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Tou Bichvat : l'infini habillé dans la nature selon le Rav Kook

Pourquoi l'âme humaine peut descendre jusqu'à la matière sans se perdre, et y trouver la sainteté divine.

55 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Tou Bichvat, la correction de la faute d'Adam, 56 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Aujourd'hui, Béézrat Hachem, nous allons parler d'une notion très importante qui nous rapproche de la fête de Tou Bichvat. Il y aura donc, Béézrat Hachem, deux cours concernant Tou Bichvat. Le premier va introduire des notions très importantes, car Tou Bichvat vient nous rappeler que la sainteté divine peut s'habiller, et qu'elle s'habille dans la nature.

C'est-à-dire que le monde naturel, avec tout ce qu'il comporte, contient en lui toutes les valeurs de l'infini, mais qui se dévoilent à différents niveaux. Les fruits que vous allez voir sur vos tables à Tou Bichvat sont en réalité des expressions du Kodesh. C'est le Kodesh qui s'est habillé dans la nature. Si nous savons déceler le Kodesh qui est dans la nature, on peut voir la kedoucha qui se cache dans les fruits. C'est aussi la réparation de la faute du premier homme, qui a consommé un fruit sans faire attention au degré de Kodesh qui se cachait à l'intérieur.

Pour arriver à comprendre cette notion de Tou Bichvat, nous allons commencer par un texte du Rav Kook dans Orot HaTechiya. Vous allez comprendre comment le Rav développe le sujet de la possibilité de descendre le plus bas possible dans le monde de la matière, pour découvrir dans ce monde les étincelles divines les plus élevées qui soient. Regardez ce que le Rav Kook dit à la page 85.

De la même manière que la neshama de l'homme est plus élevée et plus profonde que celle des anges, c'est-à-dire que nous sommes plus élevés, plus profonds que les anges. Et justement parce qu'elle est aussi grande, cette neshama humaine est capable de descendre dans les degrés les plus bas sans se perdre.

Autrement dit, pourquoi les anges ne vivent-ils pas sur terre ? Parce qu'ils se perdraient. Leur neshama, leur structure intérieure, ne leur permet pas de descendre, donc de se manifester dans le monde sans perdre leur qualité première. L'homme, lui, vit sur terre alors que sa neshama vient de très haut: c'est qu'il a une structure différente, qui lui permet de descendre même dans les degrés les plus bas de la matière sans perdre ses valeurs profondes. Le Rav nous dit donc: puisque ce sont les hommes et non les anges qui sont ici, cela veut dire que la structure intérieure de l'homme, sa neshama, est beaucoup plus élevée que celle des malakhim. Conclusion: plus tu es grand, plus tu peux descendre bas.

C'est-à-dire que plus tu peux aller profondément dans la matière et trouver, au fin fond de la matière la plus grossière, les éléments du divin. Plus tu es petit, plus tu as peur de la matière. À chaque fois qu'on te dit de t'occuper un peu du monde matériel, si tu es petit, qu'est-ce que tu dis ? « Je risque de tomber. »

Je risque de tomber en faisant ça, je risque de tomber en me mariant, je risque de tomber en ayant des enfants, je risque de tomber en faisant l'armée, je risque de tomber en venant en Israël, je risque de tomber en faisant plein de choses qui relèvent de la matière. Il ne faut pas que j'aille travailler, il faut que je reste toute la journée à la yeshiva, je risque de tomber, je risque de tomber. Cela prouve combien tu es petit. Car si tu étais grand, tu comprendrais qu'en réalité ta grandeur te permet de rentrer dans les degrés les plus simples de ce monde sans te perdre.

C'est-à-dire que tu verrais Dieu même quand tu achètes une paire de chaussures. Mais aujourd'hui, acheter une paire de chaussures, c'est pour toi quelque chose de matériel, « bidon », donc il faut vite le faire pour revenir à ton étude. Parce que tu ne sais pas étudier en achetant une paire de chaussures. C'est ça notre problème. Mais si tu savais voir, dans chaque chose, un cours pour la vie, un message pour la vie, tu verrais que même en faisant la chose la plus simple, tu pourrais écrire une petite Torah. « Aujourd'hui, j'ai acheté une paire de chaussures, voilà ce que ça veut dire. Un, deux, trois, quatre, cinq. »

— Ken, j'avais une question.

— Ah bon ?

Le Saint, béni soit-Il, a dit de ne rien faire dans la vie à part étudier ? Donc ni se marier, ni manger, ni boire ? Il faut qu'il arrête d'aller manger à midi. Il a dit ça ? Moi, je ne connais pas ce dieu-là. On n'a pas le même, hein. Ce n'est pas le Dieu d'Israël, ça. Le Saint, béni soit-Il, ne nous a jamais dit d'échapper aux valeurs de la vie. Simple, Tadar Abba. Au contraire. Il nous a dit, justement, d'utiliser ces degrés de la vie, sans oublier la source divine de la chose.

Il y a une Michna, dans Pirkei Avot, qui dit: Ha'olekh baderekh, quelqu'un qui marche, il est en train de dire des Michnayot. C'est-à-dire qu'il marche en citant des Michnayot, qu'il étudie la Torah. Et d'un coup, il voit un arbre, il s'arrête, il regarde l'arbre et il dit: « Comme il est beau, cet arbre ! »

D'après le sens simple, il était en train d'étudier, il s'est arrêté pour faire une chose « bidon », c'est-à-dire regarder un bel arbre, et c'est pour cela qu'il est puni. C'est ça que vous comprenez, d'accord ? Et en réalité… Quel est le mot-clé ? Pourquoi s'est-il arrêté d'étudier quand il a vu l'arbre ? Il aurait dû continuer son étude en regardant l'arbre. C'est-à-dire que l'arbre aurait dû rentrer dans son étude. Vous comprenez, « l'œil nien » ?

C'est-à-dire: si tu sors de la yeshiva maintenant, et que je te demande ce que tu as fait dans ta journée, tu réponds: « L'étude, c'était ce matin, de 8 à 9 heures. À 9 heures, j'avais rendez-vous à Malha, parce que j'avais besoin d'une paire de baskets. » Ça, c'est mit'hayev be'nafsho. C'est-à-dire ? C'est condamnable. Pourquoi est-ce condamnable ? Parce que tu t'es arrêté, alors que tu n'as pas compris que c'était une suite logique, et que là-bas aussi tu aurais dû continuer ton étude sous une autre forme.

C'est ainsi que l'homme d'Israël doit comprendre que la vie tout entière, toute entière, est remplie de valeurs divines. La même force divine qui a créé la neshama a créé le corps. Et si nous sommes donc dans ce monde-là, dans cette terre-là, c'est que le Saint, béni soit-Il, nous veut où ? Ici, dans la matière. Il nous pousse à aller au fin fond de la matière en tant qu'hommes. Il ne nous a pas créés anges, parce que les anges, eux, ne sont pas capables de le faire. Ils sont faibles par rapport à l'homme, ils sont plus petits que lui. À tel point que si les anges faisaient ce travail, eux, exactement eux, perdraient leur qualité d'anges. Ce seraient des anges déchus. Vous avez déjà entendu cette expression.

Alors que l'homme, lui, est capable de descendre dans ce monde sans perdre son identité la plus profonde, à condition, bien entendu, qu'il comprenne le message. Donc, c'est le travail. …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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