Le peuple d'Israël, la terre d'Israël et le double degré du tsadik
Le Rav Azoulay fait de la terre qui n'en rejette pas l'habitant la preuve d'une tsidkout collective.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le lien entre le peuple d'Israël et la Terre d'Israël, 49 min
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Tov, shalom lekoulam. Nous continuons, nous sommes dans la partie gauche du texte, en haut. Le sujet, c'est la capacité à comprendre le lien qui relie le peuple d'Israël à sa terre, et les degrés qui se révèlent lorsque le peuple revient sur sa terre. Nous avons vu que ce n'est pas un mariage superficiel entre l'homme d'Israël et un lieu quelconque sur la planète. C'est beaucoup plus fort que ça: lorsque l'homme d'Israël se retrouve dans ce lieu, il se retrouve en réalité dans le lieu que *HaKadosh Baroukh
Hou* a créé spécialement pour cet homme, pour ce genre de neshama, pour ce genre d'élévation. Autrement dit, il y a une correspondance entre le lieu et la qualité de l'âme du peuple d'Israël. Et c'est pour cette raison que ce lieu va agir. Donc, du bas vers le haut, la terre va donner des influences à celui qui marche sur cette terre. Et lorsqu'il y a correspondance, il y a en fait absorption. La terre d'Israël absorbe donc ses habitants, car il n'y a pas de rejet. S'il y
avait un rejet, Chas véchalom, cela voudrait dire que la terre ne supporte pas, entre guillemets, la personne ou la manière de vivre de cette personne.
À tel point que la conclusion du Rav, le Rabbi David Avraham Azoulay, dans Chesed LeAvraham, c'est que la terre d'Israël vomit ses habitants, Chas véchalom, lorsque l'habitant n'est pas à son niveau, et qu'elle absorbe ses habitants. Tant que la terre n'a pas rejeté quelqu'un, entre guillemets, il a la qualification de tsadik. Il y a donc quelque chose de très fort ici, qui voudrait dire que la notion de tsadik se voit par rapport à l'acceptation de la terre de la personne. Donc, tout celui qui habite en Erets Israël s'appelle tsadik. Et la preuve que ramène Rabbi David Avraham Azoulay, Toda Raba, c'est que la terre ne le vomit pas, qu'elle ne le rejette pas.
Donc, ce que vous croyez peut-être jusqu'à maintenant comme une malédiction, lorsqu'on dit Erets Ochelet Yocheveha, « une terre qui mange ses habitants », c'est en réalité une bénédiction. Elle absorbe ses habitants et, au contraire, elle a une digestion de ses habitants, car ses habitants représentent une nourriture qui correspond à la racine, à la qualité de la terre. Il y a donc un mariage entre la terre et l'homme. L'homme mange le produit de la terre, et la terre absorbe l'homme. Il y a un roulement, à tel point que l'homme et la terre, en réalité le peuple et la terre, ne font qu'un.
Et là, il y a ce lien qui dépasse l'entendement, dont parle le Rav Kook dans Orot. Il désigne ce lien comme quelque chose qui dépasse l'entendement humain, qui n'est pas compréhensible pour l'homme, et qui dépasse en fait le côté rationnel du lien. Il parle là-bas de la nécessité d'étudier les secrets de la Torah.
La question qui se pose est la suivante: si je vis sur la terre d'Israël et que je suis considéré par Rabbi David Avraham Azoulay comme un tsadik, mais que dans mes actes je n'applique pas la Torah et les mitsvot, quelle est alors ma définition de tsadik ? Nous sommes donc obligés de conclure qu'il y a deux degrés de tsadikim. Il y a des tsadikim qui sont au niveau de leur nation, même si, au niveau individuel, ce sont des rechaïm. Et il y a d'autres formes de tsadikim qui, au niveau individuel, sont des tsadikim, car ils font la Torah et les mitsvot, mais qui, au niveau national, au niveau de leur nation, sont hasvei Chalom, des rechaïm.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu'il y a deux formes de liaison. La liaison n'est pas seulement avec la Torah; elle est aussi, peut-être même avant, avec la nation d'Israël, car sans la nation d'Israël, il n'y a pas de Torah. Juste pour vous rappeler que la Torah n'a pas été donnée à des juifs, elle a été donnée au peuple. Et donc, c'est parce que tu fais partie de ce peuple que les mitsvot et la Torah tout entière te parlent, s'adressent à toi. Si tu ne fais pas partie de ce peuple, la Torah et les mitsvot ne s'adressent, en tout cas, pas directement à toi, puisqu'un Goy est libre de ne pas faire les mitsvot de la Torah. Cela veut dire que c'est notre lien à la nation qui nous donne le lien avec les mitsvot de la Torah.
Il y a donc deux degrés de tsadik. Il y a un tsadik au niveau klali, collectif, parce qu'il vit avec sa nation, il vit au rythme de sa nation, mais il doit arranger son côté individuel. Et il doit le faire en tsadik. Quelqu'un qui est tsadik en dehors de la terre devrait compléter sa tsidkout, non seulement dans la Torah et les mitsvot, où il est déjà tsadik, mais aussi en venant rejoindre la notion de Am Israël, pour vivre au rythme de sa nation et pas seulement au niveau individuel. C'est ce que le prophète dit: la venue en Erets Israël, c'est en fait le début de toute la correction, de ce qu'on appelle aujourd'hui, dans le langage bien connu, le Tikoun. Le retour en Erets Israël est le début du Tikoun. Ce sont des références qui sont prises directement chez nos prophètes, Yé'hezkel 36.
D'une manière générale, en Égypte, on voit que la sortie d'Égypte précède tout le reste. C'est pour cela que les paroles que Moshe Rabbeinu va recevoir de Dieu dans la paracha de Chemot, puisque nous y sommes, décrivent quatre degrés de sortie, de rédemption. Le premier d'entre eux, c'est Véhotseti: « Je ferai sortir », « Je vous ferai sortir ». Véhotseti Etkhem: si tu ne sors pas, on ne peut même pas commencer à parler, entre guillemets. Après Véhotseti, vient Véhitsalti: « Je vous sauverai ». Bien que la
logique pourrait nous dire qu'il faut d'abord nous sauver, Dieu dit: non, je vous sortirai, je vous sauverai, je vous délivrerai. Regardez, le terme de Gueoula arrive en troisième position. Et Véleka'hti, « je vous prendrai comme peuple », est le quatrième degré. Cela veut dire épousailles. Kikh Ish Isha, c'est le mariage. Donc, HaKadosh Baroukh Hou veut se marier avec l'assemblée d'Israël, et il y a quatre degrés qui amènent finalement à ce mariage. C'est d'abord nous faire sortir de là où nous sommes, du lieu qui ne correspond
pas à notre nature; nous sauver, nous donner une Gueoula; et enfin nous relier avec lui, comme mari et femme. Nous voyons donc ici qu'il y a une évolution dans le processus du retour du peuple sur sa terre.
Alors, on va continuer dans le texte, avec votre permission. Ceux qui n'ont pas de texte, il y en a ici encore. Nous sommes à la partie gauche: Véhinê kikhen mandé até. Véhaïté talmoudo beyado. Celui qui vient et qui a son Talmud dans sa main. Autrement dit, nous sommes en train de parler des gens qui ont déjà étudié la Torah en dehors de la terre d'Israël, …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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