Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Étudier en Israël malgré la guerre : le choix des jeunes filles

Le Rav Élie Kling et trois étudiantes expliquent pourquoi ils ont maintenu la rentrée à Jérusalem en octobre 2023.

14 min

Rav Élie Kling

Ensuite : 60 ans du Rav Kling - montage d'anniversaire en famille, 8 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Si je repousse, j'ouvrirais plus. Parce que je repousse, de combien de temps faut-il repousser pour que les parents soient moins inquiets ? J'ai téléphoné au Hamas, il m'a rien dit, donc je suis pas vraiment au courant. Et si je repousse dans un mois et demi, est-ce que je vais pas risquer de les perdre toutes ? Elles vont commencer à faire des études, à travailler, je sais pas moi. Donc je me suis dit, il faut ouvrir. Il fait déjà trois mois que je fais rien. Qu'est-ce que je vais faire, quoi ? Et j'ai regardé ma mère, je lui ai dit: maman, faut que je parte.

C'est une ambiance un peu particulière, parce qu'on sent tous qu'il se passe quelque chose en Israël et que c'est pas très loin, mais je trouve ça beau parce qu'on continue à vivre. Franchement, à Jérusalem, les gens vivent normalement, même dans les autres villes. Donc franchement, pourquoi pas nous ? On va pas s'angoisser toute la journée, on vit notre vie, on continue le programme comme c'était, on fait les cours. Si ça continue, bah ça continue, c'est pas grave. Et on aidera comme on peut.

On va donner ce matin la parole aux jeunes filles qui ont décidé de passer quelques mois en Israël, un an à priori, dans une mérina tauranique pour apprendre

Alors, ça, c'était leur programme avant la guerre. Apparemment, pour elles, ça n'a pas changé. On est ravis de les accueillir sur le plateau avec, bien sûr, le directeur de Khemdat Adarom, le Rav Élie Kling. Bonjour.

— Bonjour, Katie. Bonjour, Élie.

Alors, elles sont trois sur le plateau, Sharon, Shirel et Tali. Bonjour à toutes les trois.

— Bonjour.

Alors, je suis obligée de vous poser la question: est-ce que le fait que le pays soit en guerre depuis le 7 octobre, qui devait arriver après, a remis en cause vos choix ?

— Moi, j'ai un peu hésité, mais après mes parents m'ont poussée à y aller. Ils m'ont dit: si tu y vas pas maintenant, après tu vas toujours reculer le moment. Du coup, je me suis dit que c'était pas grave, et qu'il fallait affronter la guerre, quoi. Et qu'il faut pas arrêter de vivre à cause de ça.

Mes parents m'ont poussée à y aller, Rav Kling. C'est bizarre.

— Oui, c'est pas courant. Les parents de Tali sont des parents un petit peu hors normes. Voilà. Ce sont des sionistes invités... Oui, exactement. Il y en avait quelques-uns.

On avait donc un groupe d'une trentaine de jeunes filles qui étaient censées venir le 17 octobre. La rentrée était prévue le 17 octobre. Évidemment, j'ai eu des hésitations pour savoir s'il fallait l'ouvrir à l'heure prévue, à la date prévue, ou bien s'il fallait repousser l'histoire.

Parce qu'en plus, l'endroit où est située la Michna Torah... Nous, on est en plein dedans. C'est le Sud. C'est Netivot carrément. Netivot même n'a pas été touchée, le campus non plus. Mais quand même, c'est l'endroit qui est très proche. Il y a des alertes toute la journée, il y a des alertes tout le temps. Donc il était évident que si on ouvre, ça ne sera pas là-bas.

Donc il y avait deux questions. Un: est-ce qu'on ouvre en temps voulu ? Et deux: si oui, où ? On a essayé. Et si on ouvre quelque part, est-ce que les élèves vont suivre ? Les élèves, c'est les parents. J'ai passé une semaine, dix jours, puisque l'attaque était le 7 et la rentrée le 17. Une dizaine de journées à essayer de trouver un endroit, d'abord à Yerouchalayim, et ensuite à convaincre les filles et puis les parents. Et des fois, les parents, ce n'est pas une entité égale: quelquefois, c'est le père qui veut et la mère qui ne veut pas, ou le contraire. J'ai donc passé des heures au téléphone.

Mais le principe qu'il y avait derrière était double. D'abord, le principe que si je repousse, c'est un truc plus tactique, on va dire: si je repousse, je n'ouvrirai plus. Parce que si je repousse, de combien de temps faut-il repousser pour que les parents soient moins inquiets ? Un mois, un mois et demi, quelque chose comme ça, le temps que les choses... Mais surtout, on ne sait pas combien de temps ça va durer. On ne sait pas combien. J'ai téléphoné au Hamas, il ne m'a rien dit, donc je ne suis pas vraiment au courant. Et si je repousse dans un mois et demi, est-ce que je ne vais pas risquer de les perdre toutes ? Elles vont commencer à faire des études, à travailler, je ne sais pas moi. Donc je me suis dit: il faut ouvrir.

Et puis il y a une deuxième raison, plus idéologique. Comme l'a dit Ali, très, très justement: c'est justement ça qu'ils veulent. Ils veulent nous déstabiliser, perturber notre quotidien au maximum. Et moi, je n'ai pas été éduqué comme ça. Donc je pense que, d'abord, quand on a 18 ans, il faut venir en Israël quand il se passe quelque chose. Je me souviens, je ne suis plus très jeune, Et je me souviens qu'à l'époque de la guerre de Kippour...

On m'a raconté qu'à l'époque de la guerre des Six Jours également, les gens envahissaient les aéroports pour venir ici, et le consulat d'Israël, etc. C'est normal. Moi-même, j'avais 14 ans, mais je bouillais, je voulais absolument venir, etc.

Il y a quelque chose qui fait que lorsqu'il se passe quelque chose en Israël, c'est tout le peuple juif qui est concerné. Les gosses de 18 ans, les nôtres, ils sont au front. Celles qui ont 18 ans et qui, par hasard, sont nées à l'extérieur, par un concours de circonstances et par les hasards de l'histoire, c'est un accident de l'histoire qu'elles soient nées là où elles sont nées. Ça, c'est ce que le Rav Kling dit. Mais Sharon, Shirel, Sharon, peut-être d'abord: j'imagine que pour toi, ce n'était peut-être pas aussi évident que ça.

— Ça fait très longtemps que j'ai envie de venir en Israël. C'était mon rêve. Donc ce n'est pas une attaque terroriste qui allait m'en empêcher, surtout que j'ai envie de vivre en Israël. Je sais qu'il faut que je m'attende à beaucoup de guerres, que malheureusement on est toujours ciblés par beaucoup de roquettes, tout ça. D'un côté, mes parents me disaient: si tu as envie de vivre en Israël, tu es obligée de vivre une guerre, entre autres. Et ce sont eux aussi qui m'ont poussée, qui m'ont donné confiance, et qui ont donné confiance au Rav Kling.

Et je pense que... Mais tu vas pas annuler ? Tu vas pas décider d'annuler à un moment ?

— Si, je devais partir le 11, et j'ai annulé, mais je suis partie le 17 finalement.

— Pourquoi tu as annulé ?

— Parce qu'on ne savait pas encore, en fait. On avait un peu peur, on ne savait pas vraiment. Et pendant la semaine où j'ai annulé, j'étais là, et je me disais: mais qu'est-ce …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

Dans la même série

Le parcours du Rav Kling, sa famille, son alya et vingt-cinq ans d'action à Hemdat Hadarom.

  1. 3
    Rav Élie Kling : pourquoi il a décidé de monter en Israël
    Le souvenir de Souccot 1973, le journal lumineux de Lyon et l'idée d'être acteur de son histoire plutôt que spectateur.
    25 min
  2. 4
    Entretien avec Élie Kling sur Israël aujourd'hui
    Un parcours personnel, Kfar Maimon, Khemdat Adarom et la sécurité du Néguev.
    58 min
  3. 5
    Hemdat Hadarom : vingt-cinq ans auprès des jeunes filles
    Le séminaire Hemdat Hadarom, ses 646 anciennes, son programme d'un an et les raisons de la baisse de l'aliyah française.
    40 min
  4. 6
    Hemdat HaDarom, 25 ans d'une école pour jeunes filles
    Témoignages d'anciennes élèves sur le programme d'un an en Israël, mêlant ulpan, étude de la Torah et intégration.
    7 min
  5. 7
    Étudier en Israël malgré la guerre : le choix des jeunes filles
    Le Rav Élie Kling et trois étudiantes expliquent pourquoi ils ont maintenu la rentrée à Jérusalem en octobre 2023.
    En cours de lecture
  6. 8
    60 ans du Rav Kling - montage d'anniversaire en famille
    8 min
  7. 9
    Questions improbables au Rav Élie Kling
    Le Rav Kling répond avec humour à des questions sur Israël, Chemdat Adarom et son père.
    6 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav