La période du Omer est-elle une période de deuil ?
Le Omer, temps de joie et de transformation, et pourquoi Rabbi Akiva l'a vu endeuillé.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le Zohar et la trace de la prophétie, 49 min
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Shalom tout le monde. Nous continuons d'habitude notre étude sur la prière, mais comme nous sommes pendant la période du Omer, je voudrais avoir avec vous quelques considérations sur cette période. Comme vous le savez, la période entre Pessa'h et Chavouot est une période qui se compte. On compte le Omer.
À tel point que la date de la fête de Chavouot n'est pas fixée en fonction du jour dans le mois. Il n'y a pas dans la Torah de date dans le mois de Sivan où doit tomber la fête de Chavouot. Comme dit la Torah, c'est compté comme cinquante jours après le deuxième jour de Pessa'h. C'est-à-dire qu'on ne compte pas un jour fixe: c'est comme si la fête de Chavouot n'avait pas vraiment de date. Elle est le cinquantième jour après le deuxième jour de Pessa'h, et donc elle peut tomber, étant donné que la longueur du mois est variable, le cinq Sivan, le six Sivan ou le sept Sivan. La fête de Chavouot n'a donc pas de temps en vérité.
Cela s'explique entre autres par le fait que la Torah est elle-même au-delà du temps. On peut compter sept fois sept, mais le cinquantième jour n'est pas compté parce qu'il est en dehors du compte. La Torah est quelque chose d'extra-temporel, et donc, même s'il y a un temps dans lequel elle est apparue, cela ne fait pas partie de l'essence même de la Torah. La Torah est en dehors du temps. Bon, tout cela est assez clair. Ce que j'aimerais comprendre, c'est en quoi consiste cette période: cette période entre le moment où l'on amène une offrande d'orge dans le Temple et le jour où l'on présente du pain levé sur l'autel à Yerouchalaïm.
Ces cinquante jours-là font passer de l'orge au blé, c'est-à-dire de l'alimentation animale, les animaux qui mangent de l'orge, à l'alimentation humaine, les hommes qui mangent du blé. Il se passe donc quelque chose: il y a une transformation de l'être qui sort de la servitude vers la liberté, et qui passe finalement de la liberté à la grande liberté. Il y a la liberté de l'esclavage, ce qu'on appelle en hébreu Khofesh, et il y a la liberté intérieure, qu'on appelle en hébreu Kherout, qui est la vérité et la liberté véritable, et qui n'est acquise que par la Torah. On est vraiment libre que lorsqu'on étudie la Torah.
Il y a donc ici une transformation positive. Nos ancêtres ont passé cinquante degrés de transformation dans leur être, qui leur ont permis de recevoir la Torah. Quand on passe une transformation de ce genre, quand on passe de Pessa'h à Chavouot, c'est une transformation positive, souhaitable. Donc on est dans la joie. La période du Omer est une période de joie.
Comme dit le Rambam dans son commentaire de la Torah, Hakadosh Baroukh Hou a voulu instaurer une sorte de long Chol HaMoed entre les deux fêtes. C'est donc une période heureuse, une période joyeuse. Nous sommes donc tout contents. Au niveau individuel, cela ressemble à une période de convalescence. Quand quelqu'un était malade et qu'il se lève de son lit, il n'est pas encore totalement rétabli, mais de jour en jour, ça va mieux. Et de jour en jour, il y a encore plus de joie d'être arrivé à la pleine santé.
Il y a un petit problème. Toute personne qui a connu une convalescence sait que c'est aussi une période dangereuse, une période risquée. Il y a le risque de la rechute. C'est la raison pour laquelle la période du Omer est également une période qui, en plus de la joie, amène ses dangers. Il y a eu plusieurs fois dans l'histoire des catastrophes à cette période-là, justement parce que ce sont des périodes qui peuvent potentiellement amener une grande bénédiction pour le peuple juif, mais qui, justement parce que c'est une combinaison, posent des problèmes.
Par exemple, le mois de Yar, qui est au milieu de cette période. Certains spécialistes des Remaasimes ont dit que Yar correspond aux initiales de Ani Adonaï Rophécha, « Je suis l'Éternel qui te guérit ». C'est donc une période de guérison, le mois de Yar. C'est la raison pour laquelle, plusieurs fois dans l'histoire, il a été possible de ramener l'indépendance du peuple d'Israël à cette époque. Par exemple, du temps de Rabbi Akiva, il y a eu un dirigeant politique du nom de Ben Koziva ou Bar Kokhba.
Cette période qui était une période de joie est devenue une période de tristesse. Il y a eu de grands pogroms au Moyen Âge, à cette époque-là, en l'année 1096, entre autres, les fameux Sprouts Tatnou, et encore d'autres choses de ce genre. Et donc, contrairement à la nature originelle de cette période, qui est une période de joie, elle est devenue une période de tristesse. On va y arriver tout de suite, à ça. D'accord ?
On va y arriver, à vos histoires. Nous allons démonter tout ça. Pour l'instant, je suis à l'introduction. Il y a quand même une potentialité de libération à cette époque. C'est la raison pour laquelle, grâce à Dieu, de nos jours, nous avons restitué une partie de l'essence joyeuse de cette période, avec deux événements extrêmement importants: la fondation de l'État d'Israël, le vingtième jour du Omer, et la libération de Yerouchalaïm, le quarante-troisième jour du Omer.
Le Gaon de Vilna disait déjà à ses élèves qu'il y a deux jours dans la sphère du Omer qui sont propices à la libération d'Israël: le vingtième jour et le quarante-deuxième jour, ce qui correspond à Yom HaAtzmaout et à Yom Yerouchalaïm. Vous allez me dire qu'il y a quand même une différence entre quarante-deux et quarante-trois. Si nous avons le temps, nous expliquerons également cette divergence. Jusque-là, vous avez suivi.
Il y a également le jour de l'Aqba Omer, qui est un jour où il s'est passé quelque chose de très grand. Probablement le jour d'une grande victoire contre les Romains, du temps de Bar Kokhba. Vous savez que lors de la révolte de Bar Kokhba, l'empereur Adrien, Yimakh Chmo ve-Zikhro, a envoyé ses légions un peu partout. Il a amené des légions de Pannonie et des îles Britanniques pour lutter contre Bar Kokhba. La Pannonie, c'est la Hongrie actuelle.
Une de ces légions est entrée tout entière dans le territoire occupé par Bar Kokhba. Pas un seul n'est revenu. Ils se sont tous fait massacrer. Le jour où la nouvelle est arrivée à Rome, l'empereur était au Sénat. Au lieu de dire, comme il avait l'habitude de dire, « moi et mes armées allons bien », il ne l'a pas dit cette année-là. Ce jour-là, c'est effectivement une grande catastrophe. Il n'est pas impossible, si l'on fait le calcul avec les dates, que ce soit à l'Aqba Omer que cela s'est passé. D'accord ?
Cela explique donc qu'il y a des événements de ce genre qui rompent le deuil de l'Omer. On peut dire que si le deuil est fondamentalement arrivé parce que nous avons échoué dans la tentative de restituer l'indépendance du peuple d'Israël, aujourd'hui nous avons réussi là où Rabbi Akiva a échoué. Ce serait …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki
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