c'est comme si, Hass véchalom, j'avais tout fait pour ne pas laisser sortir la force divine qui est à l'intérieur de moi, parce que je ne me suis pas étudié afin de faire sortir toutes les qualités qui sont à l'intérieur de moi et de les vivre. Comme le dit Chlomo HaMelekh, « ce que tu viens de dire est très juste ». « L'homme a été créé droit, mais ils ont commencé à faire des calculs ». Quand tu commences à faire des calculs, tu risques de t'éloigner de ta propre nature.

Cela veut dire que HaKadosh Baroukh Hou nous a créés droits, nous a créés comme nous devons être, fidèles à ce que nous devons être. Seulement, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, c'est une boîte fermée avec un papier cadeau et un nœud. Tu peux garder cette …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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