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Du don de la Torah à la Kabbale, un passage par la prophétie

Le cours retrace la prophétie, la mystique du second Temple puis la Kabbale espagnole, et leur lien avec la période du Omer.

49 min

Rav Oury Cherki

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde, excusez mon retard. J'étais occupé par des problèmes que je ne pouvais pas repousser. La Guemara, c'est aujourd'hui. La Guemara, c'est un des points culminants de la période dite de l'Omer. En quoi consiste cette période ? La Torah nous dit qu'à partir du moment où l'on amène l'offrande d'orge dans le Beit Hamikdash, il faut compter cinquante jours. Une fois qu'on a compté cinquante jours, on arrive au cinquantième jour et on fait la fête. On ne fait pas de travail, comme à Chabbat, c'est Yom Tov. Ces cinquante jours s'achèvent par une fête qu'on appelle la fête des Prémices, Yom HaBikkurim, et qui traditionnellement est liée au don de la Torah.

Dans la Torah, il n'est pas écrit que la fête de Chavouot vient en souvenir du don de la Torah, c'est une tradition orale. Ce que l'on fait le jour de Chavouot, la mitsva mentionnée dans la Torah, c'est que l'on dépose sur l'autel, sans le sacrifier, deux pains. Deux pains de hametz. Contrairement à Pessa'h, où le hametz est évacué, le jour de Chavouot, on présente des pains de hametz sur l'autel.

Alors qu'un sacrifice n'a pas le droit d'être fait de hametz, c'est pour ça qu'on ne le sacrifie pas, mais on le pose sur l'autel. Et après, ces pains de hametz sont mangés par les kohanim. Il y a donc un passage du hametz, de la matsa au hametz. Il y a également le passage de l'orge au blé. L'orge, qui est l'offrande de l'Omer, et le blé avec lequel on fait les deux pains de hametz. C'est-à-dire que l'on passe d'un aliment pour les animaux, l'orge, qui est la nourriture des animaux, au blé, qui est la nourriture des hommes. On passe donc de l'état de bête à l'état d'homme. Ce qui suppose qu'en sortant d'Égypte, nous étions comme des bêtes. En recevant la Torah, nous devenons comme des hommes.

Très bien. Est-ce qu'il y a un morceau de papier ? Bon, ça va, je vais me débrouiller, ce n'est pas grave. Je vais continuer à souffrir en silence. Ah, comme vous êtes trop bons. Vous avez droit à ma reconnaissance. Oui ?

— L'homme, c'est le prophète. La preuve, c'est que lorsque l'homme a été créé, Dieu lui parle. Donc l'homme, par définition, c'est le prophète. L'homme qui n'est pas prophète, c'est-à-dire tout le monde ici, y compris moi, c'est un homme dégradé. Ce n'est pas l'homme originel.

— Que ?

— Oui, nous sommes une nation prophétique. À l'égoïme. Il y a eu une décadence. C'est-à-dire que, par rapport à l'humanité originelle qui était à l'écoute de la parole de l'Éternel, il y a eu une décadence. Voilà. Donc nous sommes passés de l'orge au blé et de la matsa au hametz.

C'est-à-dire que le hametz n'est pas en soi quelque chose de mauvais, quelque chose qui gonfle. C'est très bien. Ça se lève, c'est très bien. Simplement, si on n'est pas préparé, ça peut être une forme d'orgueil. Donc, au début du travail de la sortie d'Égypte, on mange du pain non levé. Mais c'est pour finalement arriver au hametz. C'est le hametz qui est le but et pas la matsa.

À quoi ressemble donc cette période ? Cette période ressemble à une période de convalescence. C'est quelqu'un qui sort de son lit de malade et qui tend à recouvrer la santé, mais qui n'est pas encore arrivé à la pleine santé. Une période de convalescence est fondamentalement une période de joie. Et ce que dit le Rambam, Rabbi Moshe ben Maimon, dans son commentaire sur la Torah, c'est que le Saint, béni soit-Il, a institué une sorte de long Chol HaMoed entre Pessa'h et Chavouot, parce que c'est la période de la joie. On sort de la servitude pour arriver à la liberté la plus absolue, qui est celle de la Torah.

Mais une période de convalescence est également une période de fragilité. Donc, alors que c'est une période pleine de potentiel dans laquelle Am Yisrael peut réussir, c'est également le moment où il peut échouer. Pour des raisons historiques, cette période de joie est devenue une période de deuil, ce qu'elle n'était pas à l'origine. C'est le moment où l'on risque d'être attaqué, par exemple par Amalek.

Une semaine avant le don de la Torah, Amalek nous attaque à Réphidim. La Torah nous dit quand Amalek peut attaquer: en chemin. Quand nous sommes en Égypte, nous sommes asservis aux pharaons, donc nous sommes inattaquables. Le pharaon ne laissera pas Amalek s'introduire en Égypte. Quand nous sommes dans notre pays, avec notre indépendance, notre royauté, notre Temple, Amalek ne peut rien, nous sommes en pleine puissance. Le moment que choisit Amalek, c'est le moment du passage de l'Égypte à Jérusalem, c'est le moment de la faiblesse.

D'où le fait regrettable que les 24 000 élèves de Rabbi Akiva sont morts au combat pendant cette période. Quel combat ? C'était une tentative de rétablir l'indépendance d'Israël du temps de Bar Kokhba. Ça aurait pu réussir, ça n'a pas réussi. Ça a été une catastrophe, et depuis, il y a des usages de deuil pendant cette période.

Après la perte de ses élèves, Rabbi Akiva a reformé un groupe d'élèves autour de lui. Un des élèves de Rabbi Akiva était Rabbi Shimon bar Yochaï. Rabbi Shimon bar Yochaï, que nous fêtons aujourd'hui, que représente-t-il ? Eh bien, il représente cette patience dans laquelle rentre le peuple d'Israël pendant tout le temps de l'exil.

Quand nous voyons que nous ne sommes pas capables de vivre pleinement notre vie nationale, alors on va transformer le monde idéal en rêve. Et les rêves, pendant le temps de l'exil, sont les secrets de la Torah, ce qui plus tard donne le Zohar et la kabbale. Vous avez bien compris ? C'est-à-dire que, quand je pense à un monde idéal et que la réalité est violemment contraire à ce à quoi je pense, alors le monde idéal devient un secret. Et ce secret est rêvé par les sages d'Israël pendant tout le temps de la Galout.

C'est pour ça que s'il y a une fibre de nationalisme qui est restée intacte dans le peuple juif, elle a été entretenue par les kabbalistes. Par exemple, est-ce qu'il y a un commandement positif dans la Torah de fonder l'État d'Israël ? Oui ou non ? Oui ? Qui sait ? Qui vous a dit ça ? Le ? Qui ? Je n'ai pas entendu. Ramban, bien sûr. Rambam. C'est le Rambam qui est l'auteur de cet enseignement, qu'il y a un commandement positif de prendre possession politique du pays d'Israël, donc de fonder un État.

Ça veut dire que, lors de la fondation de l'État d'Israël, Ben Gourion aurait dû faire la bracha. Bon, il ne l'a pas fait, mais ce n'est pas grave. Les mitsvot n'ont pas besoin de bracha pour être accomplies. Par contre, le Rambam n'a pas mentionné ce devoir, d'où toute une littérature autour de ça. Pourquoi est-ce que le Rambam ne l'a pas mentionné ? En tout cas, le Ramban, lui, l'a mentionné. Quelle est la différence entre le Rambam et le Ramban, à part que c'est …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Oury Cherki

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